[DRAFT] De la plutocracie ; de la démocratie en péril et du capitalisme

LE ROLE DE L’ÉTAT : AVENIR DE LA PROTECTION SOCIALE EN CONTEXTE DE MONDIALISATION

Does the needs of the many outways the need of the few, or the one?

Condensation de la richesse et Guerre de l’emploi

Ainsi donc, peut-on laisser une entité groupale « clique de riches » dicter les politiques publiques et sociales du Québec alors que ceux-ci sont contre l’intervention de l’état me semble contradictoire et capricieux? Cette clique serait-il le témoignage de la concentration de la richesse (ou condensation de richesse), processus par lequel, dans certaines conditions, la richesse nouvellement créé a tendance à se concentrer entre les mains de personnes ou des entités déjà-riches. Ceux qui détiennent la richesse ont les moyens d’investir dans de nouvelle source de richesse ou autrement utiliser l’accumulation de la riche se comme levier, étant ainsi bénéficiaire de la nouvelle richesse.

Outre les super-riches, principalement deux groupes font la manchette : les opérateurs financiers (officier corporatifs) et les dirigeants d’entreprise[*]. En plus de leurs salaires directs, ils obtiennent toutes sortes d’avantages indirects : des primes, des actions, des options d’achat d’actions, des retraites en or. Il agit d’un phénomène de société qui touche non seulement des financiers et des dirigeants d’entreprise, mais aussi près d’un million et demi de cadres supérieurs, de professionnels, d’athlètes et d’artistes. Notons toutefois que la tranche de 1 % des Québécois les plus riches est trois fois et demie moins riche que son pendant américain. 80% des familles québécoises sont encore plus pauvres que 80% des familles américaines[*].

Or, la condensation des richesse est plus grande dans les pays anglo-saxon comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, que dans les pays européens comme la France, au Japon et même au Québec. Ainsi, 20 % des Canadiens détiennent 75 % des actifs du pays; les familles du quintile supérieur détenaient 75 % de la richesse totale des ménages en 2005, contre 73 % en 1999 et 69 % en 1984.[*]! Depuis deux décennies, seules les familles de la tranche supérieure de 10 % ont augmenté leur part de la richesse totale.

Notons également que sous le principe de la condensation de la richesse, les riches québecois risque fort de se faire absorber par les plus riches qu’eux. Et dans le contexte de la mondialisation, certe cela signifie que l’on puisse accéder à de nouveaux marchés, mais le Québec deviens-lui même accessible. S’il y a condensation de la richesse au Québec, il en sera de même sur l’échiquier mondiale.

(CO)construction d’une société

Notons que le cout de la vie est typiquement le même pour tous. Dans une économie de marché libre, les facteurs contribuant au cout de la vie s’ajustera de sorte que les plus pauvres de la société sont forcé de dépenser tout leurs revenus sur les besoins de base (nourriture, habitation, santé), alors que les riches auront un revenu exédant sufissant pour épargner et investir (voir: meritocracy). Le processus par lequel les officiers corporatifs sont payé avec des salaires, primes et bonus élevés (voir: oligarchy), la compensation totale pouvant allez jusqu’à 30000 fois le salaire le plus bas d’un employé de l’entité. Il y a donc une décconection sustentielle entre a) la performance des officiers et les compensations, et b) les compensations des officiers par rapport à ceux des travailleurs, et que les officiers sont compensé à des niveaux disproportionné parce qu’il font déjà partie d’une élite et que cela constitue une métode d’auto-perpétuation visant à maintenir une classe d’élites (voir:neofeudalism). Si l’économie de plusieurs pays sont organiser selon l’intérêt de surper-riches, ou relève de la ploutocratie – du grec ploutos : richesse ; kratos : pouvoir; consiste en un système de gouvernement où l’argent constitue la base principale du pouvoir -, il y a de forte probabilité qu’une condensation de la richesse s’ensuivra par le choix de politiques gorvernementales au détriments de la classe moyenne et inférieure. D’un point de vue social, cette concentration du pouvoir dans les mains d’une classe sociale (clique de riches) s’accompagne de fortes inégalités et d’une faible mobilité sociale.

Devons nous donc abandonner la responsabilité de la (co)construction de la société aux riches (réseaux bancaires, multinationales, officiers corporatifs, et super-riches), comme le suggère “la Droite”, dont le seul but, généralement, est d’engrenger le plus de richesses possibles à court terme?

The Top 15 Canadian companies based on profits[*]:
2010 Rank Company Ticker 5-Year Return (%) Sector Profit in ($mil)
1 Royal Bank of Canada RY 94.8 commercial banks 3,858
2 Bank of Nova Scotia BNS 58.1 commercial banks 3,547
3 The Toronto-Dominion Bank TD 78.6 commercial banks 3,120
4 Research In Motion Ltd. RIMM 127.1 communications equipment 2,731
5 EnCana Corp. ECA 50.3 oil, gas & consumable fuels 2,124
6 Canadian National Railway Co. CNI 76.2 road & rail 1,854
7 Teck Resources Ltd. TCK 116.1 metals & mining 1,831
8 Bank of Montreal BMO 39.1 commercial banks 1,787
9 BCE Inc. BCE 26.2 diversified telecommunication 1,738
10 Great-West Lifeco Inc. N/A 30.7 insurance 1,699
11 Canadian Natural Resources Ltd. CNQ 131.7 oil, gas & consumable fuels 1,580
12 Imperial Oil Ltd. IMO 34.9 oil, gas & consumable fuels 1,579
13 Enbridge Inc. ENB 86.8 oil, gas & consumable fuels 1,562
14 Rogers Communications Inc. RCI 123.8 wireless telecommunication serv. 1,478
15 Power Financial Corp. N/A 25.8 insurance 1,439

 

17 Québécois (ou famille québécoises) d’origine ou d’adoption dans le classement des 100 plus riches Canadiens[*]:
Rang QC Rang CAN Nom Fortune (M$) Variation (09-10)
1 6 Famille Saputo 4340 23,50%
2 7 Paul Desmarais Sr 4270 -0,02%
3 13 David Azrieli 3070 4,70%
4 24 Famille Bombardier 2350 11,70%
5 27 Stephen Jarislowsky 1980 6,90%
6 29 Marcel Adams 1850 4,40%
7 39 Guy Laliberté 1560 3,40%
8 40 Jean Coutu 1530 33,50%
9 42 Robert Miller 1490 5,90%
10 53 Famille Kruger 1220 10,90%
11 59 Larry Rossy 1060 5,10%
12 66 Charles Sirois 960 5,40%
13 85 Aldo Bensadoun 730 14,70%
14 86 Alain Bouchard 720 41,30%
15 89 Famille de Gaspé-B. 680 4,20%
16 93 Serge Godin 660 33,70%
17 99 Frères Péladeau 610 -9,10%

On a montré que l’écart entre les riche et les pauvres est une tendance croissante. Ainsi, au Canada, En 1998, les 100 plus riches gagnaient 105 fois plus que le Canadien moyen; aujourd’hui, c’est 189 fois[*]. Entre-temps, les revenus des Canadiens moyens ont fait du sur-place au cours des dernières années. Le revenu moyen des 100 Canadiens les plus riches s’est élevé à 8,38 millions de dollars, comparativement à 44 366 $ pour la moyenne des Canadiens, selon une étude.

Le modèle québecois!

La droite peint-elle volontairement un portrait pessimiste du Québec[*]? Selon moi, ce paysage pessimiste du Québec dépeint par la Droite s’avère relativement juste. Cependant, volontairement populistes, la stratégie ne vise pas à miner « l’estime de soi » des Québécois mais bien à capitaliser, en se présentant comme une alternative, à l’échec, ou du moins, aux lacunes et dérives, du modèle social québécois, modèle dont ont remonte la naissance aux suites de la Révolution tranquille. Clairement, la Gauche, porteur et défenseur du modèle québécois, fragmenté, est en crise et n’a pas réussi à se moderniser et s’est empêtré dans un discours identitaire et nationaliste incompatible aux réalités complexes des sociétés d’aujourd’hui. La Droite, elle, sort de l’ombre, constatant que son ennemi git, agonisant, et profite de l’occasion pour se mettre de l’avant.

Le libertarianisme s’oppose donc au modèle social québécois s’il en est un, et l’État, digne représentant de la social-démocratie, des politiques publiques et sociales, du modèle québécois, est devenu une machine subordonnée à l’économie. De fait, l’interventionnisme — doctrine selon laquelle l’État doit intervenir dans les affaires économiques — est confondu avec la nécessité d’avoir des institutions sociales et publiques, sous l’égide du gouvernement.

Ainsi, essentiellement d’ordre économique, les solutions de la Droite portent généralement sur les coûts (déficits) entraînés par les politiques publiques et sociales et les dérives systémiques. J’estime donc que la Droite, au lieu de proposer une réforme du système actuel comme devrait le faire la Gauche, utilise comme prétexte ces lacunes et dérives pour mettre de l’avant une droite salvatrice. Rien ne fait figure de (co)construction d’une société.

Quant à l’équité intergénérationnelle, ce discours semble essentiellement destiné à plaire aux jeunes qui comprendront bien assez rapidement qu’ils auront à vivre plus pauvres baby-boomers, à travailler plus que les baby-boomers, à payer pour le fiasco du modèle social des baby-boomers, et enfin à payer la retraite des baby-boomers. Et ainsi donc se pose la Droite comme’alternative à une réforme du modèle québécois.

Le Droite mise donc sur la frustration et la colère des perdants (jeunes) ainsi et de ceux qui souffrent des lacunes et dérives du modèle social québécois pour mettre de l’avant leur options, essentiellement de nature économique, sans tenir compte de la (co)construction d’une société.

« […] la génération qui est aujourd’hui dans la vingtaine s’avère encore plus attachée que ses aînés au modèle social-démocrate qui prévaut ici » (1). Les Québécois seraient-ils plus « solidaires » que « lucides »? Cependant, face à l’illusion tranquille, force est de se demander si cette fameuse génération ne vit pas dans vision politique et sociale mystifiée et idéale, très éloignée de la réalité, une erreur de perception provoquée par une apparence trompeuse, ou une interprétation fausse ou parcellaire de la réalité. Est-il question de remettre en cause le fameux « modèle québécois »? En effet, la complexification des sociétés, des économies, des communautés humaines, des relations humaines, nous amène donc dans une ère qui demande, et exige même, un changement paradigmatique. L’évolution du « modèle québécois » s’inscrit-elle dans l’exercice de la gestion de la complexité?

La citoyenneté est autrement plus exigeante sur le plan de l’exercice des responsabilités individuelles et collectives, et alors que le cynisme envahissant accentue le sentiment d’éloignement et d’impuissance, voire d’indifférence, que ressentent de nombreux citoyens à l’égard de la chose publique, le scepticisme gagne ces citoyens, floués par des mercenaires de la politique.

Rappelons que l’expression « modèle québécois » renvoie au mode particulier de gestion économique et sociale qui s’est développé au Québec depuis 1960.

Ainsi, les conceptions théoriques dominantes qui ont eu cours à cette époque et qui nous ont permis de produire un ensemble de changement dans la société québécoise sont périmées. Ces changements n’ont pas été « une fin en soi », comme bien des gens l’on crut, mais constituait bien le début d’un cheminement qui exigeait un « État de veille », et leur vigilance critique aurait été indispensable pour s’assurer, justement, que l’oeuvre ne soit pas dénaturée par l’économie de marché et la surconsommation. Pour moi, la social-démocratie n’a pas permis d’éviter les effets pervers de l’hyperconsommation sur l’évolution du tissu social. Elle n’a pas permis de maintenir cette démarche liée à l’élaboration et à la mise en oeuvre du contrat social et il s’agit donc alors de recibler nos analyses de la nation, non pas en fonction d’illusoires contrats sociaux et moraux, mais bien de manière à saisir pourquoi ses paramètres sont contestés. Ainsi donc, le monde a changé et il nous faut nous adapter aux nouvelles réalités.

Cette absence de vigilance critique, d’esprit critique, à mené à ce que l’on appelle le statu quo et la pensée unique, réfractaire aux changements : « […] la moindre évolution dans le fonctionnement de l’État, le moindre projet audacieux, le moindre appel à la responsabilité, la moindre modification dans nos confortables habitudes de vie sont accueillis par une levée de boucliers, une fin de non-recevoir, au mieux par l’indifférence. »

La gestion économique québécoise se distingue par un mode particulier de concertation qui s’y est développé à partir du milieu des années 1970 entre l’État, le monde patronal et les syndicats. Les syndicats participent donc directement aux décisions et stratégies corporatives. Ainsi, les syndicats sont particulièrement pointés du doigt : « À l’heure actuelle, le discours social québécois est dominé par des groupes de pression de toutes sortes, dont les grands syndicats, qui ont monopolisé le label “progressiste” pour mieux s’opposer aux changements qu’impose la nouvelle donne. »

Toutefois, pour plusieurs, les politiques sociales constituent une caractéristique de la gestion des affaires publiques québécoises et doivent de ce fait être comprises dans la définition du modèle québécois. La Révolution tranquille a certes été un tournant en ce qui a trait aux politiques sociales. La situation s’étant renversée radicalement en 1960 : un rattrapage accéléré s’est effectué et le Québec s’est souvent trouvé à l’avant-garde en matière de politique sociale et de redistribution des revenus.

Intervention de l’État

L’innévitable question du rôle de l’état dans la (co)construction d’une société dans un contexte de Mondialisation doit être aborder de front. Or, de par la perte d’influence des politiciens sur l’Économie, leur rôle sera désormais dévolu aux aspects sociaux***. Le façonnement de politiques publiques et sociales, processus complexe et multiforme qui implique l’interaction d’une multitudes d’individus et d’entités groupales, collaborant ou se concurrencant, pour influencer les décideurs politiques, s’enracine dans la société civile pour alimenter le gouvernemant. Ces individus et ces groupes utilisent une variété de stratégies, tactiques et d’outils pour faire avancer leurs objectifs, notamment en défendant leurs positions publiquement, en tentant d’éduquer des partisans et les opposants, en la mobilisation des alliés sur une question particulière. Il en est de même en matière de politiques sociales.

Les politiques publiques et sociales sont des stratégies conduites par les institutions et administrations publiques qui appartiennent au gouvernement avec un ensemble de moyens (humains, financiers et matériels) pour agir sur une situation structurelle ou conjoncturelle déterminée (infrastructure, santé, famille, logement, emploi, formation professionnelle, recherche, fonction publique, crise, déficit), afin d’atteindre un ensemble d’objectifs préalablement fixés (égalité, justice, santé publique, bien-être social, résorption de la crise, du déficit budgétaire).

On ne peut considéré l’État (gouvernement) sans la société civile, ni la société civile sans l’intervention de l’état dans le domaine publique. Or, la régulation économique, peut-elle être produite que par le gouvernement? L’État est-il devenu une machine déconnecté du tissu social, d’une communauté de communautés, et destiné exclusivement aux aspect économiques. Entre le “Capitalisme d’État” et la “Plutocracy“, trouverons nous un juste milieu?

Darwinisme social

Darwinisme économique

L’objectif fondamentale du grégarisme humain relève de la survie et de l’adaptation. L’aboutissement de cette socialisation donne naissance à la civilisation. De la civilisation émerge l’État. Or, les conditions humaines sont devenue telle qu’il émerge un phénomène d’individualisation. Avant, on dépendait des autres pour vivre et s’adapter, aujourd’hui, nous somme des travailleurs en compétitions pour accéder au marché de l’emploi. On reviens ainsi à la case départ, une sorte de contradiction émerge donc: on vie ensemble, individuellement. C’est donc une transformation des interactions humaines. On se pose donc la question : pourquoi vivre ensemble? Pour travailler ou pour la (co)construction d’une société.

DU CRÉDIT ET RICHESSE COLLECTIVE

On semble négliger de faire la distinction entre l’enrichissement individuel et l’enrichissement collectif. L’enrichissement individuel lié à une augmentation du nombre d’individus riches ne garantit pas nécessairement de meilleurs politiques publiques, politiques sociales, ou un meilleur environnement socioéconomique, et l’enrichissement collectif.

L’argument essentiellement fondé sur le fait que plus il y a de riches, plus la société deviendra riche, ne me semble pas nécessairement juste et fondée, de par le phénomène de la condensation de la richesse, qui représente une force allant à contre sens. Or, bien que je sois convaincu que tous les riches sont des personnes extraordinaires et qu’ils soient altruistes, pourtant il semble qu’au Québec, se sont bien les politiques publiques et sociales qui ont favorisé un environnement socio-économique favorable « à la distribution de la richesse » sous formes, entre autres, de programmes sociaux. Mais l’État ne se limite pas seulement à la production de politiques publiques et sociales.

Or c’est par le billet, entre autres, des impôts et taxes, que la richesse collective s’abreuve et par des politiques déterminés collectivement. Plus de personnes riches ne signifient pas aller à l’encontre de la concentration de la richesse.

De plus, c’est également par les salaires que la richesse se fait sentir. Or, je n’ai jamais vu une entreprise consentir des salaires plus élevés en guise de politique sociale (les politiques sociales ne peuvent pas être soumises aux lois du marché, de la profitabilité). Certes, à titre d’exemple, on parle de conciliation travail/famille, mais c’est surtout pour s’assurer que travailleurs vaques, et non pas en guise de politiques sociales ; ce n’est donc pas pour optimiser le développement de la progéniture. Ainsi donc, semble-t-il, ce ne sont pas les pauvres qui profitent des garderies, mais les personnes de la classe moyenne. Des garderies sont en partie dédiées aux entreprises, et non pas aux citoyens, ce qui constituerait un détournement de leurs destinations fondamentales.

Et c’est sans compter sur la guerre de l’emploi (angl.: Jobs War) qui s’amorce ou les pays se feront concurrance sur l’échiquier mondiale pour capturer les emplois pour leur population. Les pays qui remporteront cette bataille auront des emplois de qualité pour leur population[*]. Notons que ce sont les emplois bien rémunérés et nécessitant peu de qualification qui sont les plus délocalisés, et . Ceux qui ont perdu leurs emmplois à cause de cette délocalisation se sont souvent trouvé un nouvel emploi plus précaire et moins bien rémunéré. Simultannément, se sont les emplois ayant une composante technologique ou nécessitant des études supérieures qui ont connu une plus forte croissance salariale. Le Centre sur la productivité et la prospérité de Hautes Études Comerciales (HEC) de l’Université de Montréal publie une étude montrant que les Québecois sont moins riches car moins éduqués[*].

Or, j’ose prétendre que plus il y a de riches, moins nous le serons collectivement. Ainsi, une hausse inattendue des bénéfices par les banques étrangères à capitaux en Nouvelle-Zélande a contribué à un déficit du compte courant beaucoup peu important que prévu de 4,6 milliards de dollars dans les trois mois terminés[*]. On sait tous comment les banques continuent à faire des profits alors que l’Europe contemple un destin funeste, que des millions de personnes à travers le monde se sont appauvris, que certains pays doivent entreprendre des mesures d’austérité draconienne sans précédent. Cas intéressant, L’Islande n’a pas suivi l’orthodoxie qui guide les politiques en Europe et à l’international, ont reconnu l’importances des politiques sociales et on a laissé les banques faire faillite!!! Et il semble qu’elle s’en porte que mieux, à l’instar de l’europe[*]. L’Islande a rapidement lancé des réformes politiques, sociales, judiciaires et mis sur pied une commission parlementaire qui, dans son rapport “Vérité”, a expliqué pourquoi le système a échoué (et qui a abouti à la mise en examen du Premier ministre pendant la crise, Geir Haarde, poursuivi pour l’effondrement du système financier). Alors que le Fonds monétaire international considère que contrôler la monnaie est la pire des choses, l’Islande a choisi de la dévaluer, ce qui a été très bénéfique pour ses exportations. A contrario de la plupart des États, qui permettent aux banques de privatiser les profits et de socialiser les pertes, et qui les renflouent aux frais du contribuables tout en s’excusant de ce que leur peuple ait soi-disant vécu au dessus de ses moyens!

Or, on crie avec véhémence que les politiques sociales sont financées à crédit via la dette, mais la richesse individuelle et collective également. De plus, la richesse étant fondée sur une perspective de croissance de la consommation (hyper-consommation), qui elle-même est fondé sur le crédit ; mais peut-on croître à l’infini? Sans croissance, il n’y a pas de richesses. C’est pourquoi le crédit remplace souvent la richesse de cette croissance économique anémique ou fluctuante. Or, je crains que ce simple mécanisme soit devenu rétrograde et ne fonctionne désormais, ni peu ni prou, car nous entrons dans un Nouveau Monde, une nouvelle ère, celle de la globalisation, ou bien des choses changeront ou ont déjà changer!

De l’invention de technique financière complexe (subprimes, titrisation, etc.), ce sont ces techniques qui enrichissaient les riches qui ont entraîné la crise débuter à l’été 2007 à cause des « subprimes », ces prêts hypothécaires consentis à la classe moyenne américaine. Mais comme les prix de l’immobilier ont baissé, les banques ont paniqué, et certaines banques qui avaient eu trop recours à ce type de prêt (subprimes) se sont retrouvées dans une situation financière critique. Les banques ont repris leurs maisons, et corollairement perturbé le marché immobilier. Pour tenter de limiter les risques de ces crédits d’un nouveau genre (subprimes), les banquiers ont eu recours à la titrisation. Ils ont transformé ces emprunts en titre sur les marchés boursiers. Or, à partir du moment où celui qui doit rembourser l’emprunt pour l’achat de sa maison ne peut plus payer, le titre n’a plus aucune valeur. Ce sont ces montages financiers complexes qui expliquent la chute de la bourse, car toutes les banques se sont aperçues qu’elles possédaient des titres de subprime qui ne valaient plus rien. La panique gagne alors les marchés, car plus personne ne se sent à l’abri. À partir de là, les banques vont se méfier les unes des autres et ne plus vouloir se prêter de l’argent entre elles. Cette crise de confiance des marchés interbancaires va entraîner la faillite de certaines banques, malgré l’injection de milliards de dollars de la Réserve fédérale américaine. Entre la chute de l’immobilier, la crise des subprimes, les soubresauts de la bourse qui ont fait chuter les cours, les pertes d’actifs se sont montées à plusieurs dizaines de milliards de dollars pour certaines banques.

Dès lors, la crise financière qui était d’abord une crise bancaire va se transformer en krach boursier. Les banques ont durci les conditions de crédit pour les particuliers (les prêts immobiliers sont plus difficiles à obtenir) et pour les entreprises (les investissements vont se ralentir). Le capitalisme financier connaît donc l’une des plus graves crises depuis le krach boursier de 1929. La crise immobilière américaine s’est transformée en crise financière et bancaire, elle-même entraînant une crise financière mondiale avec des risques de décroissances, de croissance anémique, de récession, de stagflation, et de sévères mesures d’austérité. Or, le remède relève de la réglementation, cette même réglementation que rejettent les riches, appliquer par une gouvernance mondiale, s’avère un chemin de croix. Pourtant, le pilier d’une économie repose sur un système bancaire fiable. On veut faire de l’argent comme ont veulent, quand on veut et comment on veut, et renie l’interventionnisme étatique. Mais en fin de compte, ce sont les états qui ont « sauver » les banques et donc préservé le système économique, et ce, à coup de centaines de milliards. Ceux qui ont fait leur profit gardent leur profit et continuent à en faire[*], mais ceux qui ont emprunté (richesse fondée sur le crédit) perdent tout et s’appauvrissent! Pourtant, malgré le marasme économique planétaire, les marques de luxe semblent bien portantes, car l’industrie du luxe vit présentement une période d’optimisme, car elle est ressortie grandie de la récession. « La même chose s’est produite avec les maisons les plus chères aux États-Unis, soutient Jean-François Ouellet, professeur de marketing à HEC Montréal. Historiquement, tout le monde souffrait quand l’économie vaçillait. Désormais, avec un libéralisme économique accru, les plus riches sont à l’abri des soubresauts. On parle de 0,01% de la population qui peut continuer à consommer et s’enrichir, faisant exception à la règle »[*].

Notons que l’une des principale cause de sous capitalisation des régimes de retraites serait la crise financière, accultant ainsi tout autres phénomènes. On observe également une tendance lié à une augmentation des régimes cotisation déterminé[*]. Assistons-nous donc au destin funeste d’une utopies comme celle d’une retraite avec un revenu décent et suffisant. L’illusion de “liberté 55”, qui a fait rêver et vaquer des milliers de travailleurs, est maintenant devenue un cauchemard car les québecois n’ont pas, en moyenne, l’épargne nécessaire pour passer à l’acte dans le confort[*]. Aussi, 800 retraités ont vue une diminution des prestations de retraite de l’ordre de 40%. En effet, la firme torontoise, Brookfield Asset Management, a sabré dans la caisse de retraite des employés après avoir pris le contrôle de Papiers Fraser, en janvier 2009, au terme d’une restructuration financière en vertu de Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies[*].

De plus, les phénomènes du vieillissements des populations amène a un boulversement des régimes des retraites. Il semble que le nombre de retraité doublera dans les prochaines années, alors la population de travailleurs, elle, diminura. Moins de cotisants pour plus de retraité ; du coups une arithmétique déficitaire.

Innovation, Créativité et Productivité

Semble-t-il que l’efficacité de la R&D au Québec et au Canada était inférieure à celle de la moyenne des pays membres de l’OCDE. Or, il ressort que la province se classe relativement bien au niveau des dépenses en R&D lorsqu’elle est comparée à la plupart des pays membres de l’OCDE[*].

DU CRÉDIT ET DE RICHESSE INDIVIDUELLE

Quelques indignés, ici et là, osent remettre en question l’ordre économique et financière établit. Cependant, la plupart de ceux concernés sont trop occupés à travailler! Je suis convaincu que les gens riches sont des gens extraordinaires et altruistes, toutefois, ce qui est amusant, c’est que lorsqu’un employé fait une erreur, elle est sanctionnée, mais lorsque l’autorité fait une erreur, alors « l’erreur est humaine » et il n’y a rien de plus humain qu’une personne en autorité. Ainsi, qui sanctionne les banques pour leurs dérives; personne!

Le risque est donc pour qui? Pour ceux qui vivent la richesse à crédit, ou ceux qui sont riches du capital acquis? Et puisque la richesse, autant collective, qu’individuelle, est fondé, au moins en partie, sur le crédit, n’est-ce pas la une preuve que les salaires sont insuffisant pour soutenir le niveau de richesse individuelle, voire même collective?

Selon Statistique Canada, pour chaque dollar de revenu gagné, les canadiens avaient une dette de près de 1,50$. L’endettement moyen a grimpé de 266% entre 1984 et 2005. Seuls les ménages les moins fortunés vivent ce problème de surendettement. Plus ils sont endettés, plus la classe moyenne s’effritent. Il a été démontré que les plus fortunés le sont de plus en plus, et ce sont eux qui contribuent le plus à la hausse de la consommation. Toutefois, pour la classe moyenne et pauvre, la progression des revenu après inflation, a été soit stable ou à la baisse depuis 15 ans. En 1980, le niveau d’épargne était de 20%, et il est de 5% aujourd’hui. Encore là, ce sont les personnes à hauts revenus qui épargnent le plus. Le niveau de liquidité des entreprises est passé de 13% en 1990 à 32% du PIB canadien. Hélas, ces excédents de liquidités ne contribuent pas à l’augmentation des salaires de la classe moyenne[*]. Notons que les entreprises sont en meilleur “condition économique” que les états et individus, car beaucoup moins endettées.

Alors qu’on tente de nous engorger, à la face même d’un amateurisme gouvernementale, au détriment des principes de précautions les plus élémentaires, la nécessité de développer la filière des gaz de schisme, et que l’on a entendu, à Noël 2011, à l’émission « Tout le monde en parle », un plaidoyer condescendant, moralisateur et insultant pour toute personne ayant une conscience écologique ou environnementale, ou toute personne qui à comme principe fondamental le respect de la Nature, donc de vivre en équilibre avec elle, ou toute personne qui à une intelligence. Pourquoi catégoriser toute critique sous l’égide de la jalousie des riches? Peut-être que tout simplement, l’accroissement du nombre de riches n’est pas nécessairement la solution la plus pragmatique, novatrice, etc. pour développer une société.

Être travailleur autonome/travailleur indépendant n’est pas une garanti d’accès à la richesse. En effet, considéré comme une activités atypique et précaire, et présenté comme un eldorado, à l’image de “Liberté 55”, rien n’indique pourtant que les entrepreneurs de notre société soient apte a concurencé sur l’échiquier de la mondialisation. Pour preuve, nous n’en produisont pas assez et il semble que les québecois dédaigneraient même cette activités économiques. On considère l’augmentation du mombre de ce type de travailleurs par le fait que les entreprises tentes de se départir des charges sociales et donc d’abdiquer de leurs responsabilités sociales. Notons que la majeure partie des entreprises au Québec sont des PME et micro entrperises (dont les travailleurs indépendants/travailleurs autonomes).

Privatiser les profits et socialiser les pertes, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre en même temps. La pauvreté, c’est donc également entretenu par les conditions économiques; on a pour preuveles effets de la crise financière, surtout en Europe et dans d’autres pays. L’économie et la Finance doivent se subordonner à l’État, et non pas le contraire. L’économie et la Finance doit servir la société et non pas l’intérêt d’une clique de riches. Or, une entreprise ne peut faire des affaires que s’il y a un État qui favorise une stabilité sociale; et cela à un prix! L’entreprise s’enracine dans les forces vives d’une société, son capital humain, son capital social, son capital intellectuel, son capital économique, etc. Elles ne peuvent exister sans la société. Cependant, l’économie et la Finance tente de nous convaincre du contraire, que l’État ne peut exister sans eux. Mais semble-t-il que l’on n’a pas réussi à produire la preuve qu’ils étaient aptes à remplacer l’État (et donc les citoyens) en ce qui a trait aux politiques sociales. Réguler l’économie ne signifie par nécessairement être contre l’économie.

Ainsi donc, la dernière crise financière, appel à une gouvernance mondiale de l’économie, ce super-état régulateur de l’économie mondialisé. Or, régulation signifie-t-il intervention?

Inégalité des revenu

Faut-il se rappeler de la tendance à savoir que les riches deviennent toujours plus riches, que les pauvres deviennent plus pauvres et en plus grande quantité, réduisant d’autant la portion de la tarte de la richesse, et garantissent la pauvreté – car pour qu’il y ait des riches, il faut y avoir des pauvres.

Les inégalités de revenu pointent la disparité existant entre les revenus des individus « riches » et ceux des individus « pauvres ». Or au Canada, la réalité serait que les riches et les pauvres s’enrichissent, mais à un rythme différent, selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). On y lit que les inégalités de revenus entre les riches et les pauvres ne cessent de croître dans le monde; le phénomène des inégalités grandissantes n’était pas isolé au Canada; bien que plus faibles qu’ici, les inégalités augmentaient aussi en Allemagne, au Danemark et en Suède. D’embler, il faut bien distinguer la pauvreté des inégalités, la mesure des inégalités évalue plutôt les écarts dans la distribution des revenus entre les individus. La pauvreté peut s’évaluer par diverses méthodes, la mesure du panier de consommation détermine le seuil de faible revenu en regard de la valeur d’un panier de biens et services précis. D’après cette mesure, un ménage sera considéré à faible revenu si son revenu disponible est sous la valeur du panier de consommation[*]. Ainsi, l’une des causes des inégalités grandissantes prend sa source dans la mondialisation et la concurrence accrue des pays émergents.

Même si le Québec est confronté aux mêmes courants mondiaux, la belle province s’est doté d’une Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, dont l’objectif est d’amener progressivement le Québec au nombre des nations industrialisées comptant le moins de personnes pauvres, ce qui semble diminuer la pauvreté même si les écarts dans le revenu du marché (avant intervention de l’État, essentiellement des salaires) s’agrandissent tant au Québec qu’au Canada. L’évolution des revenus du marché montre un écart grandissant où en 1976, les 20 % des plus riches Canadiens gagnaient 8,8 fois plus que les 20 % des plus pauvres alors qu’en 2009, ils gagnaient 11,7 fois plus. Une mouvance similaire s’observe au Québec (8,2 fois en 1976 contre 11,3 fois en 2009). Aussi, pour mesurer les inégalités dans une société, les spécialistes se réfèrent souvent au coefficient de Gini. Au Québec, dans la catégorie « revenu disponible », il est passé de 0,363 en 1996 à 0,380 en 2008. (Zéro étant une répartition parfaite, 1 étant une inégalité totale). Au Canada, il est passé de 0,378 à 0,396[*]. Même si le Québec est de moins en moins pauvres par rapport au reste du Canada, ce dernier rattrape son voisin américain, logé au sommet des inégalités de revenu ; l’écart entre riches et pauvres s’accroît plus rapidement au Canada qu’aux États-Unis[*].

Ainsi, grâces au politiques sociales, les québecois sont moins riche, mais moins pauvre que les canadiens[*]. Une fois qu’ils ont payé leurs taxes et leurs impôts, les Canadiens sont plus riches que les Québécois, dont le fardeau fiscal est plus lourd. Ce qu’on constate, c’est que cet écart de revenus s’est accru chez les hommes les plus riches et est en voie de disparaître chez les femmes et chez les plus pauvres (au Canada).

Endettement Individuel

Depuis 2007, l’Association des comptables généraux accrédités du Canada surveille l’attitude collective à l’égard des dépenses et de l’endettement. Elle publie annuellement un rapport, et ont constaté, entre autre[*]: 1) Le rythme d’expansion de l’endettement s’est affaibli en 2010 et au premier trimestre de 2011, mais les niveaux d’endettement des ménages ont tout de même atteint un niveau record de 1,5 billion de dollars au premier trimestre de 2011 ; 2) Les familles monoparentales constituent la seule catégorie de ménages dont la dette augmente avec l’âge, et ces familles ont une dette supérieure de deux tiers à celle des couples sans enfant; 3) L’accroissement de la dette ne s’est pas accompagné d’une amélioration des revenus ou de la richesse : 40 % des répondants dont le revenu a diminué ont indiqué que leur dette avait augmenté, comparativement à 31 % dans le cas des répondants dont les revenus ont progressé. 4) La consommation plutôt que la constitution du patrimoine demeure la première cause de l’accroissement de l’endettement : 57 % des répondants endettés ont affirmé que les frais de subsistance courants sont la cause principale de cet accroissement. 5) Peu de répondants ont indiqué que leur revenu avait augmenté. Moins de la moitié (42 %) ont fait état d’une augmentation, laquelle était pour la plupart d’entre eux (86 %) très modeste;

Statistique Canada nous rappelait récemment que le taux d’endettement des ménages canadiens par rapport à leur niveau de revenu disponible a atteint la marque record de 152,98% au troisième trimestre de 2011, contre 150% au second trimestre[*]. Ainsi, les ménages canadiens sont de plus en plus endettés, en particulier ceux qui peuvent le moins se le permettre parce qu’ils approchent de la retraite ou qu’ils ont déjà des dettes[*].

L’endettement des ménages préoccupe la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Elle note que les ménages canadiens ont de plus en plus recours aux marges de crédit personnelles et qu’entre 2000 et 2010, le passif des ménages s’est accru plus rapidement que leur actif, leur valeur nette et leur revenu personnel disponible.

Aussi, l’endettement des ménages canadiens inquiète les régulateurs du Conseil de stabilité financière (FSB) à Zurich (le FSB est composé de banques centrales, ministères et régulateurs de 24 pays), canadiens qui pourraient se retrouver en difficulté en cas d’aggravation de la situation économique mondiale. Alors que les défauts de paiements sont à un niveau très bas (0,3%) au Canada, le FSB a estimé qu’«un choc macroéconomique négatif», comme une récession économique mondiale, pourrait affecter la capacité des ménages à honorer leurs crédits. Une telle situation pourrait avoir des conséquences négatives sur le marché de l’immobilier et, par effet domino, sur le système financier, à l’instar de la crise des «subprimes» américains qui a éclaté en 2007[*]. La zone euro se trouve dans une crise économique sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, en raison du surendettement de ses États membres, notamment de la Grèce.

Aussi, jamais les ménages québécois n’auront été aussi endettés, plus que les américains[*]. Le 12e rapport de l’Institut Vanier, un organisme à but non lucratif, souligne que si le taux d’endettement a beaucoup grimpé ces dernières années, le taux d’épargne s’est pour sa part dégradé. Et c’est au Québec que la hausse de l’endettement est la plus marquée en 2011[*]. Cela dit, l’endettement des Québécois est nettement moins élevé que la moyenne nationale et les Québécois sont les moins susceptibles de se trouver en défaut de payer leur carte de crédit comparativement à l’ensemble du pays. On observe généralement un taux d’endettement plus bas au Québec que dans le reste du pays.

Productivité

Notons que plus des trois quarts de la population québécoise disposent d’un pouvoir d’achat inférieur au reste du Canada et les Québécois travaillent aussi moins que dans les autres provinces[*]. Ils sont moins nombreux à travailler, y passent moins d’heures et touchent moins d’argent à l’heure que la plupart des autres Canadiens. La formation insuffisante, les retraites prises plus tôt et le chômage seraient les principaux responsables de cette situation.

Conclusion

Ainsi donc, la “Droite” suggère de substituer l’État (entité collective) par une entité groupal, « les riches » (clique – entité groupale), en matière de politiques publiques et sociales. Petite question, pourquoi y existe-t-il des désert alimentaire à Montréal, et pourquoi il y a si peu de coopératives d’alimentation??? Le modèle des coopératives, est-ce donc une forme d’entrepreneurship???

Rêve-t-on d’une société où tous sont riches? Certes et bien sure. Ainsi donc, la notion de “riches” perd tout de son sens, puisque si tous seront riches, il n’y aura aucun pauvre. Doit-on laisser le développement d’une société aux riches? Est-ce donc ça la solution?

Est-ce donc la Droite qui est responsable de la déficience de la culture entrepreuneuriale au Québec. N’ont-ils pas une responsabilité sociale, de donner une chance à chacun, de développer ses intérêt et compétences entrepreuneuriale. Dire que plus il y aura de riches, plus la société sera riche, c’est donner un aspect altruistique à quelque chose qui n’en a pas.


sources & références

1) Shields, Alexandre (2007) « Les québecois plus solidaires que lucides », Le Devoir, 11 janvier 2007, page consultée le 18 février 2010.

2) Jocelyn Maclure et Alain-G. Gagnon, Repères en mutation, Québec Amérique.

La dissidence n’est pas le cynisme!

TO BOLDLY GO WHERE NO MAN HAS GONE BEFORE
The Right Stuff

La dissidence, ce n’est pas l’anarchisme, ni la désaffectation sociétale du cynisme. Le lien social, la connexion sociale, persiste et demeure, malgré la marginalisation ou voir même l’exclusion sociale.

La dissidence, c’est la réponse au cynisme, et l’antidote ; c’est la participation citoyenne, la démocratie participative et la (co)construction d’une communauté de communautés.

La dissidence n’est pas fondée sur du subjectif ou de l’arbitraire, ni ne suit les gouts ou les humeurs du jour, mais est élaboré sur une réelle vision « rationnelle » de la (co)construction d’une communauté de communautés. La (co)construction est-elle un caprice, une lubie, une fabulation, un délire, voire même une utopie? Or, l’expérience humaine doit se fonder sur le risque calculé, et non pas la quête frénétique d’un mirage utopique.

Dans tous les cas, la (co)construction est une nécessité! Et aucun parti n’offre un tel projet qui s’approche un tant soit peu de ce genre de démarche, et aucun d’eux ne s’intéresse vraiment (ou réellement) au « nurturing » et au « co-parenting » du tissu social, si ce n’est par la perspective économique.

La disqualification du « non-vote » s’avère tout à fait naturelle venant de politiciens de carrière, toujours pressés à justifier leur existence [et surtout leurs contributions et leurs utilités].

Pour faire une simple allégorie, imaginons que le Québec est un nourrisson. Il a besoin de lait, mais on a de cesse de lui offrir de l’eau, du jus, du café, de l’alcool, et je ne sais quoi encore. Tout, sauf du lait. Si tous les partis ont quelque chose à offrir, rien ne dit que cela correspond bien aux besoins et intérêts supérieurs du Québec.

Alors qui suis-je pour affirmer que je sais ce qui est bon pour le Québec? S’il y a une thèse, je suis l’antithèse qui « pointe » à la synthèse. D’abord, j’ai confiance en mon jugement, même si bien des choses ne sont pas ce qu’elle semble être; the fog of lies, of illusions & of confusions. Ensuite, parce que l’individu qui n’est pas emporté par le courant frénétique sociétal, celui qui se tient à la marge, observe d’un point de vue différent. Je suis comme l’éclaireur (qui éclaire les autres, qui ont pour mission de partir en avant, afin d’observer les lieux et de rapporter les informations susceptibles d’aider à voir clairs ceux qui sont restés en arrière? Je suis comme celui qui éclaire l’intelligence et la conscience des lecteurs, l’ami des peuples, qui a pour mission de partir en reconnaissance pour observer le terrain et recueillir des informations qui seront utiles au reste du groupe. Je suis celui qui pointe, là où j’ai été, pour celui qui prend des décisions.

En fait d’héritage culturel québécois, il est là. Car l’éclaireur est un personnage central des romans populaires américains consacrés à la conquête de l’ouest. Il sera encore plus médiatisé dans les westerns. Le rôle d’éclaireur est particulièrement important dans les jeux de guerre ou il y a également eu des éclaireurs.

En fait, j’ai été largement été inspiré par l’éclaireur, le coureur des bois, et les héros et antihéros des westerns.

Non, mon cher monsieur, s’il y a une seule chose en qui j’ai foi, c’est bien en la (co)construction, qui peut être parfaitement décrite rationnellement, et qui s’inscrit dans des principes de la Vie et de la Nature, et qui peut certe, être mise en oeuvre, avec un leadership opportun et approprié.

Comment pourrais-je pointer là où personne ne regarde, si je suis totalement immergé dans le courant sociétal? L’apprenti psychosociologue et philosophe que je suis, ne peut à la fois, pointer, et guider.

Du cynisme!

Le ‪‎cynisme‬ ‪‎politique‬ en fait, c’est la désaffectation politique et sociale des parties, c’est la rupture de la confiance entre le citoyen et l’état prestataire de service (gouvernement, politique, éducation, santé, infrastructure, etc). Dans la pratique de la démocratie se désintéressera le citoyen, l’édifice tombera en ruines, on le désaffectera et quand il y aura péril pour la démocratie, on parlera de cynisme.

Le cynisme c’est le mépris des conventions sociales, de l’opinion publique, des idées reçues, généralement fondé sur le refus de l’hypocrisie et/ou sur le désabusement, souvent avec une intention de provocation. C’est le mépris des convenances, de l’opinion, de la morale.

En ce sens, le cynisme se trouvent souvent propagé par les ‘leader d’opinions’ ou les ‘entrepreneurs de morale’.

Or pour moi, les systèmes collusionnaires relève de la mise en oeuvre du cynisme. Le cynisme, ce sont les dérives du financement occulte des partis politiques. Le cynisme, c’est posséder des infrastructures désuètes qui risque de s’écrouler sur la populace locale à tout moment. Le cynisme, c’est avoir des écoles parsemées de moisissures. Le cynisme, c’est un taux alphabétisation fonctionnelle de 50% de la population, et des dérive en terme de littératie multiples. Le cynisme, c’est la violence et la maltraitance institutionnelle des ainées ou la violence psychologique et morale faite aux enfants. Le cynisme, ce sont les problèmes d’accès aux services de soins santé et les attentes interminables. Le cynisme, c’est l’absence d’imputabilité, de responsabilité, d’éthique et de morale. Le cynisme, c’est provocant, insolent, aux limites de l’impudence.

En ce sens, c”est la rupture du contrat social qui n’assure plus la confiance entre les parties ; c’est une rupture du lien social ; c’est de la dégradation du tissu social.

J’aime les expressions “d’insulte intellectuelle” ou “d’insulte à l’humanité” pour exprimer l’absurdité, la puérilité, des humains qui mettent en œuvre ou qui participent aux systèmes collusonnaires. C’est le mépris de l’intelligence, de la cohérence, de l’imputabilité, de la responsabilité, de l’éthique et de la morale, etc. C’est le réalisme relativisme à son meilleur. Or, ne pas avoir d’éthique, c’est se manquer de respect à soi-même et aux autres.

Près d’un adulte canadien sur trois rapporte avoir vécu de l’abus durant l’enfance

Une nouvelle étude qui donne à réfléchir constate que près d’un tiers des adultes au Canada a vécu de l’abus sous forme de maltraitance et de violence durant l’enfance au sein de leur foyer.

Ainsi, l’abus peut prendre plusieurs formes, notamment les sévices, les sévices sexuels, ou l’exposition à la violence conjugale (parents, beaux-parents, ou tuteurs).

En outre, tel que publié dans le Journal de l’Association médicale canadienne — JAMC (Canadian Medical Association Journal – CMAJ), les enquêteurs ont constaté que la maltraitance des enfants est liée à des troubles mentaux et des idées suicidaires (idéation) ou des tentatives de suicide.

Du point de vue de la santé publique, ces résultats mettent en évidence l’urgent besoin de faire de la prévention de la maltraitance des enfants une priorité au Canada.

Bien que le lien entre la maltraitance des enfants et la santé mentale soit déjà connu, on note cependant qu’au Canada, un déficit d’études et de recherches ressent, fournissant les informations les plus complètes sur la prévalence du phénomène de la maltraitance des enfants et du lien entre les différents types de violence et les troubles mentaux chez les adultes.

Ce présent recensement est la première étude représentative à l’échelle nationale de la maltraitance des enfants et des troubles mentaux au Canada. Les chercheurs ont examiné les données de 23 395 personnes, et ce, provenant de partout au Canada, qui ont participé à l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes : santé mentale, 2012 (2012 Canadian Community Health Survey: Mental Health)[a,b].

Les participants étaient âgés de 18 ans ou plus et étaient représentatifs de personnes vivant dans les 10 provinces. L’étude a exclu les résidents des trois territoires, les résidents des communautés autochtones, les membres à temps plein des Forces canadiennes et les personnes vivant au sein d’institutions.

Ainsi, selon l’étude, 32 % des adultes canadiens ont connu de la maltraitance, notamment la violence physique qui est la plus courante (26 %), suivie de la violence sexuelle (10 %), et l’exposition à la violence conjugale (8 %).

Les hommes étaient plus susceptibles d’avoir été victimes de violence physique (31 % contre 21 % chez les femmes) et d’avoir un taux d’abus plus élevé (34 % contre 30 %). Les sévices sexuels étaient plus fréquents chez les femmes (14 % contre 6 % des hommes), de même que pour l’exposition à la violence conjugale (9 % contre 7 %) que les enfants.

Les personnes entre 35 et 64 ans étaient plus susceptibles que ceux âgés de 18 à 34 ans de déclarer avoir été maltraitées dans l’enfance.

Tous les trois types de violence envers les enfants ont été associés à tous les types de troubles mentaux diagnostiqués par entrevue, les conditions mentales autodéclarées, les idées suicidaires [pensées de suicide], et les tentatives de suicide dans les modèles d’ajustement pour les variables sociodémographiques » écrivent les auteurs.

L’abus de drogues ou de dépendance, des pensées suicidaires et tentatives de suicide sont restées associées à tous les types de violence envers les enfants, malgré l’usage de modèles les plus adaptés (ou ajusté).

Le type le moins grave de violence physique (les gifles au visage, à la tête ou aux oreilles, les coups ou les fessées avec un objet de dur comme la strappe ou le bâton) a montré une forte association avec toutes les conditions mentales dans les modèles ajustés en fonction des variables sociodémographiques.

L’exposition à plus d’un type de violence augmente les chances d’avoir une condition mentale. Les provinces de l’ouest du Canada ont enregistré les taux de maltraitance des enfants les plus élevés, avec le Manitoba en premier (40 %), suivie de la Colombie-Britannique et de l’Alberta (36 %). Terre-Neuve et le Labrador ont enregistré les taux de violence les plus bas, soit à 21 %. Le Québec se situe autour de 32 % des enfants qui ont vécu une forme ou une autre de maltraitance de l’étude.

Tous les fournisseurs de soins de santé se doivent d’être conscients de la relation entre les types spécifiques de violence envers les enfants et certains troubles mentaux. Les cliniciens qui travaillent dans le domaine de la santé mentale doivent être suffisamment qualifiés pour évaluer les patients exposer à la violence et doivent comprendre les implications pour le traitement.

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Les associations entre la maltraitance des enfants et le déficit de l’attention, les idéations suicidaires et les tentatives de suicide ont montré de plus forts effets chez les femmes que les hommes.

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sources

  1. Nauert, R. (2014). Nearly 1 in 3 Canadian Adults Reports Abuse. Psych Central. Retrieved on April 23, 2014, from http://psychcentral.com/news/2014/04/23/nearly-1-in-3-canadian-adults-reports-abuse/68875.html

  2. Afifi, T. O., et coll. (2014, April 22)”Child abuse and mental disorders in Canada”, Early Access, CMAJ 2014. DOI:10.1503/cmaj.131792, http://www.cmaj.ca/content/early/2014/04/22/cmaj.131792.full.pdf (+ http://bit.ly/1icduEe).

références

  1. Canadian Community Health Survey: Mental Health, 2012 – http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/130918/dq130918a-eng.htm

  2. Canadian Community Health Survey – Mental Health (CCHS), 2012 – http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV.pl?Function=getSurvey&SDDS=5015

  3. Leung, M. (2014, April 22), “One in three Canadian adults has experienced child abuse: study”, CTV News Canada, http://www.ctvnews.ca/health/one-in-three-canadian-adults-has-experienced-child-abuse-study-1.1786838

  4. Branswell, H. (2014, April 22). “1 In 3 Canadian Adults Have Suffered Child Abuse, New Study Suggests”, http://www.huffingtonpost.ca/2014/04/22/child-abuse-canada_n_5192339.html

Les étudiants de première génération!

En février 2013, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, M. Pierre Duchesne, déclarait dans un communiqué que l’augmentation du taux de diplomation universitaire devait passer par les étudiants de première génération (ÉPG). Ainsi, on cherche à cibler une nouvelle clientèle, les étudiants dits étrangers, et les étudiants dont les parents n’ont pas fait d’études postsecondaires. Le ministre soulignait alors l’importance comme société d’être capable d’aller chercher « des gens de tous les milieux », car selon lui, les classes plus aisées de la société sont surreprésentées dans les universités; « l’intelligence, ça ne vient pas avec le porte-monnaie ». Les universités qui attirent davantage d’étudiants de première génération pourraient donc obtenir plus d’argent. Le réseau de l’Université du Québec en accueille 65 % — un chiffre qui dépasse même 70 % en Abitibi, à Chicoutimi et à Rimouski — alors qu’il atteint seulement 20 % à l’Université McGill.

Dans un communiquer de septetembre 2013, le ministre annonçait l’attribution de subventions totalisant cinq millions de dollars sur trois ans dans la cadre du Programme d’arrimage universités-collèges. De passage à l’Université du Québec, le ministre a dévoilé le projet présenté par trois établissements de ce réseau et par six collèges des régions de l’Abitibi-Témiscamingue, du Bas-Saint-Laurent et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ces derniers ont mis en commun leurs connaissances et expériences pour développer des initiatives liées au cheminement scolaire des étudiants de première génération (EPG), c’est-à-dire ceux dont les parents ne sont allés ni au collège ni à l’université. À partir des résultats des travaux et des expérimentations qui seront effectués par cette communauté de pratique, un modèle d’intervention auprès des EPG sera créé afin d’intervenir dans les moments les plus sensibles de leur parcours scolaire, à partir du 2e cycle du primaire jusqu’aux cycles supérieurs de l’université. Dans ce communiquer, on explique que l’on trouve des ÉPG dans tous les établissements d’enseignement universitaire québécois. Selon l’enquête ICOPE (Indicateurs de conditions de poursuite des études), réalisée par l’Université du Québec en 2011, ils représentent de 53 % à 72 % des étudiants inscrits en première année au baccalauréat dans son réseau, 31 % des étudiants inscrits dans les universités anglophones et 46 % dans les autres universités francophones.

Selon Bonin (2008), à l’automne 2006, 60 % des étudiants du réseau de l’Université du Québec étaient des EPG; l’auteure situe ce pourcentage à 54 % dans le cas de l’Université du Québec à Montréal.

Notons que même si, à plusieurs égards, le Canada se rapproche des régimes providentiels sociodémocrates européens, plusieurs études montrent qu’il se classe plutôt parmi les sociétés libérales au côté des États-Unis, du Royaume-Uni et d’autres pays semblables (Saint-Arnaud & Bernard, 2003; Esping-Andersen, 1999). Notons également qu’il existe des différences de régimes scolaires puisqu’ils relèvent de juridiction provinciale.

Certains parents n’ont pas fait d’études postsecondaires (collège, cégep ou université). Même si dans la littérature on ne semble pas s’entendre sur la définition exacte du concept d’étudiants de premières générations (ÉPG), l’importance de la scolarité des parents en regard de l’accessibilité aux études supérieures s’avère sans équivoque (Butlin, 1999; Foley, 2001; Looker, 2002). Les parents qui n’ont pas pu fréquenter l’université sont généralement plus désavantagés lorsqu’il s’agit de transmettre une un corpus de savoir expérientielle de l’enseignement et de l’apprentissage à leurs enfants — et pourtant, ce sont ces étudiants qui ont le plus besoin des conseils de leurs parents.

Ainsi, pour le moment, il n’existe aucun consensus sur la définition du concept étudiant de premières générations (ÉPG), et l’intérêt qu’elle soulève dans le milieu scientifique est relativement nouveau et limité. Toutefois, plusieurs chercheurs s’entendent sur la définition proposée, à savoir que ce sont les étudiants qui proviennent de familles où aucun des parents n’a atteint un niveau de scolarité supérieur au secondaire. Ceux-ci constituent maintenant un pourcentage élevé de la clientèle scolaire universitaire.

Le concept d’ÉPG a d’abord été utilisé dans le cadre de recherches institutionnelles menées aux États-Unis afin d’examiner l’influence de la scolarité des parents sur les parcours scolaires de leurs enfants (Adachi, 1979; Billson & Brooks-Terry, 1982). Peu à peu, une tradition de recherche s’est développée autour de ce concept qui a fait l’objet de multiples précisions conceptuelles (Auclair et coll., 2008) et théoriques. De façon générale, les études empiriques avaient pour objectif de saisir qui étaient ces étudiants et de quels milieux ils venaient. Elles visaient aussi à comprendre l’influence de la scolarité des parents sur les parcours scolaires de leurs enfants.

Ainsi donc, la majorité des chercheurs estime que le fait d’avoir fréquenté un collège ou une université est suffisant pour qu’un individu ait des connaissances sur l’éducation postsecondaire et possède un capital social et culturel transmissible à ses enfants lors de la transition vers ce niveau d’études (Lohfink & Paulsen, 2005; Pascarella et coll., 2004, 2003). Toutefois, la définition des étudiants dits de seconde génération varie d’une recherche à l’autre (Auclair et coll., 2008).

Des études menées aux États-Unis montrent que les ÉPG sont moins susceptibles de poursuivre leurs études au niveau universitaire, comparativement aux étudiants dont les parents sont titulaires d’un diplôme d’études postsecondaires (collégiales ou universitaires). Les ÉPG qui entreprennent des études universitaires seraient confrontés à plusieurs obstacles qui rendent leur parcours scolaire plus difficile. Les défis particuliers liés à ce statut sont susceptibles de s’ajouter aux enjeux adaptatifs propres à la transition à l’enseignement supérieur de sorte que les caractéristiques assurant habituellement le succès des projets d’études des jeunes sont possiblement à revoir en regard de ces étudiants. À cet effet, les études (surtout américaines) considèrent que leur situation est préoccupante : ils sont en proportion moins nombreux à compléter leur projet d’études et tendent aussi à l’abandonner plus précocement (Choy, 2001; Lohfink & Paulsen, 2005; Ishitani, 2003; Pascarella Pierson, Wolniak & Terenzini, 2004; Tym, McMillion, Barone, & Webster, 2004).

Comme l’ont proposé certains auteurs (Pascarella et coll., 2004), parce que les parents des EPG n’ont aucune expérience de scolarisation postsecondaire, ils connaissent généralement peu les caractéristiques, pratiques et ressources propres à ces environnements scolaires; ce faisant, ils peuvent difficilement transmettre à leurs enfants ces savoirs, ou ce que des auteurs appellent un capital social et culturel relatif à la fréquentation d’établissements postsecondaires (Bourdieu, 1986; Coleman, 1988). Ce capital social et culturel réfère au degré d’aisance et de familiarité du jeune avec la culture de son nouveau milieu. Les parents ayant fréquenté les institutions postsecondaires peuvent faire bénéficier leurs jeunes de leur expérience, les guider et les conseiller adéquatement, leur permettre de comprendre plus facilement l’importance de certaines décisions à prendre, etc. Privée de toutes ces ressources, l’arrivée des EPG dans leur nouveau milieu scolaire s’accompagnerait parfois d’un choc culturel (Bui, 2002; Fallon, 1997). Ce choc peut être accentué par une impression de discordance entre leurs antécédents familiaux et les attitudes à développer et les comportements à adopter pour bien s’intégrer dans leur nouveau milieu. La prise de distance avec la culture familiale pour mieux adhérer à celle attendue dans le nouveau milieu engendre parfois de la culpabilité ou un sentiment de déloyauté envers la famille (Hartig & Steigerwald, 2007). En revanche, quand l’EPG ne consent pas à adopter le nouveau code du milieu, il risque de développer un sentiment d’aliénation, la croyance de ne pas être à sa place, est susceptible d’avoir de la difficulté à préciser son statut et à développer un sentiment d’appartenance à un groupe où les pairs ont des origines familiales et sociales plus favorisées que lui.

Selon Bouffrard et coll. (2009), ces jeunes adultes doivent affronter des défis adaptatifs particuliers qui les mettent à risque d’abandonner leurs études, notamment : les inquiétudes financières; les inquiétudes financières; la conciliation travail-études; le sentiment d’insécurité.Les résultats de cette étude (Bouffard et coll., 2009) réalisée chez près de 2 000 étudiants de l’Université du Québec à Montréal indiquent que s’ils réussissent aussi bien que les autres à la fin de leur première année, ces étudiants sont significativement plus nombreux à ne plus être inscrits l’année suivante. L’étude constate également que ces étudiants sont notamment plus nombreux à être satisfaits de leur réussite scolaire et à lui accorder de l’importance pour leur insertion professionnelle, et ils rapportent être plus au clair avec leur choix de carrière et leur appréciation de leur projet d’études est plus positive que leurs collègues : ils rapportent y vivre plus d’émotions positives, lui accorder plus d’importance, lui attribuer un sens plus grand, se sentir plus en contrôle dans sa réalisation et être plus satisfaits de leur réussite jusqu’à ce moment.

De Broucker (2005), constate que ces analyses montrent que le revenu familial influence la participation aux études postsecondaires. Toutefois, selon l’étude, il ne s’agit pas d’un enjeu qui se manifeste seulement lorsqu’un jeune termine ses études secondaires et doit déterminer s’il fréquentera le collège ou l’université, et son impact n’est pas indépendant d’autres influences. Ainsi, le revenu familial et d’autres caractéristiques qui s’y rattachent souvent, notamment le niveau de scolarité et les aspirations des parents pour leurs enfants et la monoparentalité, exercent leur incidence très tôt dans la vie, même avant que l’enfant ne commence l’école, parce que ces facteurs influencent la capacité d’apprentissage et les aspirations et le rendement scolaire de l’enfant. Les gouvernements mettent l’accent sur l’aide financière aux étudiants pour leur permettre de fréquenter le collège ou l’université; mais une aide financière ne permettra pas de surmonter les désavantages qui empêchent certains jeunes d’obtenir les notes leur permettant d’avoir accès à l’enseignement postsecondaire au départ. De Broucker note donc cinq incidences, expliquer ci-bas : Interventions précoces, Diversité des cheminements, Informations et orientations, Politique de frais de scolarité, Aide financière.

Finnie et Mueller (2007) indiquent que la scolarité des parents et les variables qui s’y rattachent (ex. : habiletés en lecture) constituent la principale influence sur l’accès à l’enseignement postsecondaire et, à l’université tout particulièrement.

Selon Kamanzi et coll. (2010), qui présente une analyse dont les résultats sont en partie probants, confirmant le poids de l’origine sociale et culturelle dans l’accès aux études universitaires, mais pas dans l’obtention du baccalauréat au Canada. Ainsi, au Canada, l’accès à l’enseignement postsecondaire est influencé par diverses dimensions. Plus particulièrement, les facteurs caractérisant la scolarité au secondaire ont une influence forte sur l’accès à l’université, ce qui reflète le fonctionnement méritocratique du système scolaire et de l’université. Il existe donc des mécanismes de sélection sur la base des résultats scolaires et de la nature du parcours au secondaire.

Pour Kamanzi et coll. (2010), les effets du décrochage scolaire se font toujours sentir en réduisant la probabilité d’accéder aux études universitaires. Le dossier scolaire conserve les traces d’une scolarité caractérisée par des difficultés : les individus qui ont décroché ne désirent pas aller à l’université, indépendamment de leurs notes. D’autre part, la sélection n’est pas uniquement scolaire; elle est également sociale. En effet, l’accès des ÉPG aux études universitaires est plus faible que celui des non-ÉPG. Ainsi, les jeunes dont les parents ont fait des études postsecondaires, notamment universitaires, participent davantage aux études universitaires que les ÉPG. En plus, ils ont constaté que la catégorie socioprofessionnelle du père influence l’accès. Ainsi, l’analyse permet de constater l’effet de l’origine sociale sur la scolarisation, non seulement par le capital culturel au sens large du terme, mais aussi par le capital scolaire. En d’autres mots, la « démocratisation » des études universitaires est ségrégative, pour reprendre l’expression de Merle (2000), et elle est marquée du sceau de la reproduction sociale.

Au Canada, l’éducation relève de la juridiction des provinces et, historiquement, chacune d’entre elles a créé et aménagé son système d’éducation. Les différences des systèmes entre les provinces se font sentir quant à la probabilité d’accéder à l’université, laissant penser que l’organisation de l’offre des études universitaires a un effet sur l’accès. L’analyse (Kamanzi et coll., 2010) permet d’identifier les provinces (Québec, Alberta, Colombie-Britannique) où les taux d’accès aux études universitaires sont comparables à celui de l’Ontario et celles où ces taux d’accès sont significativement plus élevés que celui de l’Ontario (les provinces maritimes, le Manitoba et la Saskatchewan). Ce phénomène pourrait s’expliquer par l’importance des établissements universitaires au sein de la structure de l’enseignement postsecondaire de chacune de ces provinces. Celles où les collèges sont moins développés offriraient un accès à l’université plus élevé par rapport à la province de référence où les collèges communautaires sont bien implantés.

L’analyse (Kamanzi et coll. 2010) constate également que les ÉPG et les non-ÉPG ont des chances égales d’obtenir le diplôme de baccalauréat, ce qui contraste avec la situation des ÉPG étatsuniens. Doit-on y voir un effet de la méritocratie scolaire et considérer que les ÉPG canadiens qui poursuivent des études universitaires sont « semblables » aux non-ÉPG, ce qui laisse supposer que les facteurs qui influencent la persévérance des ÉPG relèvent principalement de la scolarité antérieure? Selon l’analyse, les ÉPG poursuivant des études universitaires ressemblent fortement aux autres étudiants quant au rendement scolaire et aux caractéristiques du parcours scolaire, notamment en ce qui concerne les moyennes du secondaire et le fait d’avoir connu ou non une interruption d’études. Dans la mesure où les ÉPG accèdent à l’université dans une proportion nettement plus faible que les non-ÉPG, on peut soutenir l’idée que les ÉPG qui poursuivent des études universitaires y arrivent au terme d’un processus de sur-sélection. Il s’agirait d’élèves ayant des compétences scolaires relativement élevées. Or, comme l’a noté Duru-Bellat (2002) pour les élèves performants, la poursuite des études universitaires est un acte normal, voire évident, peu importe leur origine sociale. Par contre, à compétences faibles comparables, les élèves d’origine sociale défavorisée aspirent moins aux études universitaires, car ils préfèrent ne pas s’aventurer dans un projet pour lequel la probabilité d’un échec leur semble trop élevée. Tout compte fait, les parcours scolaires s’inscrivent dans un processus d’auto-sélection.

Un dernier résultat de l’analyse ( Kamanzi et coll., 2010) met aussi en évidence une autre logique présente dans le fonctionnement du système éducatif, celle de la mobilisation scolaire de certains groupes sociaux – par exemple, les femmes et les immigrants – pour qui les études postsecondaires, et les études universitaires en particulier, représentent un instrument d’intégration socioéconomique, voire de mobilité sociale. Dans la mesure où les ÉPG viennent, pour la plupart, de familles plus défavorisées sur les plans économiques et scolaires, leur faible participation aux études universitaires tient à la fois à leurs compétences scolaires et à leurs aspirations moins élevées à la fin des études secondaires. Cela expliquerait d’ailleurs l’existence d’une relation fortement significative entre la note moyenne obtenue à la fin du secondaire et la persévérance à l’université chez les ÉPG, alors que cette même relation ne se retrouve pas chez les NÉPG. Comme ils bénéfi cient de peu ou de moins de ressources de la part de leurs familles, les ÉPG qui accèdent aux études universitaires se caractérisent particulièrement par de meilleures habiletés à composer avec leur métier d’étudiant et par un niveau plus élevé d’engagement dans les études.

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Une nouvelle approche développée et testée par des chercheurs de l’University of the Pacific’s Gladys L. Benerd School of Education pourrait peut aider les parents à favoriser la culture scolastique chez leur progéniture. Il existerait une perception commune selon laquelle les parents à faible revenu ne se soucient guère de l’éducation de leurs progénitures, et pourtant,  ce n’est pas nécessairement vrai.

Parmi les leçons tirées de cette nouvelle approche, on note : que les parents sont largement préoccupés par le financement des études postsecondaires; que les parents étaient réticents à encourager leurs enfants à poursuivre des objectifs qui pourraient s’avérer inaccessibles; ils doivent d’abord s’assurer que l’université peut être financièrement viable; que les présentations au sein de grands groupes submergés généralement les parents d’ÉPG. Une attention particulière ainsi que des conseils personnalisées et individualisées qui satisfont mieux les besoins d’information complexes des familles à faible revenu, est à préconiser; que ces parents préfèrent, quant aux informations écrites, le médium papier au détriment de courriels ou des blogues, et se sentaient plus en pouvoir lorsque l’information avait été livrée directement à eux plutôt que d’avoir été envoyé à la maison par le biais des élèves; que les parents affichaient un plus haut niveau d’engagement lorsqu’ils ont aidé leur enfant/élève à écrire un plan d’action collégiale ou universitaire, par rapport à l’examen de plans développé par les étudiants eux-mêmes; lorsque l’on fournit des outils efficaces et probants afin d’aider les élèves sous-performants et mal accompagné à se préparer pour le collège (ou l’université), les parents les utilisent.

Cette nouvelle approche utilise un modèle de recherche écosystémique dans lequel les chercheurs en partenariat avec les membres de la communauté s’unissent pour développer et tester des solutions aux problèmes sociaux, et ce, dans le monde dit réel. L’objectif est de créer des « connaissances pour l’action » (actionable knowledge) qui peut informer à la fois l’élaboration des politiques et de la recherche future.

Intervention précoce | Les enfants provenant de familles bien nanties réussissent mieux à l’école. Pour rendre l’accès au collège et à l’université plus équitable, il faut s’attaquer aux inégalités à mesure qu’elles s’accumulent à partir de la petite enfance, en intervenant de façon précoce pour offrir aux enfants à plus faibles revenus des programmes en matière d’enseignement, de santé et de mesures sociales visant à favoriser un développement qui leur permettra en bout de ligne de poursuivre des études posts-econdaires.

Élargir la gamme des choix orientés vers la carrière | Il nous faut disposer au niveau de l’école secondaire d’une plus vaste gamme de solutions de remplacement à la formation postsecondaire, comme des formules d’alternance études-travail, des programmes de formation professionnelle et des programmes de préapprentissage.

Information et orientation | Les jeunes ont besoin de beaucoup de préparation, dont des discussions sur les conditions préalables d’accès aux carrières et des précisions sur les coûts et les rendements véritables associés à la formation postsecondaire, pour pouvoir faire les bons choix en matière de formation scolaire. Il faut que les écoles consacrent des ressources suffisantes à cette fonction importante et qu’elles se préoccupent tout spécialement d’aider ceux qui risquent de ne pas avoir accès à ces informations au foyer.

Politique de frais de scolarité | Les gouvernements devraient envisager sérieusement d’instituer une limite sur la part des recettes que les établissements d’enseignement postsecondaire peuvent se procurer à l’aide des frais de scolarité, tout en maintenant leur part du financement public à un niveau suffisant pour rendre cela possible. Les universités devraient considérer la possibilité d’offrir des garanties de stabilité par programme, en vertu desquelles elles fixeraient les droits de scolarité pour la durée d’un programme donné, de sorte que les étudiants connaîtraient le montant du déboursé total dès le début du programme.

Aide financière | Dans le contexte de la hausse des coûts de l’enseignement postsecondaire absorbée par les étudiants, le système d’aide financière aux étudiants fait moins pour soutenir les étudiants qui ont le plus besoin d’être aidés financièrement. Les gouvernements devraient revoir leur décision d’utiliser davantage les crédits d’impôt en tant que moyen majeur de soutenir l’éducation, et mettre l’accent sur une aide fondée sur les besoins des étudiants – mais ils devraient aussi réévaluer les critères utilisés pour déterminer les besoins, pour faire en sorte que les étudiants à revenus peu élevés reçoivent une plus large part des aides financières. Les gouvernements devraient aussi rechercher des moyens d’aider les étudiants à faibles revenus afin qu’ils évitent d’accumuler de lourds fardeaux d’endettement et prévenir ainsi la situation inéquitable pour eux que représente le désavantage d’un endettement élevé au moment d’accéder au marché du travail après l’obtention de leur diplôme.

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Sources

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Bouffrard, Thérèse., Grégoire, Simon., Veseau, Catole. (2009). “Déterminants de l’adaptation et la persévérance de l’étudiant de première génération”, Université du Québec à Montréal, http://bit.ly/1mSCK3S.

Dion-Viens, D. (2013). “Université: Duchesne veut plus d’étudiants de première génération”, leSoleil, 22 février 2013, http://bit.ly/1lDE0VW.

MESRST (2013). “Programme d’arrimage universités-collèges — Le ministre Pierre Duchesne annonce 5 M$ pour la réalisation de 16 projets en 2013-2014 et un engagement de 15 M$ pour l’an prochain”, Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, 5 septembre 2013, http://bit.ly/1e1Lpyk.

Kamanzi, P. C., Doray, P., Bonin, S., Groleau, A., & Murdoch, J. (2010). “Les étudiants de première génération dans les universités: l’accès et la persévérance aux études au Canada”, Canadian Journal of Higher Education, 40(3), http://bit.ly/1imHzgg (+ http://bit.ly/1h31UK0).

De Broucker, P. (2005). “Accéder aux études postsecondaires et les terminer: la situation des étudiants à faibles revenus”, Ottawa: Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques. Rapport de recherche W, 27, http://bit.ly/1h32kju.

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Références

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Finnie, R., & Mueller, R. E. (2007). “High School Student Characteristics and Access to Post‐Secondary Education in Canada: Evidence from the YITS”, mimeo (August), http://bit.ly/PJHj2m.

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Foley, K. (2001). “Pourquoi arrêter après l’école secondaire?: Analyse descriptive des raisons les plus importantes ayant motivé les diplômés de l’école secondaire à ne pas poursuivre d’études postsecondaires”, Montréal: Fondation canadienne des bourses d’étude du millénaire.

Looker, E. D. (2002). “Why Don’t They Go On?: Factors Affecting the Decisions of Canadian Youth Not to Pursue Post-secondary Education”, Canada Millennium Scholarship Foundation.

 

De l’interdisciplinarité et de la multidisciplinarité, et de la systémique des services de soins de santé en itinétance

La pratique avancée des infirmières praticiennes en psychiatrie/santé mentale, PAIPSM, propose une large gamme de services de soins de santé pour les adultes, les enfants, les adolescents et leurs familles dans les centres de soins primaires (primary care facility), les cliniques externes en santé mentale des hôpitaux, les services d’urgence psychiatrique des hôpitaux, la pratique privée/cabinet privé ou les centres hospitaliers, les prisons, ou en milieu de travail et enfin, les centres communautaires de santé (community health center ou CLSC), et enfin dans les soins infirmiers, et les habitations (domicile des patients, CHSLD, vieillir à la maison, assisted living facilities???).

PAIPSM peut produire des diagnostics, pratiquer la psychothérapie, et prescrire des médicaments, et ce, pour les patients qui ont des troubles psychiatriques, des troubles organiques du cerveau médicaux ou des problèmes de toxicomanie. Ils sont autorisés à fournir des services psychiatriques d’urgence, à produire des évaluations biopsychosociale, psychiatriques et psychologiques, et physiques ainsi que des plans de traitement et à faire gestion globale des soins de santé aux patients. Les modalités de traitement comprennent donc à la fois des médicaments et la gestion psychothérapeutique.

Le rôle des PAIPSM met l’accent sur la recherche, le leadership clinique, l’éducation, la consultation et la pratique clinique d’experts, se concentrant principalement sur les interventions au niveau systémique. Un PAIPSM peut pratiquer de manière autonome dans une grande variété de cadres. Ils peuvent donc servir de consultants ou d’éducateurs pour les familles, les itinérants ainsi que pour le personnel oeuvrant dans le domaine des soins de santé ou des programmes communautaires de santé mentale. Le PAIPSM porte donc une emphase sur le diagnostic psychiatrique, y compris le diagnostic différentiel des troubles médicaux comportant des symptômes psychiatriques, et le traitement pharmacologique des troubles psychiatriques.

Les soins infirmiers psychiatriques (Psychiatric Nursing) ou les soins infirmiers de santé mentale (Mental health Nursing) relève d’une la spécialité des soins infirmiers qui s’occupe essentiellement des personnes de tous âges atteintes de maladie mentale ou de détresse psychologique, comme la schizophrénie, le trouble bipolaire, la psychose, la dépression ou la démence. Les infirmières dans ce domaine reçoivent plus de formation que l’infirmière non spécialisée, notamment, en ce qui concerne les thérapies psychologiques, la construction d’une alliance thérapeutique, la gestion des comportements difficiles, et l’administration de médicaments psychiatriques. L’infirmière enregistrée en psychiatrique (IEP; Registered psychiatric nurse) est une profession distincte dans les quatre provinces le plus à l’Ouest au Canada.

Les soins infirmiers psychiatriques sont reconnus comme une profession distincte de la santé réglementée au Canada et dans d’autres pays. La profession de soins infirmiers psychiatriques dispose d’un Code national de déontologie et des normes de pratique de soins infirmiers psychiatriques. Ces dernières et d’autres Lignes directrices de pratique ou politiques afin de fournir un guide pour les IEP qu’elles soient du domaine clinique, administratif, de l’enseignement ou de la recherche.

Les IEP travaillent dans des environnements cliniques et de traitement difficultueux et dans les environnements de travail en équipe interdisciplinaire. Ils doivent faire preuve en permanence de jugement dans la prise de décisions et la résolution de problèmes afin de relever les défis cliniques et les besoins de soins de santé des patients. Ils doivent posséder d’excellentes compétences interpersonnelles et de communication afin d’être efficace en tant que thérapeutes capables de compassion et d’empathie, et dans l’exercice de tact et de diplomatie, tout en conseillant et en fournissant traitements aux patients. Leur formation universitaire et professionnelle fournit les connaissances et les compétences requises pour ces types de responsabilités.

Les IEP oeuvrent sont sur les lignes de front en travaillant en partenariat en tant que membres clés d’une équipe interdisciplinaire de professionnels de soins de santé ; psychiatres, psychologues, infirmières, ergothérapeutes, travailleurs sociaux, pharmaciens, gestionnaires, organismes communautaires, professionnels de l’application des lois et prestataires de services sociaux. Ils travaillent comme personnel infirmier, gestionnaire, conseillers, spécialistes cliniques, chefs d’équipe, superviseurs, directeurs, directeurs adjoints, professeurs, chercheurs, gestionnaires de cas et consultants dans des centaines de collectivités partout au Canada.

Les IEP en itinérance peuvent ainsi travailler indépendamment ou dans le cadre d’équipe(s) de soins de santé multidisciplinaire [et interdisciplinaire] notamment des psychiatres, médecins, psychologues, travailleurs sociaux, infirmiers. Les IEP sont responsables de l’évaluation, la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des soins aux personnes en situation d’itinérance chronique vivant une ou plusieurs conditions psychiatrique et comorbide. Ils fournissent des données probantes, centrées sur une approche globale du fonctionnement humain, ainsi que sur les besoins spécifiques de la personne, les soins infirmiers sont axés sur le rétablissement des patients et leurs fournisseurs de services de soins de santé mentale.

Éducation et Santé : professionnalisme, professionnalisation, privatisation et marchandisation : est-ce compatible?

L’évolution des sciences de la santé commande l’usage du principe de professionnalisme dans le cadre des activités professionnelles du cadre de l’exercice des professions de la santé. Ainsi le concept de professionnalisme fait l’objet d’une grande préoccupation sur le plan médical, car il en est de la qualité d’une personne qui exerce une profession, une activité avec beaucoup de compétence. Il est également question de professionnalisation, celui de rendre un caractère professionnel à un ensemble d’activités; on parle alors de valorisation, que ce soit chez les infirmières ou les professeurs1.

Depuis la fin des années 1980, il y a eu un changement dans l’opinion des chercheurs en sciences sociales, dont la plupart des commentateurs étant maintenant en faveur du concept de professionnalisme. Une partie des problèmes de la médecine s’explique par le fait qu’elle avait été blâmée pour des déficiences dans le système de soins de santé. Avec l’influence décroissante de la profession sur les politiques publiques, la responsabilité s’est alors déplacée vers les principaux responsables — le gouvernement ou le secteur privé — et le professionnalisme en tant que concept semble être encore une fois des plus respectable.

Le concept de professionnalisme a émergé de manière forte depuis les années 1990, phénomène lié à la menace de l’autonomie professionnelle ainsi qu’à la crise de confiance des patients envers les soignants. Depuis le début du siècle, les professions (c.f. Office des professions du Québec; http://bit.ly/1iJV5Mx) n’ont jamais été aussi important pour le bien-être de la société. Les connaissances et l’expertise professionnelle sont au cœur de la société contemporaine et la manière dont ces professionnelles développent leurs expertises, la manière dont elles sont déployées, par qui elles sont déployées, et à quelles fins, sont autant de problèmes parmi les plus urgents auxquels sont confrontés tous les pays modernes. Simultanément, et historiquement, un grand nombre des caractéristiques les plus distinctives des professions, en particulier leurs privilèges quant à l’autorégulation et à l’autocontrôle, sont écourtées, voire tronquées. Ceci semble vrai même dans des pays comme la Grande-Bretagne, les États-Unis et le Canada, où les professions ont été historiquement plus autonomes et bénéficié du plus grand prestige social.

À ce jour, les efforts déployés par les groupes de professionnels pour répondre à ces menaces semblent révéler la faiblesse d’un appel à une expertise comme la seule base justifiant un contrôle professionnel de services médicaux. L’expertise ne fournit pas beaucoup de leviers pour faire valoir les privilèges professionnels traditionnels face à des appels à une plus grande efficacité, et à la réduction des coûts, l’avènement des services de santé au privé, sans parler des demandes du public pour une attention plus personnalisée (soins personnalisés et adaptés aux besoins spécifiques de la personne) et une aide dans l’usage des technologies complexes et de problèmes sociaux plus pervasif. Ce qui manque à ces moyens de répondre aux défis contemporains est précisément le noyau moral [et éthique2] du professionnalisme: celui du contrat entre le professionnel et la société dans lequel le médecin et le patient sont liés ensemble, au sein d’un plus grand « corps politique » qu’est la société.

Jusqu’à la fin du 20e siècle, tout médecin débutant s’engageait délibérément à respecter le serment d’Hippocrate. Or, l’entrée de l’État dans le marché des soins médicaux, l’évolution des connaissances scientifiques [et donc médicales], sont autant de facteurs qui ont contribué à changer radicalement l’exercice de la médecine.

Au Canada et aux États-Unis, la base sociale de l’extraordinaire concession allouer à l’autorité et à l’indépendance professionnelle de professions « professionnalisées », telles que la médecine, relève d’un contrat social entre la profession et le public.

Le professionnalisme relève donc de la compréhension morale [et éthique] chez les professionnels donnant ainsi une réalité concrète à ce contrat social. Il est basé sur la confiance mutuelle. En échange d’une concession de l’autorité à contrôler les aspects clés de leur pratique et des conditions de travail au moyen de licences et titres de compétences, les professionnels sont tenus de maintenir des normes élevées de compétence et de responsabilité morale [et éthique]. Le travail des professions libérales traditionnelles a longtemps été tenu d’exiger une sphère important de la discrétion dans la pratique individuelle. La profession a donc été conçue pour exiger le plus fort sentiment de dévouement moral [et éthique] de la plupart des professions. Un professionnel n’est pas tenu d’ignorer les considérations matérielles , mais on s’attend à subordonner les gains financiers à des valeurs plus élevées de responsabilité pour les ‘patients’ (ou clients) et à l’intérêt public.

Dans la littérature médicale, W. M. Sullivan est un des premiers instigateurs d’un mouvement d’émergence et parle d’un professionnalisme civique en se référant au dévouement envers la collectivité. De nouvelles études sociologiques en arrivent alors à un changement de paradigme : un système ayant conservé son professionnalisme serait bénéfique pour la société, à la condition que la profession médicale prenne un nouvel engagement à l’égard du professionnalisme.

Il en est donc résulté, depuis les deux dernières décennies, un mouvement général pour que le professionnalisme soit enseigné aux 1er et 2e cycles, et que la connaissance soit transmise aux médecins en exercice. De plus, les organismes de réglementation professionnelle exigent que les programmes de formation et d’enseignement traitent du professionnalisme.

Pour Sullivan, le professionnalisme peut être compris sous un angle moins technique et plus responsable, de manière à englober l’idée de la vocation et de l’engagement envers la communauté. Dans ce cas, la maîtrise de l’expertise technique devra toujours être accompagnée d’un engagement moral [et éthique] envers le bien-être de la communauté à laquelle appartient le professionnel. C’est ce qu’il identifie comme la conception civique du professionnalisme. Encore une fois, cependant, il prend bien soin de souligner qu’on n’attend pas d’un professionnel qu’il ignore les considérations matérielles, mais on s’attend à ce qu’il subordonne le gain financier aux valeurs plus élevées de responsabilités envers le patient et l’intérêt public.

Il appert donc qu’il semble y avoir une fenêtre d’opportunité à redéfinir le contrat entre la médecine à la société. Cette fenêtre existe en raison de l’insatisfaction du public dans la manière dont les gestionnaires non médecins, soit au sein du gouvernement (au Canada, ou au Québec) ou dans le secteur privé (aux États-Unis), gèrent les soins de santé. Le public réclame un retour du professionnalisme médical, avec ses valeurs de base de l’expertise scientifique et de l’altruisme. Toutefois, cela doit être un professionnalisme qui répond aux exigences contemporaines et ceci est compris par, à la fois la profession médicale et la société, parce que beaucoup d’attentes de la société dépendent de la médecine à respecter les obligations qui sont issues des traditions du professionnel. C’est pourquoi une connaissance du travail de Sullivan et d’autres spécialistes des sciences sociales sont si importantes pour le développement des services de soins de santé, et pour les médecins canadiens et québécois.

Le concept de Sullivan de « professionnalisme civique » propose à la médecine un avenir dans lequel les valeurs que nous chérissons deviennent centrales. En outre, les objectifs qu’il propose, y compris l’engagement au service, s’avèrent réalisables. Nous serons en mesure de regarder l’avenir avec une certaine confiance, plutôt que par le pessimisme qui est si souvent articulé dans les débats publics et dans les médias.

Comme les services de soins de santé sont devenus d’une grande importance autant pour les citoyens et qu’à la société, il est devenu essentiel de bien comprendre la relation, ente la médecine à la société afin d’avoir une base pour un dialogue constructif. Au cours de la dernière décennie, les chercheurs des sciences sociales, et des domaines médicaux, juridiques et politiques, et de la santé ont suggéré que le professionnalisme soit à la base de la relation entre médecines et la société, et beaucoup ont qualifié cette relation un contrat social. Cette confiance est justifiée par la profession, à savoir la promesse publique faite par le prestataire de services de toujours faire

précéder les intérêts des personnes servies avant les siens. Cependant, la notion de contrat social en médecine reste vague, et les conséquences de son existence n’ont pas été pleinement explorées.

 

A l’origine, le terme profession signifie littéralement : déclaration publique ayant pour but de faire connaître ouvertement ses opinions, ses sentiments, ses intentions (du latin professio, -onis ). Plus tard, on parlera de profession de foi, à savoir la prononciation des voeux lors de l’entrée en religion. Ensuite, la signification du terme profession s’étendait, pour y inclure le fait de faire profession de « témoigner de son appartenance à, afficher, montrer, se piquer de, se donner comme »… « état, condition, métier ». C’est au cours du 17e siècle que le terme prend la signification relative à une partie de la société attachée à une activité, corps de métier ou ‘en tant que groupe représentant une certaine force sociale.

Certes, l’histoire prouve amplement que de métiers qui prétend être des professions le fait d’abord et avant tout pour défendre leurs propres intérêts, surtout financiers. Or, un métier ne peut simplement pas réclamer un statut professionnel. Le statut doit être accordé par le public, et le public conclura le contrat social nécessaire seulement si le service offert a une importance vitale.

Cependant, une bonne raison pour le public de conclure un contrat social – sans doute la seule bonne raison – c’est sa vulnérabilité existentielle. La vulnérabilité existentielle provient d’un besoin humain important à combler, allié à une dépendance totale envers des experts pour le combler.

Nous aimons penser que nous sommes maîtres de nos propres vies, que nous en déterminons le cours, que nous créons un style, planifions une carrière, façonnons nos corps, faisons progresser nos esprits, choisissons une foi. Mais en réalité nous avons peu de liberté. Nous ne choisissons pas de naître ni ne choisissons où et quand nous naîtrons. Même dans une démocratie, nous avons peu d’influence sur notre gouvernement, mais en dépendons entièrement pour être protégés contre les violences intérieures et extérieures. Nous sommes entourés de dangers pour notre santé qui peuvent frapper à tout moment. Et nous devons tous éventuellement mourir.

Nous pouvons donc définir une profession comme un groupe de prestataires de services experts qui se sont conjointement et publiquement engagés à toujours placer les besoins et les intérêts existentiels du public qu’ils servent au-dessus des leurs et qui, en retour, ont la confiance du public pour ce faire (Welie, 2004, p. 3).

Comme on l’a vu plus tôt, une entente entre une profession qui s’est déclarée publiquement et un public qui lui fait confiance peut être définie comme un contrat social informel et tacite. Le terme « contrat social » est simplement du jargon philosophique, une tentative pour expliquer des structures sociales par analogie aux contrats juridiques conclus entre des personnes.

Les codes de déontologie et les promesses publiques n’entraînent pas automatiquement la sorte de contrat social qui crée véritablement une profession. Inversement, l’absence d’une déclaration ou d’une promesse écrite précisant les devoirs de la profession et les droits du public n’annule pas le contrat social. Pareils documents peuvent l’étayer, mais ils n’en constituent pas un. Ainsi donc, le fait que l’un, mais non l’autre, prête généralement serment en obtenant leurs diplômes ne prouve pas que les premiers sont des professionnels et les seconds ne le sont pas.

Non seulement n’y a-t-il pas de document précisant les conditions du contrat social, mais aussi n’y a-t-il pas de parties nettement identifiables dans le contrat? « Le public » n’est pas une entité qui peut, comme telle, conclure des ententes. Au plus, le public peut conclure des contrats par l’intermédiaire du gouvernement qui le représente, spécifiquement son organe législatif. Inversement, il n’y a aucune entité spécifique qui peut prétendre être une profession.

L’absence de parties nettement identifiables dans le contrat social et l’absence d’une entente écrite qui en précise les conditions signifient que le contrat social entre la profession et la société est dynamique. Il change, croît, mûrit et s’adapte sans arrêt aux circonstances temporelles et locales. Il est toujours ouvert à des débats et à de nouvelles interprétations par les membres de la profession même ainsi que par des membres du public. C’est pourquoi un code de déontologie professionnel qui n’a pas changé depuis 50 ans a peu de mérite.

La profession dans son ensemble et chacun des professionnels doivent continuellement revoir leur propre « profession » et réinterpréter les conditions du contrat social qui en découle avec le public, sinon le contrat se pétrifie lentement. Dans tous les cas, cette entente entre des prestataires de services et le public peut être définie comme un contrat social.

Le professionnalisme trouve son application dans la relation entre le professionnel et la société, car elle forme la pierre angulaire de la confiance entre le patient et le professionnel. Et même si le professionnalisme a été incorporé dans la plupart des facultés [de médecine] de l’Amérique du Nord, il demeure néanmoins difficile à définir parce qu’il véhicule beaucoup de connotations et de significations implicites.

Comme on le constate précédemment, cette définition étymologique des professions remonte à ses origines réelles et est plus restrictive : professio = déclaration, faire profession de. Il est reconnu que les professionnels professent promouvoir les intérêts du public et doivent placer le bien-être du patient avant le leur. Cet altruisme est une obligation à tout vrai professionnel. Certains voien une contradiction entre une activité économique (dont les règles déontologiques suivent l’économie de marché capitaliste égocentrique) ou l’objectif est de maximiser ses profits, et l’activité altruiste, qui par définition, exige une certaine abnégation. Peut-on en conclure qu’une personne ne peut épouser une profession et conserver la liberté morale d’une personne d’affaires?

Le professionnalisme ne tente pas de dicter chaque petit détail du rapport fiduciaire qui existe entre un patient et son médecin, mais trace plutôt les grandes lignes d’un idéal auquel les étudiants, et les professionnels peuvent aspirer tout au long de leur carrière.

La définition juridique apparaît au Québec en 1973 : ???

L’art et la science de la médecine sont très complexes. Après une longue formation et grâce à l’expérience qu’ils acquièrent, les médecins deviennent des experts de la médecine et des guérisseurs.

Par exemple, en ce qui a trait au professionnalisme médical, en 2005, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (CRMCC) a publié une deuxième version du CanMEDS, le cadre de compétences CanMEDS 2005 pour les médecins. Ce cadre de compétences définit un professionnel de la façon suivante : « Comme professionnels, les médecins sont voués à la santé et au mieux-être de la personne et de la société, à la pratique respectueuse de l’éthique, à l’autoréglementation de la profession et aux critères rigoureux de comportement personnels ».

Le professionnalisme est la base du contrat dit social entre la profession et la société. Elle exige de placer les intérêts des patients au-dessus de ceux du professionnel, l’établissement et le maintien de normes de compétence et d’intégrité élevé, et de fournir des conseils d’expert à la société sur les questions relatif à leurs domaines. Les principes et les responsabilités du professionnalisme doivent être clairement compris par la profession et la société. Essentiellement de ce contrat est la confiance du public en les médecins, qui dépend de l’intégrité d’à la fois les médecins individuellement et l’ensemble de la profession.

À l’heure actuelle, en santé, la profession médicale est confrontée à l’explosion des technologies, à l’évolution des forces du marché privée, les problèmes [corporatiste, le syndicaliste, organisationnels, structurels, et de gouvernances] dans la prestation des soins de santé, le bioterrorisme et la mondialisation. En conséquence, les médecins trouvent parfois qu’il est de plus en plus difficile d’assumer leurs responsabilités, et ce, envers les patients et la société. Dans ces circonstances, la réaffirmation des principes et des valeurs du professionnalisme médical fondamentales et universelles, qui restent des idéaux poursuivis par tous les médecins, devient d’autant plus importante. En effet, la profession médicale doit composer avec les forces politiques, juridiques et de marché privé, tous complexes. En outre, il existe certaines variations dans la prestation des services de soins de santé, et la pratique médicale à travers lequel tous les principes généraux peuvent être exprimés à la fois en terme de complexité et de subtilité (pervasiveness). Malgré ces différences, les thèmes communs émergent.

Cependant, ni les incitations économiques, ni la technologie, ni le contrôle administratif ne se sont avérés un substitut efficace quant à l’engagement à l’intégrité évoqué dans l’idéal de professionnalisme (Sullivan, 1995). La pratique de la médecine est un art, pas un métier, une vocation, pas une entreprise: un appel dans lequel votre cœur sera exercé à égalité avec la tête.

Le professionnalisme médical comprend à la fois la relation entre un médecin et un patient et un contrat social entre les médecins et la société. La profession médicale se caractérise par un engagement ferme envers le mieux-être des patients, des normes morales élevées, la maîtrise d’un corpus toujours plus imposant de connaissances et de compétences et une grande autonomie clinique. Le dévouement (altruisme) et l’engagement (professionnalisme) envers le mieux-être d’autrui sont manifestement dans l’intérêt des patients, qui en sont les premiers bénéficiaires.

Ainsi le professionnel s’investit donc à divers engagements : 1- l’engagement à la compétence professionnelle; 2— l’engagement à l’honnêteté envers le patient; 3— l’engagement à la confidentialité du patient; 4— l’engagement de maintenir des relations appropriées avec le client; 5— l’engagement d’amélioration continue de la qualité des soins; 6— l’engagement à l’amélioration de l’accès aux services de soins de santé; 7— l’engagement à la distribution équitable de ressources toujours fini; 8— l’engagement à la pensée et à la connaissance scientifique; 9— l’engagement à maintenir la confiance dans la gestion des conflits d’intérêts; 10— l’engagement aux responsabilités professionnelles.

Le contrat social accorde des privilèges à la profession, y compris la responsabilité exclusive ou première de la prestation de certains services et un grand degré d’autoréglementation. En contrepartie, la profession convient d’utiliser ces privilèges principalement au bénéfice d’autrui et, accessoirement seulement, à son propre avantage. Trois des principales caractéristiques du professionnalisme médical – l’éthique du service, l’autonomie clinique et l’autoréglementation – sont bénéfiques pour la société. L’éthique du service relève de : la compassion, la bienveillance, la non-malfaisance, le respect de la personne et la justice qui en sont les valeurs caractéristiques (Code de déontologie de l’AMC).

Le professionnalisme est un idéal à la base du contrat social entre une personne et la société. Cet idéal vise la protection du public par une garantie de la compétence et l’engagement du professionnel envers la personne le consultant. En d’autres termes, le professionnalisme « […] englobe une série d’attitudes, d’aptitudes et de comportements, de qualités et de valeurs auxquels on s’attend de la part de ceux et celles à qui la société a accordé le privilège d’être considéré comme professionnels ».

Distinguons entre un professionnel, qui est un statut obtenu, et le professionnalisme, qui est un état de fait. Soulignons également que l’éthique professionnelle, grosso modo, est un synonyme de professionnalisme. Le professionnalisme, c’est l’équilibre entre le savoir (connaissances), le savoir-faire (expérience) et le savoir-être (comportement).

Le point de départ de toute éthique professionnelle est l’obligation de mériter la confiance que le public accorde à la profession, à l’ensemble et à chacun de ses membres.

Il est toutefois possible que l’intérêt personnel prévale sur le service au public ainsi que l’autonomie clinique et pourrait occasionner des variantes dans les modalités de traitement.

Ainsi, le porte-parole de l’Association dentaire canadienne (ADC), le Dr John O’Keefe (O’Keefe, 2002), traitait d’un document de travail de l’Association médicale canadienne (AMC) intitulé « Le professionnalisme en médecine ». L’article se réfère au mercantilisme et au consumérisme. Le document soulignait les embûches au professionnalisme, surtout en ce qui a trait au maintien de l’autorégulation. L’intérêt personnel prévaudrait sur le service au public et l’autonomie clinique pourrait ainsi occasionner des variantes dans les modalités de traitement.

Le public aurait donc perdu confiance en certaines professions. Dans la même ligne de pensée, et sur le plan international, est née une Charte du professionnalisme médical. Les responsabilités définies dans la Charte décrivent les engagements envers la compétence, les connaissances scientifiques, le secret professionnel et l’amélioration de la qualité des soins et de leur accès. On y souligne que l’engagement de la médecine envers le bien-être des patients est menacé. Il faut, disent les auteurs, renouveler le professionnalisme, qui est vu comme la base du contrat conclu par la profession avec la société. Les principaux éléments de cet idéal sont que le professionnel place les intérêts des patients en premier lieu et que les normes de compétence et d’intégrité soient respectées. Les responsabilités définies dans la Charte décrivent les engagements envers la compétence, les connaissances scientifiques, le secret professionnel et l’amélioration de la qualité des soins et de leur accès.

Le Dr O’Keefe termine en déclarant que ces mêmes responsabilités échouent à la médecine dentaire et met ’accent sur le professionnalisme comme priorité pour cette même profession.

Dans un énoncé paru dans The Journal of the American Dental Association (JADC), le Dr Gordon Christensen, autorité bien connue de la profession, fait part des résultats d’un sondage Gallup concernant l’honnêteté et l’éthique au sein des professions aux États-Unis. Le Dr Gordon Christensen évoque certaines raisons liées à ce changement : 1- L’apparition de la publicité dans les médias de masse; 2— Les articles et publicités dans les publications dentaires vantant des revenus astronomiques d’un million de dollars et plus par an. Le revenu ne devrait pas être l’indice de succès, mais la qualité des services. La profession existe pour servir le public et non soi-même; 3— L’élaboration de plans de traitement excessifs, sans présenter aux patients d’autres options réalisables. Si ces distinctions ne sont pas exposées, le patient aura des doutes sur l’éthique du soignant; 4— L’élaboration de plans de traitement excessifs, sans présenter aux patients d’autres options réalisables. Si ces distinctions ne sont pas exposées, le patient aura des doutes sur l’éthique du soignant; 5— Il est inconcevable et non professionnel que des services d’urgence soient inaccessibles; 6— Si un traitement fait défaut prématurément, il devrait y avoir négociation sur la responsabilité plutôt que de refuser toute responsabilité. Le Dr Christensen concluait : La réputation de notre profession se détériore par suite de facteurs négatifs, tels que décrits. Ces facteurs sont facilement identifiables. Il est grand temps d’améliorer os services vis-à-vis des patients et de contrôler cette orientation lucrative de quelques-uns de nos collègues.

Dans un article paru dans la revue internationale francophone d’éducation médicale, Pédagogie Médicale, les Drs Richard et Sylvia Cruess relataient : « […] la plupart des observateurs s’accordent à reconnaître que les trois principales causes de la perte de confiance en la profession médicale sont la perception d’une baisse du niveau d’altruisme chez les médecins, l’incapacité de s’autoréguler de la part de certains médecins et de leurs corps représentatifs et enfin le comportement de certaines associations professionnelles. Tandis que l’altruisme est affaire de responsabilité individuelle, l’autorégulation et les interventions des corps représentatifs sont des responsabilités collectives qui doivent être assumées par les médecins en exercice. S’ils ne le font pas, le privilège de l’autorégulation pourrait être restreint ou même leur être retiré ».

Les besoins des patients doivent passer avant ceux des praticiens. Contandriopoulos souligne que la confiance du malade dans les compétences et la conscience de son médecin est le fondement du professionnalisme. Cette confiance s’établit sur la qualité de la formation et sur l’éthique des médecins, et il s’empresse de signaler que cette formation a besoin d’être repensée.

L’aspect commercial rattaché à la pratique de la médecine dentaire est aujourd’hui évident. Malheureusement, depuis l’ouverture de la publicité en faveur de l’économie de marché, ce mercantilisme a eu tendance à s’accentuer au détriment du professionnalisme. Certains points devraient être réévalués afin de regagner la crédibilité et la confiance nécessaires à tout soignant.

Ainsi donc, le professionnalisme désigne la compréhension morale [et éthique] sous-jacente au contrat social entre une profession et le grand public. Par exemple, les médecins, les dentistes, ont toujours accepté ce prestige avec fierté et un sentiment de responsabilité de s’acquitter des obligations inhérentes. Or, les changements continus dans notre système de santé rendent-ils encore de plus en plus difficile pour les médecins [ou d’autres professionnels] de s’en acquitter?

On constate cependant que plusieurs professions de la santé et, en premier lieu la médecine dentaire accusent un certain retard, particulièrement au niveau de la formation universitaire de 1er cycle. Provoquer la réflexion éthique individuelle pour arriver à une éthique collective exigera des changements majeurs au chapitre de la formation universitaire, en mettant l’accent davantage sur les grands principes socio-philosophiques plutôt que sur l’aspect purement technique de la profession [médicale, dentaire, voir même éducation, etc.]. La formation des maîtres, par leur sélection, devra être repensée afin de transmettre en tant que mentors les principes du professionnalisme aux futurs.

L’écart actuel entre la « haute estime » du public pour les professionnelles [dont les médecins] et l’appui de notre système au travail des médecins, semble être devenu un gouffre dans lequel de nombreux attributs du professionnalisme pourraient s’engouffrer. Par exemple, les confrontations répétées avec le gouvernement ont forcé les associations médicales à adopter une mentalité patronale-syndicale (corporatives) et les médecins à prendre part à des moyens de pression indignes de professionnels. Les pénuries de médecins, créées par une planification médiocre des ressources humaines, se sont traduites par une désorganisation des fonctions et des charges de travail.

Les récentes mesures de réforme de la santé [et celle proposée par les partis actuellement en période d’élections] permettent un peu d’espérer que l’accès aux soins sera amélioré (GMF).