Du réductionnisme et du végétarisme

Voilà, selon moi, un exemple d’une pensée réductionniste, qui rattache un phénomène complexe à un petit nombre d’explications, et qui essentiellement se fonde sur la pensée scientifique, ainsi que celles de l’altruiste et de la compassion, et sur des biais comme l’anthropomorphisme, pour la justification du végétarisme. Essentiellement et actuellement, le végétarisme serait défini comme un acte d’altruisme et de compassion envers certains êtres vivants qui seraient sensibles et aurait des sentiments et émotions.

Je commencerais par souligner que pour la même fonction de l’orientation spatiale, les hommes par rapport aux femmes utilisent différents processus et substrats neurologiques. Même fonction, différents moyens d’accomplir la même fonction. Ainsi, même si tous les mammifères seraient tous capables de vivre les sentiments et émotions, comme les humains, avec la même sensibilité, ne restent qu’il se mange en eux quand même. L’acte du végétarisme, ne peut se fonder, sur l’empathie, car nul ne peut se mettre à la place d’un membre d’une autre espèce animale, alors même que les humains n’arrivent pas à systématiquement à être empathique entre eux.

Comme je l’ai démontré précédemment, et de manière détaillée (http://on.fb.me/19QcNWW), c’est un manque de respect à la Vie et la Nature, un manque de respect de l’ordre des choses. Encore, le problème n’est pas de manger de la viande, c’est de manger trop de viande, c’est également la marchandisation et l’industrialisation, la (sur)consommation, la (sur)population, la (sur)production industrielle, du gaspillage et des déchets, etc. Aussi, même l’industrie de l’agriculture commerciale et industrielle constitue actuellement une menace pour la Vie, la Nature et la biodiversité. Cesser de manger de la viande n’est pas suffisant pour s’affranchir de la tâche qui nous incombe, celle de vivre en harmonie avec notre environnement.

Ainsi, pour moi, je place une haute valeur morale et éthique à la Vie et la Nature, et donc à TOUTE la biodiversité, et toute Vie mérite d’exister et a droit au respect. La sensibilité commande donc que toute chose qui désire exister, telle qu’elle est, doit être respecté dans son intégrité. Ainsi, pour moi, manger une plante a le même poids moral, éthique, émotionnel, que de manger un mammifère, ou des insectes. Et si une bestiole désire de faire de moi son repas, je ne me demanderai pas s’il le prédateur est sensible, s’il a des émotions, ou si je peux raisonner avec lui, comme lui faire la morale. Lorsqu’un prédateur prend une heure ou deux pour tuer sa proie qui se défend, je ne suis pas sûr d’y constater du dialogue moral ou éthique entre êtres sensibles. Justifier le végétarisme par le fait que l’on se mette à la place d’un autre être vivant d’une autre espèce relève de la science-fiction. Nous verrons plus tard que c’est plus la manière de manger, que qu’est-ce qu’on mange qui est le problème.

Conséquemment, le végétarisme est un choix philosophique, et on mange de la végétation, non pas par compassion, altruisme, ou sensibilité, mais par choix éthique. Il relève donc de la culture humaine, et de décisions plus ou moins arbitraires ou concerté, et se considère qu’en fonction de la condition humaine. Faire usage de notions épistémologiques, ou usage de caractéristiques, de la condition humaine, et de les projeter à d’autres formes d’existences, me semble une pratique largement hasardeuse et spécieuse; c’est rendre objet, c’est dénaturer, c’est pervertir. « Humaniser » la Vie et la Nature est une autre forme de domination, ce n’est pas la respecter, ce n’est pas lui rendre service; c’est de l’anthropomorphisme ou de l’anthropocentrisme, c’est une forme de réductionnisme qui relève du biais.

Lorsque le lion décide de manger un humain, se pose-t-il la question, ma proie est-elle sensible, altruiste, souffre-t-elle? Avoir de la compassion ou de l’altruisme pour son futur repas n’a pas de sens dans la Nature. On fait un choix alimentaire, point. D’autre part, si l’on accepte le fait que par exemple, tous les mammifères sont sensibles, alors pourquoi ne deviennent-ils tous pas végétariens.

Faire usage de notions typiquement humaines de compassion ou de l’altruisme pour justifier le végétarisme, c’est comme se placer derrière un télescope alors qu’un microscope est nécessaire. C’est comme faire usage d’oeillères pour regarder sur 180 degrés. C’est une distorsion de la pensée humaine qui se représente des états mentaux, qui certes peut être semblable, mais ne signifie pas nécessairement la même chose. Voir un Tibre dépressif parce qu’il a perdu sa mère ne signifie pas qu’il ressent les choses comme les humains, et si c’était le cas, alors ne se poserait-il pas des questions sur la moralité et l’éthique. Si la nature a permis aux humains de se nourrir de viande, alors il en est ainsi. C’est l’incurie humaine et le fait de manger trop de viande qui sont le vrai problème et le mode de vie qui dégrade la biodiversité.

D’ailleurs, je dirais que la compassion totale, comme celle devant un lion qui a décidé de faire de vous son repas, n’est pas vraiment pratique. C’est bien là une preuve que la compassion (et l’altruisme) ne s’exerce pas dans un état de nature, et que c’est surtout un attribut, une caractéristique, humaine. Au même titre, que dire de la compassion totale devant le tueur en série, le pédophile! Êtes-vous capable de vous mettre à la place d’un violeur récidiviste? Or, vivre toute la compassion de l’univers ne m’empêcherait pas de limiter sévèrement, à tout le moins, ses déplacements. Il est certain que lorsque l’on descend de temps en temps de son « Village des Pruniers », du haut de la montagne, pour venir enseigner aux mondains qui cherche le bonheur, c’est bien facile. La compassion, pis l’altruisme, c’est merveilleux, surtout lorsque l’on vit sous une pluie de bombe chimique et que l’on explose sur des mines. Je vais même allez aider le gars qui s’est cassé une jambe alors qu’il me mitraillait; vous voyez, j’ai de la compassion, de l’altruisme, je suis ZEN en plus! (permettes-moi cette digression sarcastique)

En tout et pour tout, on ne voit pas M. Ricard se filmer au Moyen-Orient, en Syrie, au Liban, ou dans la zone occupée, prêcher l’altruisme et les bienfaits de la compassion. Je suis sûr que c’est comme recevoir un témoin de Jéhovah qui se présente le dimanche matin pour s’amender devant son dieu et prêcher ses convictions et croyances.

L’altruisme, et la compassion n’ont de sens que dans le contexte humain et peuvent s’exercer difficilement dans un état de nature.

Ainsi, pour moi, toute vie mérite respect, et manger une plante, un mammifère, un fongus, une algue, un fish ou oiseau, c’est le même acte, qui a la même valeur éthique et morale, il doit s’inscrire dans le respect de la Vie et la Nature, et le respect de l’ordre des choses.

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L’imagination n’est pas une source de duperie et d’illusion, mais une capacité à « sentir » ce que vous ne savez pas, à intuitionner ce que vous ne pouvez pas comprendre, à être davantage de ce que vous pouvez connaître — William Irwin Thompson

voilà quelques décennies, les animaux étaient largement considérés comme des machines stimulus-réponse, dépourvues de vie intérieure. Heureusement, les temps ont changé. La cognition animale est maintenant à la mode, et suivie de près de l’étude de la neurobiologie comparative.

Au mois de juillet, un consortium de neuroscientifiques bien connus a publié « La Déclaration de Cambridge sur la conscience non humains chez les animaux » (The Cambridge Declaration on Consciousness in Non-Human Animals), à titre de reconnaissance publique formelle que vous êtes susceptible de trouver au nom de la science, oui, qu’il semble que les animaux possèdent en effet une conscience, ou du moins ils possèdent les substrats neurobiologiques nécessaires pour « générer » la conscience. Même si cela semble relever du bon sens commun, la déclaration est importante, car elle ouvre la voie à des études plus approfondies, et, on l’espère, un plus grand respect pour les impressionnantes capacités mentales et cognitives du monde non-humain.

Mais à d’autres égards, quand il s’agit de notre relation aux animaux, nous continuons à être freinées par un tabou intellectuel encore plus profond, et c’est le tabou d’imaginer que nous pouvons nous rapporter aux animaux en premier lieu. Nous ne pouvons tout simplement ne jamais « savoir » (qui relève de la connaissance) ce que c’est que d’être un autre animal (expérience). Faire l’expérience de l’existence d’un autre être vivant est tout simple inaccessible à l’être humain, et à ce titre, l’expérience intérieure est largement subjective et irréductible.

Cependant, on peut admettre que les humains partages des « éléments » avec tous les êtres vivants, puisque d’une part, nous sommes tous descendus d’un ancêtre commun, il y a donc toujours une mesure de l’expérience partagée conservée dans le corps et l’esprit au cours des générations, et d’autre part, l’être unicellulaire au mammifère en passant par toutes les formes de vie, notre capacité à se rapporter à l’expérience d’un autre animal d’une autre espèce se déplace en proportion de l’espèce en question. Donc l’essence que nous partageons avec une bactérie est beaucoup plus étroite que celle que nous pouvons partager avec une baleine, qui à son tour est peut-être plus étroite que celle que nous partageons avec le chimpanzé. En un sens, nous ne pouvons jamais connaître toute l’expérience d’une autre personne — d’autant plus si elles sont élevées des cultures différentes —, mais il y a des points de profond chevauchement qui surtout peut être étendu. L’imagination nous permet-elle de pressentir l’existence d’un autre être vivant d’une autre espèce?

Le sentiment pour un organisme, voilà comment la célèbre généticienne Barbara McClintock a décrit ses propres intuitions sur la vie. L’empathie comme une capacité ne doit se limiter au niveau du genre humain.

Notons donc que selon Gregory Berns (http://bit.ly/1d1uQzo), professeur en neuro-économie à l’Emory University (située à Atlanta), et auteur d’un livre sur le « décodage » du cerveau canin, les chiens seraient de vraies personnes, qui pensent et qui éprouvent des sentiments. Ses conclusions: les chiens pensent… en tout cas, comme peut le faire un enfant. Et cela permettra peut-être de revoir la manière dont nous traitons les chiens, mais aussi beaucoup d’autres animaux. L’existence des usines à chiots, des courses de chiens ou les chiens de laboratoires pourraient être sérieusement remis en question sur des bases empiriques.

Ainsi, le cerveau des chiens, à bien des égards, ressemble et fonctionne comme le cerveau des humains. Nous partageons bon nombre des mêmes structures de base (appelée « homologie »), y compris une région du cerveau qui est associée à des émotions positives. Dans l’ensemble, les chiens et les humains montrent des similitudes frappantes dans l’activité d’une région du cerveau importante appelée le noyau caudé. Les chiens, au regard des analyses au scanner, montrent des signes suggérant qu’ils peuvent éprouver des émotions positives telles que l’amour et l’attachement… et pourraient avoir un niveau de conscience semblable à un enfant. Ainsi, en réponse aux signaux de la main indiquant la nourriture, les odeurs ainsi que des humains familiers, l’activité du caudate nucleus des chiens ont augmenté.

Pour lui, la capacité à ressentir des émotions, comme de l’amour ou de l’attachement, signifierait que les chiens ont un niveau de sensibilité comparable à celui d’un enfant humain. Et cette capacité nous oblige à repenser la façon dont nous traitons les chiens. Et dans les tests préliminaires, cette région du cerveau s’active au retour du « propriétaire » qui était momentanément sorti de vue. Les neuroscientifiques appellent cela une homologie fonctionnelle, et cela pourrait être une indication de la présence d’émotions canines.

La déclaration conclut que « les animaux non-humains ont les substrats neuroanatomiques, neurochimiques et neurophysiologiques pour l’état de conscience avec la capacité de manifester des comportements intentionnels. Par conséquent, le poids de la preuve indique que les êtres humains ne sont pas uniques à posséder les substrats neurologiques qui produisent la conscience . Les animaux non-humains, y compris tous les mammifères et les oiseaux, et de nombreuses autres créatures, y compris les pieuvres, possèdent également ces substrats neurologiques.

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SOURCES

RÉFÉRENCES

Berns GS, Brooks AM, Spivak M (2012) Functional MRI in Awake Unrestrained Dogs. PLoS ONE 7(5): e38027. doi:10.1371/journal.pone.0038027

Bekoff, Marc (2012). “Animals are conscious and should be treated as such”, 26 September 2012, New Scientist, issue 2883, http://bit.ly/1iW6CdI.

Bekoff, M. (n.d.). After 2,500 Studies, It’s Time to Declare Animal Sentience Proven (Op-Ed). LiveScience.com. Retrieved January 9, 2014, from http://www.livescience.com/39481-time-to-declare-animal-sentience.html

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De la civilisation et du végétarisme

L’Année internationale de l’agriculture familiale 2014 (AIAF)

Le végétarisme, voir même le véganisme, n’est possible que par le niveau actuel de développement de la civilisation, et donc de l’économie. Ainsi, la disponibilité des fruits et légumes sont largement tributaire des systèmes de transports à l’échelle planétaire s’inscrivant dans une économie de marché assez bien structuré. Or, sans ces moyens de transport, d’ailleurs largement polluant, il y aurait donc une moins grande variété et disponibilité des fruits et légumes, ce qui aurait pour effet de commander un approvisionnement dit “locale” ou “régionale”, et donc, le développement de l’agriculture.

Notons que l’autonomie alimentaire préconisé par le PQ me semble s’inscrire dans cette réalité de développement de l’agriculture par la mise en marchés de produits de fruits et légumes typiquement québécois.

Ainsi considérons que sans ce niveau de développement actuel de la civilisation, et dans un état de nature, il n’est pas toujours possible pour l’être humain d’avoir le choix de son “panier d’alimentation” ; tous sur la planète ne bénéficie par d’un supermarché ayant un vaste choix d’aliments. Beaucoup doivent donc s’astreindre à ce qui est disponible dans l’environnement immédiat, ce qui n’offre souvent que peut de variété et de possibilité. On se rappellera des difficultés des chasseur-ceuilleurs.

Ainsi, la question essentiellement, est celle de savoir par quel condition une civilisation peut-elle devenir principalement végétarienne. On doit donc déterminer les modalités nécessaires pour parvenir à un tel état de fait. On doit se demander s’il est possible pour un groupe humain, quelque soit l’endroit qu’il occupe sur la planète, de se nourrir exclusivement de fruits et légumes, et d’obtenir une alimentation saine et varié.

Or, l’avènement de l’agriculture, et donc de stocks alimentaires, s’avère un point déterminant ou l’on quitte l’état de nature, sans toutefois garantir une diversité de l’alimentation (agriculture de subsistance). Ce n’est que par les échanges commerciaux entre régions, civilisations, empires, et l’agriculture de production, qu’il y a diversité alimentaire ; par exemple, on ne peut faire pousser des bananes au Québec. La transition d’une économie vivrière (c’est-à-dire fondée sur la chasse, la pêche et la cueillette), à une économie agricole et d’élevage, où l’Homme intervient dans les cycles naturels de la biomasse (par exemple la reproduction et la sélection des espèces), est communément appelé la révolution néolithique. Aujourd’hui, l’organisation des marchés, la démographie, les techniques, le savoir-faire et l’application de hautes technologies sont à la disposition de l’agriculteur pour obtenir des niveaux de production jamais atteints dans l’histoire de l’Homme. Un des défis majeurs de l’agriculture moderne est aujourd’hui de concilier performance, protection de l’environnement et pérennité. On comprendra qu’il y a eu plusieurs révolutions successives de l’agriculture.

La question est celle de savoir comment pourra-t-on établir une civilisation planétaire ayant une agriculture qui pourrais nourrir 6 milliards d’individus et offrir une alimentation diversifié [et disponible à tous] ?

L’agriculture familiale englobe toutes les activités agricoles reposant sur la famille, en connexion avec de nombreux aspects du développement rural. L’agriculture familiale permet d’organiser la production agricole, forestière, halieutique, pastorale ou aquacole qui, sous la gestion d’une famille, repose essentiellement sur de la main-d’œuvre familiale, aussi bien les hommes que les femmes.

Dans les pays développés comme dans les pays en développement, l’agriculture familiale est la principale forme d’agriculture dans le secteur de la production alimentaire.

Au niveau national, plusieurs facteurs clés peuvent contribuer avec succès à son développement, entre autres: les conditions agro-écologiques et les caractéristiques territoriales; les politiques environnementales; l’accès au marché; l’accès à la terre et aux ressources naturelles; l’accès à la technologie, aux services de vulgarisation agricole et au crédit; les conditions démographiques, économiques et socio-culturelles; la disponibilité d’un enseignement spécialisé.

L’agriculture familiale joue un rôle important au niveau socio-économique, environnemental et culturel.

L’agriculture familiale et la petite agriculture sont liées de façon indissociable à la sécurité alimentaire mondiale.

L’agriculture familiale préserve les produits alimentaires traditionnels, tout en contribuant à une alimentation saine et équilibrée, à la conservation de la biodiversité agricole mondiale et à l’utilisation durable des ressources naturelles.

L’agriculture familiale peut être un moyen de stimuler les économies locales, surtout si elle est combinée avec des politiques spécifiques axées sur la protection sociale et le bien-être des communautés.

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