Le risque iatrogène est souvent sous-évalué et entraîne des couts indus au système de santé et des problèmes de santé indésirables chez les patients

Le terme « iatrogène » est relatif à un effet indésirable provoqué par un médecin ou un traitement médical. Ainsi, l’hospitalisation due à une maladie ou un dérangement iatrogène font-ils l’objet de sanctions envers le médecin prescripteur?

La « iatrogénèse » relève de l’ensemble des conséquences néfastes sur l’état de santé individuel ou collectif de tout acte ou mesure pratiquée ou prescrite par un professionnel de santé habilité et qui vise à préserver, améliorer ou rétablir la santé.

La notion est donc très générale, qualifiant un trouble ou un effet non souhaitable consécutif : à l’intervention d’un médecin ou autre professionnel de la santé qu’il y ait ou non erreur de traitement; ou à l’utilisation d’un médicament, qu’elle corresponde ou non à son indication habituelle.

Il y a donc surmultiplication de conséquences néfastes à partir d’une seule entrevue chez un professionnel de la santé visant originellement à résoudre une problématique de santé. Il y a également surmultiplication d’entrevues médicales comme suite aux conséquences néfastes et indésirables d’une médication. Cela entraîne une surcharge de système de santé et de couts afférents aux risques « iatrogène » inutiles qui pourraient être évités.

Rappelons qu’une maladie, un état, un effet secondaire, etc. sont iatrogènes lorsqu’ils sont occasionnés par un traitement médical. En grec, le mot signifie littéralement « provoquer par le médecin » (iatros : médecin; génès : qui est engendré), ou par d’autres professionnels de la santé, par exemple par un pharmacien, ou un dentiste.

Lorsque le patient est ignoré, cela engendre une crainte ou une anxiété et une perte de confiance aux professionnels de la santé. Il peut donc également ignorer les ordonnances.

La iatrogénèse (auparavant nommée iatrogénie) médicamenteuse s’avère particulièrement courante dans le domaine de la maladie mentale et de la santé mentale. Tout médicament a des effets bénéfiques, mais aussi des effets indésirables. Ils peuvent provenir du médicament lui-même, de son association avec un autre médicament, de son incompatibilité avec le malade ou d’une erreur de prise.

La réduction du risque iatrogène doit être définie comme une priorité dans la réduction des coûts du système de santé. Elle peut même entraîner le décès ou l’hospitalisation du patient. Les personnes vulnérables et les personnes agées seraient plus a risque d’une iatrogénie médicamenteuse.

Au niveau du particulier, il faut respecter l’ordonnance à la lettre (horaires de prise, dosage, durée du traitement) et informer tous les médecins consultés des médicaments que l’on prend. Mais cette approche est souvent insuffisante, car par exemple le médecin à l’origine de la prescription n’est pas toujours informé des autres médicaments pris par le patient, ni des nombreuses interactions entre les médicaments. Le pharmacien qui connaît son patient et ses habitudes en matière de médicaments, ou qui constate que des médicaments sur une ou plusieurs ordonnances sont incompatibles entre eux, peut jouer un rôle considérable pour éviter de telles interactions néfastes entre médicaments.

Or, une approche systémique s’avère nécessaire. En effet, il est nécessaire d’appréhender la question sous l’angle systémique, car on imputerait, à l’hôpital, plus de 80 % des causes profondes des événements indésirables à l’organisation hospitalière. Dans tous les cas, tous les professionnels de la santé qui prescrivent des médicaments se doivent d’être au courant de l’historique des ordonnances, puisque la prescription est un acte en lui même, qui entraîne des couts.

La iatrogénèse reste en grande partie évitable et la maîtrise du risque s’inscrit à la fois dans le domaine de la qualité des soins et dans celui de la sécurité des soins de santé.

L’ostracisme en milieu de travail serait plus pénible que le harcèlement!!!

Être ignorées, exclues, ou négliger au travail inflige plus de dégâts sur notre santé physique et mentale que le fait d’être harcelé, selon ce que montre une nouvelle étude.

Des chercheurs canadiens ont constaté que tandis que la plupart des gens considèrent l’ostracisme au travail plus bénin que le harcèlement, cette exclusion est en fait plus susceptible de stimuler l’insatisfaction au travail, les problèmes de santé, et les démissions. L’équipe de recherche à théoriser que l’ostracisme est une expérience plus commune au travail que le harcèlement,et on voulait alors voir comment les employés perçoivent ces conditions.

L’équipe a donc mené une enquête en ligne sur Internet de travailleurs américains à partir d’un éventail d’industries. On a présenté aux participants une série de comportements et on les a invités à évaluer chacun d’eux. Plus précisément, on leur a demandé si chacun des comportements leur semblait socialement inapproprié et psychologiquement préjudiciable. Ils ont également évalué la mesure avec laquelle chaque action serait officiellement punie dans leur lieu de travail.

Les participants ont systématiquement évalué des actions telles que : « l’action de ne pas tenir compte d’autrui » ou « l’action de ne pas prêter attention à autrui », l’action d’exclusion, l’action d’entretenir un point de vue défavorable sur autrui, et l’action d’empêchement (prohibited); plutôt que les actions telles que : l’action de dénigrer, l’action de taquiner, ou l’action de commérer.

On est moins susceptible d’être vu comme une mauvaise personne lorsque l’on ignore ou l’on exclut autrui que lorsque l’on insulte ouvertement, l’on crie, ou que l’on menace. En outre, on est moins susceptible d’être remarquée ou déclarée pour « l’ostracisation » d’autrui et on peut plus facilement faire valoir un manque d’intention (par exemple, être trop occupé pour répondre, en oubliant d’inclure une personne) ».

Ensuite, les chercheurs ont mené une autre enquête sur 1300 travailleurs à temps plein, en leur demandant d’évaluer dans quelle mesure ils avaient vécu certaines formes de traitement, allant de l’évitement à la menace de violence. Les participants ont également évalué leur sentiment d’appartenance, le bien-être personnel, et les attitudes au sein de leurs lieux de travail.

Comme ils ont prédit, l’ostracisme fut une expérience plus commune que l’était le harcèlement. Plus de 70% des répondants ont dit qu’ils avaient subi une forme d’exclusion dans les six mois précédents, alors que seulement 48% ont déclaré avoir été victime de harcèlement ou d’intimidation au cours de cette période. Qui plus est, l’ostracisme était plus susceptible d’éteindre le sentiment d’appartenance des personnes et de leur implication envers l’organisation et l’engagement par rapport au harcèlement.

Les chercheurs ont également pris une enquête sur l’emploi faite par une université canadienne qui comprenait les informations sur le sentiment d’isolement et le harcèlement au travail et ont comparé le taux de roulement trois ans après que l’enquête avait été menée. Ils ont constaté que, par rapport aux victimes de harcèlement, les personnes qui ont déclaré se sentir mis à l’écart étaient significativement plus susceptibles d’avoir souffert de problèmes de santé et d’avoir finalement quitté leur emploi.

Les chercheurs ne cherchent en aucune façon à minimiser les dommages psychologiques créés par le harcèlement au travail. Mais ils affirment que les gestionnaires devraient se concentrer sur la prévention de l’ostracisme dans la même mesure qu’ils se battent contre les formes les plus manifestes de mauvais traitements capturés par le harcèlement.

Non seulement, l’impact de l’ostracisme ne semble donc pas être unique, mais plus fort, que l’impact du harcèlement.

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sources

  1.  http://www.psychologicalscience.org/index.php/news/minds-business/workplace-ostracism-more-distressing-than-harassment.html

 

De la pensée stratégique

La prise de conscience du public à la santé cognitive (cognitive health) est relativement récente par rapport à la santé physique. De plus en plus de preuves suggèrent que l’entrainement cognitif (cognitive training) semble assez prometteur quant aux possibilités de « l’augmentation » des performances cognitives du cerveau chez les populations normales et cliniques. Le ciblage des fonctions cognitives d’ordre supérieur, comme le raisonnement, en particulier, peut notamment favoriser certains changements cognitifs généralisés nécessaires faire face aux complexités de la vie quotidienne. Par exemple, des chercheurs de L’UCLA[6,7,8,9] ont constaté que les personnes âgées qui ont régulièrement fait usage d’un logiciel de remise en forme du cerveau sur un ordinateur ont démontré une amélioration significative des compétences mnésiques (ou de la mémoire) et du langage. D’autres chercheurs ont précédemment constaté qu’un entrainement pouvait améliorer la mémoire et augmenter l’activité du cerveau souffrant d’une légère déficience cognitive[10,11].

L’entrainement cognitif basé sur la stratégie (strategy-based cognitive training) a le potentiel d’améliorer la performance cognitive et effectivement avoir de réels avantages dans la vie courante selon un article de perspective axée sur les données (data-driven perspective article) par le Center for BrainHealth at The University of Texas at Dallas publiée dans la revue à accès ouvert Frontiers in Systems Neuroscience. La perspective fondée sur la recherche (research-based perspective) met en évidence des changements neuronaux, cognitifs, ainsi que dans la vie courante et ont été mesurés lors d’essais cliniques randomisés (randomized clinical trials) qui ont comparé le « gist-reasoning strategy-training » à l’entrainement de la mémoire chez les populations allant d’adolescents aux adultes plus âgées en bonne santé, aux personnes souffrant de lésions cérébrales, à ceux à risque de la maladie d’Alzheimer.

Notre cerveau est câblé pour être inspiré. L’une des principales différences de nos études[1,2,3,4] par rapport à d’autres recherches interventionnelles (interventional research) visant à améliorer les capacités cognitives, c’est que nous n’avons pas mis l’accent sur les fonctions cognitives spécifiques tels que la vitesse de traitement, la mémoire, ou l’apprentissage de nouvelles compétences isolées (isolated new skills). Au lieu de cela, le programme d’entrainement au « gist reasoning training program » encourage l’usage d’un ensemble commun de stratégies de réflexion multidimensionnelles pour synthétiser de l’information et l’élimination d’habitude toxiques qui nuisent à la l’efficacité des performances du cerveau.

L’entrainement à travers les études a été court, allant de 8 à 12 séances offertes sur un à deux mois en périodes de 45 à 60 minutes. Le protocole a porté sur trois stratégies cognitives — l’attention stratégique (strategic attention), le raisonnement intégré (integrated reasoning) et l’innovation. Ces stratégies sont de nature hiérarchique et peuvent être largement appliquées à la plupart des activités mentales journalières les plus complexes[5].

Au niveau de base, les participants de la recherche ont été encouragés à filtrer l’information concurrente qui n’est pas pertinente et à se concentrer uniquement sur des informations importantes. Aux niveaux plus avancés, les participants ont été invités, par exemple, à produire des interprétations, des thèmes ou des déclarations générales à partir d’informations dont ils avaient besoin ou dont ils désiraient lire. Chaque nouvelle stratégie est construite à partir des stratégies précédentes et les participants de la recherche ont été mis au défi d’intégrer toutes les étapes alors qu’ils abordaient les activités mentales, et ce, à la fois pendant les entrainements, et à l’extérieur des périodes d’entrainements.

On note ainsi certains bénéfices cognitifs qui ont été documentés dans les domaines d’entrainement tels que l’abstraction, le raisonnement et l’innovation. Et les bénéfices ont également débordé dans des domaines qui n’ont pas été entrainés, tels que la mémoire des faits, la planification et la résolution de problèmes. Ce qui est intéressant à propos de cette étude, c’est que lors les essais randomisés comparant le « gist-reasoning strategy-training » à l’entrainement de la mémoire, nous avons constaté que ce n’était pas d’apprendre de nouvelles informations qui engageait les réseaux cérébraux répandus et qui élevait les performances cognitives, mais plutôt le traitement plus profond de l’information et l’usage de ces informations de nouvelles manières qui « augmente » effectivement les performances du cerveau (essentiellement, se dépassé).

Le renforcement de la capacité intellectuelle n’est pas une science-fiction; ce qui semblait improbable est maintenant dans le domaine de la réalité.

Les changements physiques positifs au sein du cerveau et l’amélioration cognitive entre les populations en réponse à l’entraînement mental basé sur la stratégie (strategy-based mental training) démontrent le potentiel de la neuro-regénératif du cerveau.

La capacité à reconnaître, à synthétiser et à créer « l’essence » des idées complexes et des problèmes complexes à résoudres relèvent de compétences fondamentales pour la réussite scolaire, professionnelle et dans la vie courante. La capacité à améliorer la santé de la cognition et des réseaux neuronaux complexes, après une blessure ou un diagnostic d’une condition aura des implications majeures pour la prévention, le diagnostique et le traitement du déclin cognitif et de l’amélioration des performances cognitives chez les jeunes afin de les préparer à un avenir inconnu, et et chez les personnes plus âgées qui veulent rester mentalement robuste.

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sources

  1. Medical Xpress (2014, April 28) “Research shows strategic thinking strengthens intellectual capacity”, http://medicalxpress.com/news/2014-04-strategic-intellectual-capacity.html
  2. Center for BrainHealth. (2014, April 28). “Strategic thinking strengthens intellectual capacity. ScienceDaily“, Retrieved May 1, 2014 from http://www.sciencedaily.com/releases/2014/04/140428094259.htm
  3. Sandra B. Chapman, Raksha A. Mudar. “Enhancement of cognitive and neural functions through complex reasoning training: evidence from normal and clinical populations”, Frontiers in Systems Neuroscience, 2014;8, DOI:10.3389/fnsys.2014.00069
  4. (2014, April 28) “BrainHealth Research Shows Strategic Thinking Strengthens Intellectual Capacity”, The University of Texas at Dallas, Center for Brain Health.

références

  1. Chapman, S. B., Aslan, S., Spence, J. S., Hart, J. J., Bartz, E. K., Didehbani, N., … & Lu, H. (2013). Neural mechanisms of brain plasticity with complex cognitive training in healthy seniors. Cerebral Cortex, bht234, http://cercor.oxfordjournals.org/content/early/2013/08/21/cercor.bht234.full.pdf+html?sid=4dca13a4-3470-4076-bc51-dfdc121de7be.
  2. Champeau, R. (2013, June 25). “Memory improves for older adults using computerized brain-fitness program“, UCLA research alert – Academics & Faculty, UCLA Newsroom, http://newsroom.ucla.edu/releases/memory-improves-for-older-adults-246978
  3. Miller, K. J., Dye, R. V., Kim, J., Jennings, J. L., O’Toole, E., Wong, J., & Siddarth, P. (2013). Effect of a computerized brain exercise program on cognitive performance in older adults. The American journal of geriatric psychiatry: official journal of the American Association for Geriatric Psychiatry, 21(7), 655-663, http://europepmc.org/abstract/MED/23602310 (+ http://www.ajgponline.org/article/S1064-7481%2813%2900117-6/abstract).
  4. Karen J. Miller, Richelin V. Dye, Jeanne Kim, Julia L. Jennings, Elizabeth O’Toole, Julie Wong, Prabha Siddarth. Effect of a Computerized Brain Exercise Program on Cognitive Performance in Older Adults. The American Journal of Geriatric Psychiatry, 2013; 21 (7): 655 DOI: 10.1016/j.jagp.2013.01.077
  5. University of California – Los Angeles Health Sciences. (2013, June 25). Memory improves for older adults using computerized brain-fitness program. ScienceDaily. Retrieved May 1, 2014 from http://www.sciencedaily.com/releases/2013/06/130625172352.htm
  6. Benjamin M. Hampstead, Anthony Y. Stringer, Randall F. Stilla, Michelle Giddens, K. Sathian. Mnemonic strategy training partially restores hippocampal activity in patients with mild cognitive impairment. Hippocampus, 2012; DOI: 10.1002/hipo.22006
  7. Emory University. (2012, March 1). Training can improve memory and increase brain activity in mild cognitive impairment. ScienceDaily. Retrieved May 1, 2014 from http://www.sciencedaily.com/releases/2012/03/120301180950.htm

Près d’un adulte canadien sur trois rapporte avoir vécu de l’abus durant l’enfance

Une nouvelle étude qui donne à réfléchir constate que près d’un tiers des adultes au Canada a vécu de l’abus sous forme de maltraitance et de violence durant l’enfance au sein de leur foyer.

Ainsi, l’abus peut prendre plusieurs formes, notamment les sévices, les sévices sexuels, ou l’exposition à la violence conjugale (parents, beaux-parents, ou tuteurs).

En outre, tel que publié dans le Journal de l’Association médicale canadienne — JAMC (Canadian Medical Association Journal – CMAJ), les enquêteurs ont constaté que la maltraitance des enfants est liée à des troubles mentaux et des idées suicidaires (idéation) ou des tentatives de suicide.

Du point de vue de la santé publique, ces résultats mettent en évidence l’urgent besoin de faire de la prévention de la maltraitance des enfants une priorité au Canada.

Bien que le lien entre la maltraitance des enfants et la santé mentale soit déjà connu, on note cependant qu’au Canada, un déficit d’études et de recherches ressent, fournissant les informations les plus complètes sur la prévalence du phénomène de la maltraitance des enfants et du lien entre les différents types de violence et les troubles mentaux chez les adultes.

Ce présent recensement est la première étude représentative à l’échelle nationale de la maltraitance des enfants et des troubles mentaux au Canada. Les chercheurs ont examiné les données de 23 395 personnes, et ce, provenant de partout au Canada, qui ont participé à l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes : santé mentale, 2012 (2012 Canadian Community Health Survey: Mental Health)[a,b].

Les participants étaient âgés de 18 ans ou plus et étaient représentatifs de personnes vivant dans les 10 provinces. L’étude a exclu les résidents des trois territoires, les résidents des communautés autochtones, les membres à temps plein des Forces canadiennes et les personnes vivant au sein d’institutions.

Ainsi, selon l’étude, 32 % des adultes canadiens ont connu de la maltraitance, notamment la violence physique qui est la plus courante (26 %), suivie de la violence sexuelle (10 %), et l’exposition à la violence conjugale (8 %).

Les hommes étaient plus susceptibles d’avoir été victimes de violence physique (31 % contre 21 % chez les femmes) et d’avoir un taux d’abus plus élevé (34 % contre 30 %). Les sévices sexuels étaient plus fréquents chez les femmes (14 % contre 6 % des hommes), de même que pour l’exposition à la violence conjugale (9 % contre 7 %) que les enfants.

Les personnes entre 35 et 64 ans étaient plus susceptibles que ceux âgés de 18 à 34 ans de déclarer avoir été maltraitées dans l’enfance.

Tous les trois types de violence envers les enfants ont été associés à tous les types de troubles mentaux diagnostiqués par entrevue, les conditions mentales autodéclarées, les idées suicidaires [pensées de suicide], et les tentatives de suicide dans les modèles d’ajustement pour les variables sociodémographiques » écrivent les auteurs.

L’abus de drogues ou de dépendance, des pensées suicidaires et tentatives de suicide sont restées associées à tous les types de violence envers les enfants, malgré l’usage de modèles les plus adaptés (ou ajusté).

Le type le moins grave de violence physique (les gifles au visage, à la tête ou aux oreilles, les coups ou les fessées avec un objet de dur comme la strappe ou le bâton) a montré une forte association avec toutes les conditions mentales dans les modèles ajustés en fonction des variables sociodémographiques.

L’exposition à plus d’un type de violence augmente les chances d’avoir une condition mentale. Les provinces de l’ouest du Canada ont enregistré les taux de maltraitance des enfants les plus élevés, avec le Manitoba en premier (40 %), suivie de la Colombie-Britannique et de l’Alberta (36 %). Terre-Neuve et le Labrador ont enregistré les taux de violence les plus bas, soit à 21 %. Le Québec se situe autour de 32 % des enfants qui ont vécu une forme ou une autre de maltraitance de l’étude.

Tous les fournisseurs de soins de santé se doivent d’être conscients de la relation entre les types spécifiques de violence envers les enfants et certains troubles mentaux. Les cliniciens qui travaillent dans le domaine de la santé mentale doivent être suffisamment qualifiés pour évaluer les patients exposer à la violence et doivent comprendre les implications pour le traitement.

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Les associations entre la maltraitance des enfants et le déficit de l’attention, les idéations suicidaires et les tentatives de suicide ont montré de plus forts effets chez les femmes que les hommes.

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sources

  1. Nauert, R. (2014). Nearly 1 in 3 Canadian Adults Reports Abuse. Psych Central. Retrieved on April 23, 2014, from http://psychcentral.com/news/2014/04/23/nearly-1-in-3-canadian-adults-reports-abuse/68875.html

  2. Afifi, T. O., et coll. (2014, April 22)”Child abuse and mental disorders in Canada”, Early Access, CMAJ 2014. DOI:10.1503/cmaj.131792, http://www.cmaj.ca/content/early/2014/04/22/cmaj.131792.full.pdf (+ http://bit.ly/1icduEe).

références

  1. Canadian Community Health Survey: Mental Health, 2012 – http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/130918/dq130918a-eng.htm

  2. Canadian Community Health Survey – Mental Health (CCHS), 2012 – http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV.pl?Function=getSurvey&SDDS=5015

  3. Leung, M. (2014, April 22), “One in three Canadian adults has experienced child abuse: study”, CTV News Canada, http://www.ctvnews.ca/health/one-in-three-canadian-adults-has-experienced-child-abuse-study-1.1786838

  4. Branswell, H. (2014, April 22). “1 In 3 Canadian Adults Have Suffered Child Abuse, New Study Suggests”, http://www.huffingtonpost.ca/2014/04/22/child-abuse-canada_n_5192339.html

[DRAFT] Une ardoise pas si vierge : Qu’est-ce que les enfants comprennent sur le monde social? Plus que vous ne le pensez!!!

La capacité à évaluer d’autres personnes est essentiel pour naviguer dans le monde social. Les humains doivent être en mesure d’évaluer les actions et les intentions des gens autour d’eux, et de prendre des décisions précises sur qui est ami et qui est ennemi (ou adversaire), et qui est un partenaire social approprié et qui ne l’est pas. En effet, tous les animaux sociaux bénéficient de cette capacité d’identifier les individus congénères qui peuvent aider, et distinguer ces personnes des autres qui peuvent leur nuire.

Les adultes humains évalue rapidement et automatiquement les personnes sur la base de caractéristiques physiques et comportementementales, mais les origines ontogénétique et le développement de cette capacité restent encore mal comprises.

La réussite de l’existence des adultes humains dans le monde social repose sur essentiellement sur la capacité d’évaluer autrui. Nous devons être en mesure de faire la distinction entre les personnes de confiance des personnes peu fiables, et d’identifier qui est susceptible d’être aidant, de qui ne l’est pas – ceux qui pourrait valoir la peine d’être approcher et ceux qu’il vaut mieux éviter. Ces jugements sont informés en partie, par les comportements d’autrui – nous avons tendance à juger positivement ceux dont les actions envers les autres ont un caractère sociable et serviable, et à juger négativement ceux dont les actions sont nuisibles ou antisocial en nature. En supposant [ou en attribuant] que les actions sociales d’autrui sont motivés par des traits de personnalité sous-jacents et durables qui continueront à influencer leur comportement de la personne au fil du temps, nous pouvons alors produire des jugements sur qui sera probablement un bon ou mauvais partenaire social (social partner).

Il est question de l’évaluation et du jugement social.

Les nouveau-nés ont une réputation à défendre : ils sont reconnus pour manger, dormir, et être que de véritables machines à souiller des couches. Souvent considérés, et déconsidérés, comme une « page blanche », les nouveau-nés auraient beaucoup à apprendre. Les gens ont ainsi acquis l’habitude de penser, et de croire que les capacités cognitives des nourrissons étaient sévèrement limitées. Or, les outils et les recherches les plus récentes ont vraiment peint un portrait de la réalité totalement différente.

Pourtant, eux aussi ont beaucoup à nous apprendre. Ainsi, alors même que les scientifiques explorent ce qui se passe dans leurs adorables minuscules têtes, les chercheurs ont remarqué que les bébés présentaient une surprenante richesse quant à la compréhension du monde sociale autour d’eux.

Pour la plus grande partie du 20e siècle, les manuels de psychologie du développement enseignaient qu’il fallait des années pour que les enfants saisissent les concepts « socio-moraux » (social-moral concept) tels que l’équité et l’altruisme. Ces études, cependant, rencontraient de sérieuses limitations : Ils relevaient principalement d’entretiens avec les enfants et ne pouvaient donc ainsi ne rien révéler sur les nourrissons, les poupons ou les tout-petits pré-verbaux avec un lexique limité.

Un tournant s’est produit lors des années 1980, lorsque Renée Baillargeon PhD, et directrice du Cognition Laboratory at the University of Illinois at Urbana-Champaign, et ses collègues, ont développé une méthode pour tester la compréhension des bébés au sujet des objets et des événements de leur environnement autour d’eux. La technique est fondée sur la constatation que les bébés regardent « mesurablement » plus longtemps lors d’événements qui défient leurs attentes.

Cette équipe, et plus tard d’autres ont depuis exploré ce que les nourrissons comprennent des états mentaux d’autrui, un concept connu sous le nom « théorie de l’esprit » (theory of mind). Plus récemment, ce travail a conduit à s’interroger sur le développement social et moral des  nourrissons et des jeunes enfants. Le paysage de la recherche est en constante évolution et la science commence à poser certaines questions qui n’ont pas été auparavant effectivement posées à sujet des jeunes bébés.

Étudier la moralité chez les nourrissons peut s’avérer particulier. La morale est difficile à définir, même chez les adultes. Pourtant, les chercheurs de ce domaine se sont porté sur quelques traits principaux, y compris la serviabilité, l’équité et la bonté. La recherche indique que ces « comportements prosociaux » (prosocial behaviors) peuvent être détectés chez les bébés âgés de quelques mois.

Dans une telle étude, Wynn (http://bit.ly/1fW114X) et ses collègues J. Kiley Hamlin, doctorat, et Paul Bloom, Ph.D., ont présentés aux enfants agés de 3 mois une marionnette avec des yeux gros comme des piastres françaises (Googly eyes or jiggly eyes) qui monte péniblement une colline. Dans un scénario, un triangle utile aide à pousser le cercle vers le haut. Dans un autre, un carré pas si gentil frappe le cercle l’entrainant ainsi vers le bas de la colline. Plus tard, un expérimentateur a montré les deux personnages aux bébés (le triangle ou le carré). Or, les enfants préfèrent regarder (gaze) les personnages qui aident plutôt que ceux qui nuisent. Cette préférence semble exister que dans un contexte social, puisque les bébés ne montrent aucune préférence lorsque les personnages poussent des objets inanimés haut ou en bas de la colline (Developmental Science, 2010). À l’âge de 5 mois, comme suite à une maitrise plus précise de leurs motricités, les bébés tentent activement d’atteindre le personnage gentil déconsidérant le personnage méchant — ce qui suggère que le regard prolongé (extended gaze) des enfants âgés de trois mois s’avère une indication quant à leur préférence. Les résultats suggèrent que les bébés peuvent distinguer entre les gentils et les méchants avant même de pouvoir se rouler sur eux-mêmes.

Au moment où ils atteignent 1 an d’âge, les bébés ont acquis les aptitudes physiques pour commencer à s’engager de leurs propres chefs dans des comportements utiles — et un certain nombre d’études ont montré qu’ils le font avidement, et avec un certain empressement. En fait, ils aident même sans qu’on le leur demande, et ce sans être louangé ou récompensé pour l’effort.

Dans une étude (Sommerville, A., Schmidt, M., 2011, Plos One), on observe que l’altruisme semble se développer de manière précoce chez les enfants et les chercheurs ont démontré que les nourrissons âgés de 15 mois semblent spontanément comprendre les notions de partage et d’équité. Les chercheurs ont testé 47 enfants qui ont regardé une vidéo sur le partage de la nourriture, puis en interaction avec le chercheurs, alors qu’ils étaient assis sur les genoux de leurs mamans, et les résultats montrent que les normes d’équité et d’altruisme sont plus rapidement acquisesent qu’on ene le pensaient ».

Warneken et Michael Tomasello, PhD, du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology, en Allemagne, ont donné à des jeunes de 2 ans l’occasion d’aider un adulte qui n’est pas familier à prendre des objets qui ont chuté tels que des marqueurs et des trombones. Les chercheurs ont constaté que les enfants ont contribué de façon égale et fréquente, peut importe si leurs parents ont souligné la problématique, s’ils ont encouragé à aider, s’ils ont donné la consigne de le faire ou s’il se tenaient tout simplement tranquillement à proximité. Le fait que le parent était dans la même salle (ou pièce) que le rejeton n’avait aucune importance. Ces résultats suggèrent donc que les tout-petits ont un désir intrinsèque d’être utiles (Infancy, 2013).

Mais les bébés semblent également capable de comprendre que tout le monde ne mérite d’être aidé. Valerie Kuhlmeier (http://bit.ly/1lFAKJz), Ph.D., chef du Infant Cognition Group at Queen’s University, en Ontario, et Kristen Dunfield (http://bit.ly/1ijQiyx), Ph.D., maintenant à l’Université Concordia, à Montréal, ont présenté deux scénarios aux enfants âgés de 21 mois. Dans l’une, un adulte taquine le bébé avec un jouet sans le partager. Dans l’autre, un deuxième adulte essaie de partager le jouet avec l’enfant, mais était incapable de le remettre à cause de part la manière dont le mobilier avait été disposé dans la chambre. Puis, lorsqu’un expérimentateur laisse tomber le jouet hors de la portée des adultes, les bébés sont plus susceptibles de prendre le jouet et de le remettre à la personne qui avait déjà essayé de le partager (Psychological Science, 2010).

Même à 21 mois, les bébés peuvent faire lecture de l’intention ; c’est la pensée qui compte. Or, le comportement prosocial est coûteux, et il peut être judicieux de s’engager dans ces comportements de manière sélective.

Tout parent qui a entendu le hurlement de l’enfant criant « Ce n’est pas juste! » sait que les enfants sont sensibles et susceptibles à l’iniquité, et l’inégalité. Or, les bébés comprennent la notion d’équité longtemps avant d’avoir des mots pour se plaindre à ce sujet.

Dans une étude de Baillargeon et ses coll., les bébés regardaient plus les biscuits qui avait été divisé inégalement entre deux marionnettes animées girafe, que les biscuits qui avaient été distribués de manière égale et équitable. En fait, les bébés semblaient s’attendre à une situation égalitaire et semblaient avoir été surpris que les marionnettes eussent été flouées. Cependant, cette attente ne concernait que les créatures animées. Lorsque l’expérimentateur avait divisé les biscuits entre des girafes en peluche inanimée, les bébés regardaient aussi longtemps les biscuits qui avaient été répartis de manière uniforme ou non (Psychological Science, 2012).

Dans un deuxième volet de cette étude, les bébés regardaient alors qu’un expérimentateur donne des autocollants à deux femmes. Dans certains cas, ces femmes avaient coopéré ensemble à ranger les jouets. Dans d’autres, seule l’une des deux femmes avait fait tout le travail de ranger les jouets, pendant que l’autre adulte jouait. Baillargeon et ses collègues ont constaté que les enfants de 21 mois avaient été surpris lorsque le fainéant obtenait un autocollant — mais seulement si l’expérimentateur pouvait constater qui avait travaillé et qui avaient, paraissé. Avant même leur deuxième anniversaire, les bébés semblent capables de comprendre que vous devez gagner votre juste part.

Le sens d’équité semble être si fort à l’âge de 3 ans que les enfants sont tout à fait prêts à renoncer à une récompense s’ils pensent qu’ils sont traités injustement. Ainsi, Peter R. Blake, EDD, et Katherine McAuliffe (http://bit.ly/1hx6c7y), PhD, ont conçu un appareil de distribution de bonbons ‘Skittles’ disposés dans des plats face de deux enfants. Lorsqu’il avaient le choix de fournir plus de bonbons à l’autre enfant, ou pas soit, les enfants agés de 4 ans optaient souvent de jeter tous les bonbons à la corbeille (PLoS ONE, 2013). Ainsi, ces enfants préfèrent ne rien obtenir si un autre enfant est en position d’en obtenir plus que lui.

Cependant, ce n’est pas parce que les enfants semblent comprennent l’équité, que cela signifie qu’ils la pratiquent. Dans une paire d’études, Blake et McAuliffe a montré que la plupart des enfants âgées de 4 à 7 ans rejetaient les situations dans lesquelles ils avaient reçu une plus faible part des bonbons ou d’autocollants, mais l’inégalité étaient accueilli s’ils étaient en position d’en obtenir la plus grande partie — même lorsque les enfants ont déclaré que partager était la bonne chose à faire. Les enfants semblent approuver l’égalité, mais ils ne les utilisent pas toujours», dit Warneken. Cette réflexion semble se déplacer autour de 7 ou 8 ans, les chercheurs ont constaté (Cognition, 2011; PLoS ONE, 2013). Ainsi, les enfants semblent approuver l’égalité, mais ils ne l’utilisent pas toujours. Cette réflexion semble se déplacer autour de 7 ou 8 ans (Cognition, 2011; PLoS ONE, 2013).

Avant cela, les enfants semblent effectivement préférer une situation injuste lorsqu’on leur donne la main haute. Wynn et ses collègues ont donné aux enfants âgés de 5 ans une chance de choisir une pile de jetons qu’ils pouvaient échanger contre un prix. Les chercheurs ont trouvé que les enfants ont préféré prendre sept jetons si un autre enfant n’en recevait pas, plutôt que huit jetons pour deux (Cognition, 2014).

Les jeunes enfants s’avèrent en fait extrêmement intéressées (self-interested) et tendent positivement vers une iniquité de base. Combinés aux conclusions sur les enfants, ceci souligne une distinction importante entre ce que les bébés et les enfants veulent que les autres fassent, et ce qu’ils veulent pour eux-mêmes.

D’autres recherches effectuer par Sommerville suggèrent que l’équité et la générosité sont entrelacées dès l’âge de 1 an. Dans une expérience similaire à l’étude de la girafe de Baillargeon, Sommerville a constaté que les enfants âgées de 15 mois qui avaient été le plus surpris par une contingence injuste étaient plus susceptibles de partager leur jouet favorisé (PLoS ONE, 2011).

Parce que d’autres recherches indiquent que la reconnaissance de l’équité émerge entre 9 mois et 12 mois d’âge, Sommerville affirme que les enfants âgées de 15 mois qui sont probablement moins sensibles à l’injustice ne sont pas seulement à la traîne par rapport à leurs pairs sur cette importante étape de développement. Nous pensons  que nous commençons à puiser dans une partie intéressante des différences individuelles qui persistent au fil du temps tout au long de la vie chez la personne.

Les différences individuelles mises de côté, certaines situations sociales peuvent inspirer une personne à agir de manière plus ou moins moralement. Warneken et ses collègues ont démontré cette idée dans une expérience destinée à tester l’équité dans l’action (fairness in action).

Des chercheurs ont truqué un système dans lequel deux enfants ont dû travailler ensemble pour tirer une corde afin de soulever une boîte avec des billes à l’intérieur. À partir d’environ 3 ans, les scientifiques ont constaté que les enfants avaient tendance à partager les billes s’ils avaient travaillé ensemble pour les récupérer. Si un enfant fini avec trois billes, alors que son partenaire n’en obtenait qu’un seul, ils avaient partagé pour que chacun en détienne deux. Toutefois, si les enfants avaient travaillé de manière indépendante chacun de leurs côtés afin d’obtenir les billes, il ne semblait pas préoccuper du fait que chacun pouvait se retrouver avec un nombre différent de billes au terme de l’exercice.

À cet égard, les enfants de trois ans ont un pas d’avance sur nos cousins les primates. Warneken et ses collègues ont produit exactement la même expérience avec des chimpanzés, et ils ont constaté que les singes étaient prêts à s’associer pour récupérer des récompenses alimentaires. Mais si l’un des chimpanzés se retrouvait avec plus de gâteries que son partenaire, ils les gardaient tous joyeusement (Nature, 2012). Un sens précoce de l’équité peut avoir évolué afin d’aider les humains à travailler ensemble pour survivre. Le travail collaboratif est le berceau de l’égalité.

Il apparaît également que les bébés sont capables de comprendre le concept du « nous » par rapport à celui d’« autrui », et ce, à un âge relativement précoce.

Dans un exemple, Wynn, Hamlin et ses collègues ont demandé à des enfants âgées de 9 mois et de 14 mois de choisir un aliment, soit un biscuit Graham ou des haricots verts. Ensuite les bébés regardaient une série de spectacles de marionnettes dans lequel une marionnette qui aime les craquelins alors que l’autre des haricots verts. Les enfants en deux groupes d’âge ont préféré les personnages qui étaient gentils que les marionnettes qui partageaient leurs goûts.

Cela s’accorde donc avec les résultats de recherche antérieurs et ne s’avère pas vraiment inattendu. Mais le constat suivant a surpris les chercheurs : les bébés ont aussi une nette préférence pour les personnages qui étaient méchants à la marionnette dissemblable (Psychological Science, 2013).

Wynn, hésitant à décrire ses conclusions dans le jargon psychologique des expressions « en groupes » (in-groups) et « hors-groupes» (out-group), car il est difficile de savoir si les bébés construisent les groupes sociaux autour de ces préférences alimentaires partagées. Cela semble être fondamentalement une préférence partagée : si vous valorisez les aspects du monde de la même manière que je le fais, donc je vous aime.

D’autres études suggèrent qu’alors que les bébés reconnaissent les groupes sociaux, ils ne s’attendent pas nécessairement à un traitement préjudiciable des gens à l’extérieur du groupe. Baillargeon a dirigé des études dans lesquelles les expérimentateurs s’identifient comme membres de groupes sociaux confectionnés par annonce, par exemple, « Je suis une lumi » ou «Je suis un tarfen ». Baillargeon a trouvé que des bébés de 16 mois sont surpris lorsqu’une personne ne parvient pas à aider un autre membre de son groupe. Cependant, les bébés participants aux études de Baillargeon ne semblent pas avoir des attentes quant à savoir si une personne doit aider un étranger. S’ils ne font pas partie de votre club, vous avez le choix de déterminer si vous vous impliquez ou non.

Alors que les les scientifiques continuent d’étudier le développement social et moral de nourrissons, une importante question demeure sans réponse : Est-ce que les principes sociaux-moral sont acquis (social-moral principles learned), ou les bébés sont nés avec ces systèmes déjà préétablit, déterminer biologiquement, par la genèse développementale de l’être humain (essentiellement, est-ce inné ou acquis)?

D’importants indices pourraient provenir d’études dites interculturelles qui pourraient ainsi aider à éclairer sur la manière et le moment lorsque les bébés de différentes cultures présentent des différences des comportements sociaux. Mais ces études n’ont tout simplement pas encore été produites.

On peut considérer qu’étudier les bébés est pur, en quelque sorte. Elle peut nous renseigner sur la manière dont nos processus sociaux et moraux se développent avant même qu’ils ne soient « embrouillés » par la culture ou la langue ou le raisonnement complexe.

Lorsque vous observez les bébés, c’est magique.

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Les humains possèdent un sens moral inné? Pour explorer cette question, des chercheurs (Hamlin, J.K., Wynn, K., & Bloom, P., 2007) ont présenté des preuves que les nourrissons jugent autrui en fonction de leurs actions sociales — ils préfèrent ceux qui aident les autres et évite ceux qui entravent autres. Certains (Scarf, D., Imuta, K., Columbo, M., & Hayne, H., 2012) soulèvent une autre interprétation du phénomène, en présentant certaines données qu’ils interprètent comme étant la préférence des enfants quant aux scénarios sociaux que les scientifiques ont présentés aux nourrissons qui peut être expliqués par une aversion pour un « événement en collision » (colliding event) et une attirance pour un « événement en rebondissement » (bouncing event). Scarf et coll. suggèrent, plus généralement, que les bébés ne possèdent, ni de boussole morale rudimentaire, ni aucune autre capacité sophistiquée, et que cela repose simplement sur la présence de certains mécanismes associatifs simples et généraux.

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De l’interdisciplinarité et de la multidisciplinarité, et de la systémique des services de soins de santé en itinétance

La pratique avancée des infirmières praticiennes en psychiatrie/santé mentale, PAIPSM, propose une large gamme de services de soins de santé pour les adultes, les enfants, les adolescents et leurs familles dans les centres de soins primaires (primary care facility), les cliniques externes en santé mentale des hôpitaux, les services d’urgence psychiatrique des hôpitaux, la pratique privée/cabinet privé ou les centres hospitaliers, les prisons, ou en milieu de travail et enfin, les centres communautaires de santé (community health center ou CLSC), et enfin dans les soins infirmiers, et les habitations (domicile des patients, CHSLD, vieillir à la maison, assisted living facilities???).

PAIPSM peut produire des diagnostics, pratiquer la psychothérapie, et prescrire des médicaments, et ce, pour les patients qui ont des troubles psychiatriques, des troubles organiques du cerveau médicaux ou des problèmes de toxicomanie. Ils sont autorisés à fournir des services psychiatriques d’urgence, à produire des évaluations biopsychosociale, psychiatriques et psychologiques, et physiques ainsi que des plans de traitement et à faire gestion globale des soins de santé aux patients. Les modalités de traitement comprennent donc à la fois des médicaments et la gestion psychothérapeutique.

Le rôle des PAIPSM met l’accent sur la recherche, le leadership clinique, l’éducation, la consultation et la pratique clinique d’experts, se concentrant principalement sur les interventions au niveau systémique. Un PAIPSM peut pratiquer de manière autonome dans une grande variété de cadres. Ils peuvent donc servir de consultants ou d’éducateurs pour les familles, les itinérants ainsi que pour le personnel oeuvrant dans le domaine des soins de santé ou des programmes communautaires de santé mentale. Le PAIPSM porte donc une emphase sur le diagnostic psychiatrique, y compris le diagnostic différentiel des troubles médicaux comportant des symptômes psychiatriques, et le traitement pharmacologique des troubles psychiatriques.

Les soins infirmiers psychiatriques (Psychiatric Nursing) ou les soins infirmiers de santé mentale (Mental health Nursing) relève d’une la spécialité des soins infirmiers qui s’occupe essentiellement des personnes de tous âges atteintes de maladie mentale ou de détresse psychologique, comme la schizophrénie, le trouble bipolaire, la psychose, la dépression ou la démence. Les infirmières dans ce domaine reçoivent plus de formation que l’infirmière non spécialisée, notamment, en ce qui concerne les thérapies psychologiques, la construction d’une alliance thérapeutique, la gestion des comportements difficiles, et l’administration de médicaments psychiatriques. L’infirmière enregistrée en psychiatrique (IEP; Registered psychiatric nurse) est une profession distincte dans les quatre provinces le plus à l’Ouest au Canada.

Les soins infirmiers psychiatriques sont reconnus comme une profession distincte de la santé réglementée au Canada et dans d’autres pays. La profession de soins infirmiers psychiatriques dispose d’un Code national de déontologie et des normes de pratique de soins infirmiers psychiatriques. Ces dernières et d’autres Lignes directrices de pratique ou politiques afin de fournir un guide pour les IEP qu’elles soient du domaine clinique, administratif, de l’enseignement ou de la recherche.

Les IEP travaillent dans des environnements cliniques et de traitement difficultueux et dans les environnements de travail en équipe interdisciplinaire. Ils doivent faire preuve en permanence de jugement dans la prise de décisions et la résolution de problèmes afin de relever les défis cliniques et les besoins de soins de santé des patients. Ils doivent posséder d’excellentes compétences interpersonnelles et de communication afin d’être efficace en tant que thérapeutes capables de compassion et d’empathie, et dans l’exercice de tact et de diplomatie, tout en conseillant et en fournissant traitements aux patients. Leur formation universitaire et professionnelle fournit les connaissances et les compétences requises pour ces types de responsabilités.

Les IEP oeuvrent sont sur les lignes de front en travaillant en partenariat en tant que membres clés d’une équipe interdisciplinaire de professionnels de soins de santé ; psychiatres, psychologues, infirmières, ergothérapeutes, travailleurs sociaux, pharmaciens, gestionnaires, organismes communautaires, professionnels de l’application des lois et prestataires de services sociaux. Ils travaillent comme personnel infirmier, gestionnaire, conseillers, spécialistes cliniques, chefs d’équipe, superviseurs, directeurs, directeurs adjoints, professeurs, chercheurs, gestionnaires de cas et consultants dans des centaines de collectivités partout au Canada.

Les IEP en itinérance peuvent ainsi travailler indépendamment ou dans le cadre d’équipe(s) de soins de santé multidisciplinaire [et interdisciplinaire] notamment des psychiatres, médecins, psychologues, travailleurs sociaux, infirmiers. Les IEP sont responsables de l’évaluation, la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des soins aux personnes en situation d’itinérance chronique vivant une ou plusieurs conditions psychiatrique et comorbide. Ils fournissent des données probantes, centrées sur une approche globale du fonctionnement humain, ainsi que sur les besoins spécifiques de la personne, les soins infirmiers sont axés sur le rétablissement des patients et leurs fournisseurs de services de soins de santé mentale.

De la psychopathologie de l’interaction et de la relation : l’aliénation parentale et violence indirecte

Dans le cadre d’une séparation ou d’un divorce, il arrive qu’un des parents (voir même les deux) veuille se venger de l’autre et le détruire moralement, et qu’il cherche à garder exclusivement son enfant pour lui. Dans ce genre de situation, ce parent et l’enfant peuvent alors se dresser contre l’autre parent qui devient le « méchant ». Et c’est là que peut naître l’« aliénation parentale ».

Concrètement, l’enfant se met à renier l’un de ses deux parents sans raison et du jour au lendemain, et refuse de le voir (le parent aliéné), souvent après avoir entendu des propos désobligeants sur lui par l’autre parent (le parent aliénant), que cela ait été fait consciemment ou non.

L’aliénation parentale serait une « pathologie relationnelle » [c’est une psychopathologie de l’interaction], tout le système familial étant concerné. On également aussi l’aliénation parentale comme « des manipulations plus ou moins subtiles d’un des parents pour faire en sorte de rompre le lien qui unit l’enfant à l’autre parent ».

Cependant, dans les stades légers ou modérés, le terme d’aliénation peut sembler excessif. On parlera alors de déssafection, la perte ou diminution de l’affection, de l’intérêt que l’on éprouvait pour quelqu’un ou quelque chose (c’est un détachement, le contraire de l’attachement. Tout se passe comme si l’enfant avait cessé d’aimer, se montrant distant, indifférent. Une distance se crée. Dans les cas les plus sévères, les bons souvenirs en compagnie du parent rejeté ont disparu (ou sont niés), les distorsions cognitives et les croyances erronées concernant le passé apparaissent. L’enfant peut se montrer d’une incroyable cruauté et d’une dureté vis-à-vis du parent qu’il rejette, sans éprouver la moindre ambivalence ni culpabilité. Convictions inébranlables d’une réalité fantasmée et d’un passé remanié, perception “en noir et blanc” de la réalité, l’un des parents étant doté de toutes les qualités, l’autre de tous les défauts. Le processus opère alors comme une sorte de “reformatage” du disque dur de la mémoire et de l’affectivité, une sorte de lavage de cerveau.

Ce phénomène d’aliénation parentale, depuis ses débuts, suscite polémiques et controverses. Et au-delà du concept, la dénomination même fait débat. Ainsi, le terme d’« aliénation parentale » divise moins que celui de « syndrome d’aliénation parentale ». C’est donc le mot « syndrome » qui pose majoritairement problème puisqu’il fait référence à une maladie, alors que l’aliénation parentale n’est pas reconnue comme telle.

Cette notion de syndrome d’aliénation parentale, on la doit à Richard A. Gardner, qui l’a introduite au début des années 1980, en référence à ce qu’il décrivait comme un trouble dans lequel un enfant, de manière continue, rabaisse et insulte un parent sans justification. Selon lui, ce syndrome apparaîtrait en raison d’une combinaison de facteurs, comprenant l’endoctrinement par l’autre parent (presque exclusivement dans le cadre d’un conflit sur la garde de l’enfant) et les propres tentatives de l’enfant de dénigrer le parent ciblé.

Cette notion de syndrome d’aliénation parentale (http://bit.ly/1gWg6iN ; Parental alienation syndrome, http://bit.ly/1hWmau5), on la doit à Richard A. Gardner (http://bit.ly/1hn8IxJ), lui-même contreversé, qui l’a introduite au début des années 1980, en référence à ce qu’il décrivait comme un trouble dans lequel un enfant, de manière continue, rabaisse et insulte un parent sans justification. Selon lui, ce syndrome apparaîtrait en raison d’une combinaison de facteurs, comprenant l’endoctrinement par l’autre parent (presque exclusivement dans le cadre d’un conflit sur la garde de l’enfant) et les propres tentatives de l’enfant de dénigrer le parent ciblé.

Aliénation parentale, syndrome d’aliénation parentale ; l’appellation divise. Mais le phénomène de manipulation de l’enfant qu’elle traduit, lui, existe bel et bien.

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Aliénation parentale, une forme d’agression indirecte ?

La violence indirecte est une conséquence du fait que la violence s’exerce dans un cadre social, celui des échanges, celui des interactions sociales : subissent donc la violence indirecte ceux qui ne sont pas les victimes immédiates de la violence, mais qui en souffrent parce qu’ils sont en relation avec elles. Le terme agression indirecte désigne donc un ensemble de gestes visant à blesser quelqu’un psychologiquement en détruisant ses relations interpersonnelles et son environnement social.

Cette forme d’agression passe souvent inaperçue, car contrairement aux cas d’agression verbale ou physique, l’agresseur n’est pas nécessairement en contact direct avec celui qu’il attaque; il entraîne plutôt ses pairs, alliés, ou “spectateurs” avec lui.

Plusieurs études révèlent également que l’utilisation de la violence indirecte est liée à des problèmes d’adaptation personnelle et sociale, et que ces personne ont plus de troubles émotifs et de problèmes de comportement dans leurs famille.

Le terme « agression indirecte », d’abord utilisé par Bjorkqvist (2001), désigne un ensemble de gestes et comportements susceptibles de blesser quelqu’un psychologiquement. C’est une forme de violence sournoise et cachée qui ne nécessite pas une confrontation directe avec la victime, et vise essentiellement à infliger des blessures psychologiques et sociales, et passe donc souvent inaperçue1. L’agression relationnelle (cf. page 6) ne diffère que légèrement de l’agression indirecte en ce sens qu’il met l’accent sur l’entravement de l’acceptation dans un groupe de pairs ou entre amis. Enfin, l’agression sociale (cf. page 9) est comme une combinaison d’agression indirecte et relationnelle et comprend tout ce qui porte atteinte à la réputation d’autrui, l’estime de soi, ou les deux1.

L’agression indirecte (relational aggression2, covert aggression, covert bullying), davantage présent chez les filles que chez les garçons, consiste donc à blesser quelqu’un psychologiquement en détruisant ses relations interpersonnelles et son environnement social, et donc utiliser ses relations interpersonnelles et/ou l’environnement social comme levier d’agression ; l’une des conséquences de la violence indirecte est celle de l’exclusion sociale et de la discrimination.

L’agression indirecte peut donc prendre diverses formes telles que raconter les secrets de la cible, dégrader ou ridiculiser ou déconsidérer la cible, exclure la cible du groupe ou répandre des rumeurs à son sujet sur des sites de clavardage ou les réseaux sociaux, amener d’autres élèves à ne pas « aimer » la cible. Les conséquences de l’agression indirecte sont dévastatrices et peuvent agir sur le devenir de la cible. Elles s’apparentent d’ailleurs à celles que vivent les personnes victimes de harcèlement psychologique et morale au travail. À long terme, entre autres, plus la victime vit d’épisodes d’agression indirecte, plus elle intègre un discours intérieur irrationnel qui entraîne une perte d’estime de soi, une souffrance psychologique et émotionnelle, anxiété, dépression, troubles relationnels, etc., voire même des conduites d’opposition, de délinquance, etc.

De nos jours, la violence indirecte tel que la violence psychologique et morale, ou l’agression relationnelle n’a pas de monopole. Certes, l’image de la femme battue, phénomène d’agression directe, peut certes toujours avoir court. Cependant, nous noterons que nous pouvons certainement admettre qu’elle puisse subir une violence psychologique et morale (agression indirecte), et nous pourrons donc également imaginer monsieur déconfit (vaincu, anéanti) sur un divan par la violence directe, avec une progéniture en état de choc.

Or, la violence indirecte passe souvent inaperçue, car notre société s’est exclusivement penchée sur les phénomènes de violence directe. Parce qu’il existe une certaine méconnaissance de la problématique de violence indirecte, parce que l’on ne considère pas l’exclusion sociale comme une forme d’intimidation, parce que l’on perçoit la victimisation indirecte comme étant moins grave que l’intimidation ou la violence verbale ou physique, parce que la nature cachée et secrète des gestes la rend difficilement décelable, un effort de sensibilisation s’impose.

En 2008, une méta-analyse de 148 études sur l’agression directe et indirecte des enfants et adolescents ont examiné l’ampleur des différences entre les sexes, les inter-corrélations entre les formes et les associations avec l’inadaptation. Les résultats ont confirmé les conclusions antérieures de différences entre les sexes (favorisant les garçons) à l’agression directe et une différences triviales entre les sexes pour l’agression indirecte. Les résultats ont également indiqué une inter-corrélation importante entre ces formes. D’autre part, cette analyse montre que l’agression directe est plus fortement liée à des problèmes externalisés, à de mauvaises relations avec les pairs et à un faible comportement prosocia, et l’agression indirecte semblait liée à des problèmes internalisés et au comportement prosocial élevé3.

Une récente étude (2013) inter-culturelle de 5789 adolescents de six pays (Autriche, Canada, Allemagne, Slovénie, Espagne et Suisse) a montré que selon la déclaration des élèves, ce sont les garçons (46,8 %) qui utilise significativement plus l’agression indirecte contre les pairs que les filles (31,7%) De plus, parce que les femmes ont signalé une probabilité de près de 19 fois plus élevé que les hommes pour l’usage de l’agression indirecte contre leurs pairs de sexe opposé, et donc, les hommes sont de loin les plus susceptibles d’être la cibles de l’agressivité indirecte4. Deux chose à comprendre des résultats de ces études, d’une part, selon leurs déclarations, les garçons utilisent plus la violence indirecte que les filles, et ce autant envers les filles et les garçons, d’autre part, chez les filles, l’usage de la violence indirecte est surtout dirigé envers les garçons. Or, semble-t-il, la particularité de la forme d’intimidation que représente « l’agression indirecte » serait différente selon les pays, le sexe, l’âge et la culture. Cela suggère donc que parce que les filles utilisent moins l’agression directe, l’agression indirecte deviens donc plus saillante chez les filles que les garçons, ce qui peut amené à croire que la violence indirecte est l’apanage des filles.

Dans une importante méta-analyse, intégrant environ 300 études sur l’Agression impliquant 190000 participants, Archer (2004) a constaté que l’agression directe était plus prédominant chez les mâles que chez les femelles, et ce, à partir de début de l’enfance jusqu’à l’âge adulte et à travers plusieurs cultures. Pour l’agression indirecte, Archer n’a pas trouvé pour les jeunes adultes de différences entre les sexes (y compris les collégiens), alors que des études sur les adolescents ont signalés plus d’agression indirecte chez les filles. Or, Bettencourt et Miller (1996) ont constaté que, en l’absence de toute provocation, les hommes étaient plus susceptibles d’agresser que ne l’étaient les femmes. Cependant, la provocation atténué significativement cette différence entre les sexes.

Ainsi, les recherches sur la différence sexuelle de l’agressivité chez les adolescents ont produit des résultats plutôt équivoques. Certaines études ont montré que les garçons s’engagent plus volontiers dans l’agression directe que les filles le font, les femmes se livrant à plus d’agression indirecte que les hommes (Björkqvist, Lagerspetz, et Kaukianen, 1992; Österman et al., 1998). Il convient de noter que Björkqvist et coll. ont utilisé des mesures de l’agression déclaré par les pairs [peer ratings] (par opposition aux mesures autodéclarées [self-reported mesures]) dans leurs études chez les adolescents. Contrairement à ces résultats, une étude chez les élèves adolescents espagnols (Toldos 2005) a montré que les garçons s’engagent plus volontiers dans l’agression directe et indirecte que les filles.

L’attention particulière que les chercheurs portent aux conduites agressives des filles est relativement récente. Un tel constat apparaît peu apparaître surprenante puisque les actes d’agression sont surtout reconnus pour être le fait des garçons. Ainsi, certains théoriciens soutiennent que les indicateurs les plus souvent utilisés pour désigner les enfants à risque de développer des conduites antisociales, soit les conduites d’agression directe, ne sont pas nécessairement appropriés pour les filles, dont les conduites agressives se manifestent plutôt sous un autre mode (Feshback, 1969 ; Crick, et al., 1997 ; Craig et Pepler, 1999 ; Ostrov et Keating, 2004). Partir des ragots, raconter les secrets des autres, dégrader, ridiculiser, isoler ou exclure une personne du groupe d’amis, porter atteinte à la réputation, constituent autant de manifestations de ce mode d’agression connu sous le nom d’agression indirecte (Verlaan, 1995; Bjorkqvist et coll., 1992; Owens et coll., 2000), relationnelle (Crick et Grotpeter, 1995 ; Tomada et Schneider, 1997) ou sociale (Cairns et Cairns, 1994; Galen et Underwood, 1997). Cet ensemble de termes dont les définitions varient légèrement d’un auteur à l’autre font sensiblement référence au même phénomène (Bjorkqvist, 2001; Vaillancourt et coll., 2003; Verlaan, 2005).

Les chiffres et les risques évoqués précédemment passent toutefois sous silence que, contrairement à ce que l’on observe chez les garçons, proportionnellement moins de filles ont recours de manière répétitive et persistante à l’agression directe, et ce, particulièrement durant l’enfance. La connaissance des facteurs expliquant le développement de ces conduites chez les filles entre l’enfance et l’adolescence est importante afin de reconnaître précocement les filles les plus à risque de développer ce type de problème et de prévenir son apparition.

Par ailleurs, les recherches récentes suggèrent également que les conduites d’agression directe chez les filles, c’est-à-dire les conduites de confrontation avec agression physique ou verbale (Little et coll., 2003), lorsque manifestées durant l’enfance, constituent des indicateurs d’inadaptation sociale tout comme chez les garçons. Les filles qui présentent ce type de problèmes sont plus à risque de connaître un ensemble de difficultés ultérieures, dont des conduites antisociales et des troubles mentaux (somatisation, anxiété, dépression) (Serbin et al.,1991 ; Zoccolillo, 1993 ; Loeber et Keenan, 1994 ; Farrington, 1995 ; Pepler et Sedighdeilam,1998). Elles sont plus susceptibles de vivre le rejet des pairs et des difficultés scolaires (Lancellotta et Vaughn, 1989; Serbin et coll., 1991; Coie et Dodge, 1998), des grossesses précoces, des stress parentaux et de la violence conjugale (Underwood et coll., 1996; Pepler et Sedighdeilam,1998; Serbin et coll., 1998). De tels résultats viennent donc largement justifier l’attention récente que l’on porte aux conduites agressives des filles.

Ainsi, des travaux sur les différences entre l’agression indirecte et l’agression directe ont révélé d’importantes différences dans la façon dont chacun de ces types de conduites agressives se manifeste selon l’âge et le sexe. Au plan du développement, on peut observer des gestes d’agression physique chez un enfant dès la fin de la première année de vie (Tremblay et coll., 1999; Archer, 2004), tandis que l’agression indirecte est plus apparente lorsque les enfants auront commencé à comprendre la complexité des interactions sociales et les façons (habituellement verbales) de les manipuler. Dès l’âge de 4 ans, il est possible d’observer la manifestation rudimentaire de comportements d’agression indirecte chez les enfants (Crick et coll., 1999). Les filles qui utilisent l’agression indirecte désirent infliger des blessures émotives et sociales aux autres (Galen et Underwood, 1997 ; Owens et al., 2000). Les comportements de diffamation et d’exclusion servent, en outre, à renforcer leur propre statut social dans le groupe d’affiliation (Merten, 1997). Plusieurs travaux restent néanmoins à faire avant de déterminer si les conduites répétitives et persistantes d’agression indirecte constituent un indicateur d’inadaptation psychosociale future, comme peut l’être l’agression directe.

Si, par leur nature, les conduites d’agression indirecte passent souvent inaperçues, les effets de ce mode d’agression peuvent être percutants. Pour plusieurs victimes, en effet, la souffrance et l’humiliation engendrées par l’agression indirecte ne sont pas épisodiques et peuvent persister au fil des années : la victime n’a pas seulement à composer avec des ragots et des mensonges, mais aussi avec l’isolement, la solitude et le rejet (Underwood, 2003).

Somme toute, l’agressivité semble pareillement présente et courante autant chez les garçons que chez les filles, et semble, en bas âge, prendre la forme d’agression physique directe (qui débute plus tôt et qui est plus fréquent chez les garçons) et change progressivement avec l’âge vers une forme de violence verbale et vers une agressivité indirecte et passive (qui débute plus tôt chez les filles)5. L’agressivité directe semble être privilégiée chez les hommes, et ce, tout au long de la vie. Toutefois, cette tendance pour les filles à s’engager plut tôt dans l’agression indirecte que pour les garçons pourrait être influencée par les différence de la socialisation des filles et des garçons et des attentes sociales associées aux rôles social sexuel. Ainsi, on théorise que divers agents de socialisation (ex. : les parents, frères et sœurs, les pairs, etc.) auraient une influence sur la survenue et l’évolution du comportement d’agressif relationnel (Ostrov & Godleski, 2010). Aussi, on a constaté que les conflits dans la relation parent-enfant est associée à l’agression relationnelle (Ostrov & Bishop, 2008).

Les enfants qui ont été victimisés par leurs pairs ont tirées des enseignements de ces expériences et ont augmenté leur comportement agressif au fil du temps. Plus précisément, les taux d’agression relationnelle (et non physique) a augmenté chez les enfants d’âge préscolaire qui ont été victimisés relationnellement, alors que les taux d’agression physique (mais non relationnel) a augmenté chez les enfants qui ont été physiquement victimisés (Ostrov, 2010). Ces résultats soutiennent la perspective d’apprentissage social dans lequel les enfants apprennent à partir de différents modèles sociaux, y compris les expériences antérieures de victimisation.

Comme la socialisation de l’agressivité se produit pendant les années préscolaires, cette période semble cruciale pour la réduction (prévention) et pour la cristallisation de l’agressivité. Les programmes d’intervention et de prévention de la violence surviennent souvent trop tard dans le processus développemental de l’agressivité; il faut donc agir en amont du cycle de développement de la progéniture. En travaillant sur le parenting des parents, et le développement des enfants, leurs compétences sociales et affectives, il est possible d’améliorer le développement global, et l’apparition précoce de l’agressivité peut ainsi être considérablement réduite.

Or, certains résultats6 offrent un soutien partiel pour une hypothèse de la modélisation ou de l’imitation du parent de même sexe et suggèrent que l’agression physique et social des filles à l’école peut être liée à au fait de regarder la mère résoudre les conflits conjugaux en se livrant à triangulation, obstruction, agression verbale et physique avec le partenaire. Que les stratégies néfastes de résulution de conflits de la mères influence positivement autant l’agression physique que social des filles sociale peut être consistant avec l’hypothèse de l’apprentissage par observation (Grych et Fincham, 1990) où l’exposition aux stratégies de résolution des conflits négatifs des parents se traduit chez les enfants en utilisant des stratégies de conflit négatif avec leur pairs. Les filles peuvent en effet apprendre beaucoup de choses sur le résolution des différends par les pairs en regardant leurs mères s’engager dans la triangulation, obstruction, agression physique et verbale, dans les conflits avec les pères.

Ainsi, l’agression sociale serait principalement déterminé par l’environnement des enfants, particulièrement des femelles. Un comportement parental qui pourrait être particulièrement pertinente pour le développement de l’agression sociale chez l’enfant est le contrôle psychologique. Le contrôle psychologique englobe des comportements de manipulation sur le plan relationnel telles que le retrait de l’amour ou de l’induction de la honte et de la culpabilité, qui sont très semblables aux tactiques de manipulation qui définissent l’agression sociale (par exemple, l’exclusion sociale, la menace de retrait de l’amitié). Vivre le contrôle psychologique parentale peut donc notamment favoriser le développement de l’agression sociale chez la progéniture, meme si les parents ne sont pas la seule source d’influence environnementale sur le comportement des enfants. Cependant, les preuves empiriques de l’effet de contrôle psychologique des parents sur l’agression sociale des enfants font encore défaut, mais des études montrent que d’autres comportements parentaux négatifs d’un tel manque de réactivité et la coercition sont liés à l’agression sociale chez les enfants. Aussi, les recherches montrent que les enfants qui ont des amis socialement agressifs sont susceptibles de devenir plus socialement agressifs eux-mêmes. En revanche, l’interaction avec les amis physiquement agressifs est liée à une augmentation de l’agressivité physique des enfants.

Il est donc particulièrement important d’enseigner aux enfants que l’agression sociale est aussi inacceptable que l’agression physique afin de les empêcher de remplacer simplement un type d’agression par un autre. Les enfants peuvent rapidement découvrir que les stratégies d’agression sociale sont tout aussi efficaces que l’agression physique pour nuire à la cible, et sont beaucoup plus difficiles à détecter et donc ont moins de risque d’être sanctionné. Si un enfant passe de l’agression physique aux services sociaux, cependant, semble dépendre de savoir si il ou elle est exposée à des influences environnementales qui favorisent spécifiquement l’utilisation de l’agression sociale.

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Aliénation : État de l’individu asservi par des conditions sociales qu’il ne peut modifier ; privation de libertés, de droits humains essentiels éprouvée par une personne ou un groupe social sous la pression de facteurs permanents (Hegel) ou historiques (Marx) qui l’asservissent à la nature ou à une classe dominante. Toute limitation ou tout conditionnement objectivement imposés à l’individu par le fonctionnement actuel de la société, et éprouvés comme une atteinte révoltante aux droits humains fondamentaux.

Abandon ou perte d’un droit naturel.

Fait de devenir étranger à soi-même, de perdre l’esprit. Le terme aliénation, a longtemps servi à désigner l’ensemble des maladies de l’esprit ou Altération passagère du jugement, de la maîtrise de soi, égarement.

L’Aliénation est le fait pour des personnes (ou une partie de leur être moral, exprimée par un complément prépositionnel de) de devenir étrangères ou hostiles à d’autres personnes considérées comme responsables de cet éloignement (Entraîner, provoquer l’aliénation des cœurs, des esprits).

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Sources

http://www.cnrtl.fr/definition/ali%C3%A9nation

https://www.readability.com/articles/0gtvqyvv

Les troubles psychiatriques des adolescents ne sont pas traités adéquatement

Aux États-Unis, les données d’une enquête fédérale indiquent que la plupart des adolescents atteints de troubles psychiatriques « diagnostiquable » n’ont reçu aucun type de traitement. Ainsi, plus de la moitié des adolescents atteints d’au moins un trouble psychiatrique n’ont reçu aucun traitement d’aucune sorte. Lorsque le traitement est effectivement fourni, les prestataires de ces services sont rarement des spécialistes de la santé mentale, selon l’étude, qui se fonde sur une enquête auprès de plus de 10.000 adolescents américains. Cette nouvelle étude souligne la nécessité de meilleurs services en matière de santé mentale pour les enfants et les adolescents. L’étude met également en évidence le fossé permanent toujours croissant entre la fréquence des diagnostics de troubles mentaux et la fréquence avec laquelle ces cas reçoivent un traitement.

L’analyse des résultats du complément pour adolescents de l’Enquête nationale sur la comorbidité (National Comorbidity Survey ; NCS-A), réalisée en 2001-2004, et impliquant quelque 6500 adolescents de 13 à 17 ans indique que 45 % des personnes qui répondent aux critères diagnostique du DSM-IV d’un trouble mental, émotionnel, et/ou comportemental, reconnu, ont reçu un certain type de service dans l’année précédente.

Bien que les données soient vieilles de près d’une décennie, ce sont effectivement les données disponibles les plus récentes à l’échelle nationale au sein du système d’enquêtes gouvernementales. Les seules autres sources comparables de données proviennent de l’Enquête sur la santé et de l’examen national de la nutrition (National Health and Nutrition Examination Survey – NHANES), dont la dernière étude incluait un module sur la santé mentale des adolescents en 2001-2004. Cette enquête, également, a montré que seulement environ la moitié des adolescents souffrant de troubles psychiatriques avaient reçu un traitement dans la dernière année.

Dans la nouvelle analyse des données du NCS-A publiées en ligne dans Psychiatric Services1, Costello et ses collègues ont également constaté que les troubles dits de comportement tel que le trouble de déficit d’attention-hyperactivité (TDAH), le trouble des conduites et le trouble oppositionnel avec provocation étaient les plus susceptibles d’être traités, avec des taux dans l’éventail de 70 % à 75 %. Ainsi, les troubles externalisés et de comportements sont les premiers motifs pour un traitement du TDAH.

En revanche, les phobies et les troubles anxieux étaient les moins susceptibles d’être traités, chacun ayant un taux de 41 %.

Dans l’ensemble, 2757 des 6483 participants avec suffisamment de données étaient diagnostiquable avec un certain type de trouble psychiatrique, ont constaté Costello et ses collègues.

L’anxiété et les troubles du contrôle des impulsions sont les conditions les plus communes, et environ la moitié des adolescents souffrent de deux troubles ou plus. Une grande partie de la nouvelle analyse portait sur les types de prestataires de services qui ont en effet traité les cas, dans lequel les adolescents étaient plus susceptibles de recevoir un traitement que d’autres.

Les prestataires de services les plus communs se composaient des écoles et des cliniques spécialisées en santé mentale. Un peu moins de 25 % des adolescents souffrant d’un type de trouble psychiatrique l’ont fait dans chacun de ces cadres étudiés. Une proportion beaucoup plus faible a reçu des soins médicaux dans des installations médicales (10 %), les départements de services sociaux (8 %), les prestataires de service de santé en médecine complémentaire et alternative (5 %), et le système de justice pour mineurs (5 %). La somme des % totalise plus de 45 %, car certains participants ont rapporté avoir reçu des services de plus d’un type de prestataires.

Les groupes qui ont été plus ou moins susceptibles de recevoir des services comprennent, ci-après exprimés en ratio de probabilité de recevoir un service ajusté pour les variables démographiques et le nombre de troubles, les filles (0.73), les noirs non hispaniques (0.63), les participants vivant avec un parent biologique (1.76), les participants ne vivant avec aucun parent (2.77). La probabilité accrue de recevoir des services dans le dernier groupe semble être reliée à des problèmes de comportement — la probabilité qu’ils soient traités dans le système de justice pour mineurs a triplé, comparativement aux participants vivant avec leurs deux parents biologiques (3,62). D’autres facteurs tels que l’éducation des parents, le niveau de pauvreté, l’ordre de naissance, et la géographie n’ont pas d’incidence significative sur l’utilisation globale des services.

En outre, les chercheurs insistent sur le fait qu’ils n’ont pas analysé les données qui ont été incluses dans l’enquête du NCS-A sur l’intensité et la pertinence des traitements. Costello et ses collègues ont toutefois promis d’examiner ces données.

Dans l’ensemble, suggèrent-ils, il est préoccupant que la plupart des traitements aient été livrés dans des cadres autres que celle des cliniques spécialisées en santé mentale. Les services de soins primaires, les écoles, les services sociaux et de la solidarité sociale, et les services de justice pour mineurs sont autant de cadres dans lesquels peu de prestataires de services sont susceptibles d’avoir suivi une formation en matière de santé mentale.

L’une des raisons d’être optimisme, ont ajouté les chercheurs, c’est qu’un changement est survenu au cours de la décennie depuis que les données du NCS-A ont été recueillies, à savoir « l’apparition de traitements fondés sur des preuves (evidence-based practices & treatments), à la fois pharmacologique et comportementale, pour une gamme de troubles mentaux chez les enfants et les adolescents ». D’autre part, l’efficacité de ces types de traitements est liée à leur délivrance par des spécialistes (prestataires de services), et les chercheurs ont observé que les psychiatres de l’enfance ne sont pas plus nombreux aujourd’hui que par le passé.

Notons que les résultats de l’Enquête nationale sur la comorbidité documentent qu’une minorité d’adolescents présentant des troubles psychiatriques qui ont été diagnostiqués ont reçu des services qui leur sont associés. Soyez conscient que l’enquête dans cette étude a été menée entre 2001 et 2004. Les adolescents atteints de TDAH, du trouble des conduites ou de trouble oppositionnel avec provocation ont reçu des soins de santé mentale à plus de 70 pour cent du temps, ce qui témoigne de la nécessité du contrôle social sur le comportement en fonction de certains cadres, comme l’école. En revanche, les adolescents souffrant de phobies ou les troubles anxieux étaient moins susceptibles d’être traités. Les résultats ont également montré une considérable variation fonction de la race, car les jeunes noirs sont nettement moins susceptibles d’être traités pour troubles mentaux que les jeunes blancs.

Ainsi, dans l’ensemble, aux États-Unis, les troubles psychiatriques continuent d’être déconsidérés par rapport aux déficiences physiques, ce qui implique que des millions de personnes doivent faire face à leurs conditions selon leur propre moyen — un effort souvent douloureux et exhaustif qui peut conduire à l’exacerbation des troubles mentaux et au développement d’autres comorbidités. Les chercheurs ont fait valoir que les résultats fait office d’un drapeau rouge (red fag) en considération de la véritable ampleur du « sous traitement » des conditions psychologiques et psychiatriques chez les adolescents aux États-Unis, et doivent servir à motiver les professionnels de soins de santé qui sont en mesure d’agir et d’influencer. Cet état de fait semble particulièrement préoccupant compte tenu de la multitude de liens [actions/interactions] entre les troubles psychologiques et psychiatriques. La dépression, par exemple, est liée à une série de troubles anxieux.

Dans la dernière étude de Costello, ce sont cependant les personnes TDAH qui ont vu des taux élevés de traitement médicamenteux. Alors qu’environ 74 % des enfants TDAH ont reçu un traitement, ceux qui souffrent de phobies et d’anxiété ont obtenu l’aide d’un professionnel dans environ 40 pour cent du temps. Mais ce taux prometteur du traitement du TDAH dois être cependant mitigé, car la majorité des enfants qui avaient reçu un traitement ont fini par le recevoir à l’école ou d’un établissement de santé mentale spécialisée (23 pour cent), plutôt que dans un cadre médical général (10 %). Les jeunes Noirs étaient plus susceptibles de ne pas bénéficier d’un traitement par rapport les jeunes blancs.

Aux États-Unis, les diagnostics du TDAH ont augmenté de 22 % entre 2003 à 2007 selon les Centers for Disease Control and Prevention2. Entre 2000 et 2008, l’autisme a pris de l’importance, passant d’un sur 150 à un cas sur 88 enfants.

Au Canada, approximativement 15 % des jeunes Canadiens sont affectés par des troubles mentaux nécessitant un traitement, mais seulement environ 20 % accèdent aux services spécialisés de soins de santé mentale3. Les politiques et plans d’action en matière de santé mentale à l’échelle nationale pour les enfants et les jeunes sont largement absents3.

Cette absence de politique et/ou de plan d’action spécifiques pour les soins de santé mentale des enfants et adolescents et la variabilité de la teneur du contenu dans des documents existant actuellement, peut aider à expliquer pourquoi les services de santé mentale destinés aux enfants et adolescents sont si peu développés, et ce, à travers le Canada. On suggère d’ailleurs de développer un cadre d’une politique nationale pour les enfants et adolescents en matière de santé mentale pour le Canada ainsi que les provinces et les territoires peuvent être encouragés à créer ou modifier les cadres de la santé mentale des enfants et adolescents en cours de manière à renforcer une cohésion nationale et traiter globalement les besoins en services de santé dans ces groupes de population4.

Study highlight :

  • 45.0% of adolescents with psychiatric disorders received some form of [care] service. The most likely were those with ADHD (73.8%), conduct disorder (73.4%), or oppositional defiant disorder (71.0%). Least likely were those with specific phobias (40.7%) and any anxiety disorder (41.4%) ;
  • 55% of ADHD adolescent got care services from school ; 37% of ADHD adolescent got care services from Mental health specialty. 26% of ADHD adolescent got care services from CAM, juvinile system, and human services ; 17% of ADHD adolescent got care services from School General medical ;
  • Youths with ADHD were more likely to get treatment in schools (54.5%) than in specialty mental health settings (37.3%) ;
  • Children may receive mental health services from many agencies whose primary responsibilities do not include mental health care. In addition to specialty mental health providers and primary care providers, who may or may not have mental health training, schools, juvenile justice agencies, and human services agencies are frequently mandated to provide such services ;
  • One of the encouraging changes in the past decade has been the appearance of evidence-based treatments, both pharmacological and behavioral, for a range of child and adolescent mental disorders. Provision of these treatments need to be supervised by trained professionals. However, the number of child psychiatrists has scarcely increased in recent years, and their geographic distribution is inversely proportional to the percentage of children in a given community living in poverty ;
  • The study reported here the proportion of adolescents in treatment ranged from a high for ADHD and conduct disorders to a low for specific phobia. It appears that young people are more likely to have treatment imposed upon them by parents and others in authority for “externalizing,” trouble-making disorders, whereas adults are most likely to seek treatment themselves for “internalizing” conditions such as depression. This underlines the importance, when evaluating patterns of health care utilization, of considering not just available treatments but also how individuals get into care.

Study conclusions :

  • need for pediatricians (more access to services – psychiatric treatments) and (more resources – child psychiatrists, medical practitioners) ;
  • not enouth mental health training from mendated resources to provide mental health and primary care srrvices ;
  • For services that might entail cost to families, poor families a more suceptible to receive services from Juvenile justice ;
  • Increas cost to public sector of mental health – more access, private insurance not paying enough for access ;
  • People dont get acess to the proper resources for treatment in many settings of care services.

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1 Costello, Jane E., & collab. (2013). “Services for Adolescents With Psychiatric Disorders: 12-Month Data From the National Comorbidity Survey–Adolescent”, American Psychiatric Association, Psychiatric Services 2013; doi: 10.1176/appi.ps.201100518, http://ps.psychiatryonline.org/article.aspx?articleID=1777606

3 Kutcher, S., & McLuckie, A. (2011). Evergreen: A child and youth mental health framework for Canada. Paediatrics & Child Health, 16(7), 388.

4 S, K., Mj, H., & J, W. (2010). Child and adolescent mental health policy and plans in Canada: an analytical review. Canadian journal of psychiatry. Revue canadienne de psychiatrie, 55(2), 100–107, http://bit.ly/1dn6kuP.

De l’erreur diagnostique, du stigmate et de la santée mentale !

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) désigne les conditions abusives endurées par les personnes atteintes de troubles mentaux comme une urgence cachée des droits de l’homme. L’OMS signale que partout dans le monde, les gens souffrant de troubles mentaux et psychosociaux sont soumis à un large éventail de violations des droits de l’homme, à la stigmatisation et à la discrimination. En 2011, l’OMS appelait les gouvernements à augmenter les services aux personnes souffrant de troubles mentaux, neurologiques et de l’abus de substance.Le projet « QualityRights » vise essentiellement à améliorer la qualité et les conditions des droits de l’homme dans les établissements de santé mentale et de services sociaux ainsi que l’autonomisation des organisations qui défendent les droits des personnes en situation de handicap mental et psychosocial.

En examinant1 plus de 25 ans de réclamation de paiements pour faute professionnelle aux États-Unis, les chercheurs du  Johns Hopkins ont découvert que se sont les erreurs de diagnostic – et non les erreurs chirurgicales ou les surdoses de médicaments — qui représenteraient la plus grande portion des réclamations d’assurances, la nuisance la plus sévère pour les patients, et le plus gros montant des pénalités réclamés. Les patients qui ont été erronément diagnostiqués (misdiagnosing patients) ou les erreurs de diagnostique (misdiagnosis) est l’une des erreurs les plus coûteuses et dangereuses effectués par des médecins aux États-Unis. Les erreurs entraînent l’échec à traiter adéquatement la condition pathologique ou psychopathologique du patient.

Les paiements liés au diagnostic se sont élevés à 38,8 milliards de dollars entre 1986 et 2010. C’est bien la preuve que les erreurs de diagnostic pourraient facilement être le plus gros problème de sécurité et de faute médicale pour les patients aux États-Unis. Il y a beaucoup plus de « mal » provenant des erreurs de diagnostic que nous pouvions imaginer.

Bien que la nouvelle étude a porté uniquement sur un sous-ensemble des revendications — ceux qui s’élevaient au niveau d’un paiement pour faute professionnelle —, les chercheurs estiment que le nombre de patients souffrant d’erreur de diagnostic, potentiellement évitable, causant des blessures significatives et permanentes, ou la mort, chaque année, aux États-Unis, varie entre 80 000 à 160 000. Ils ont constaté que sur les 350 706 paiements, les erreurs de diagnostic sont le principal type d’erreur (28,6 %) et ont représenté la plus grande proportion du total des paiements (35,2 %). Les erreurs de diagnostic ont entraîné la mort ou l’invalidité presque deux fois plus souvent que les autres catégories d’erreurs.

Dans l’ensemble, les erreurs de diagnostic ont été sous-estimées et sont souvent peu reconnues, car ils sont difficiles à mesurer et à en faire le suivi en raison de l’écart fréquent entre le moment où l’erreur se produit et quand il est détecté. Ce sont des problèmes fréquents qui ont joué comme les seconds violons à des erreurs médicales et chirurgicales, qui sont immédiatement plus évidentes.

Certains experts croient que l’on a souvent minimisé la portée des erreurs diagnostic2 non pas parce qu’ils n’étaient pas au conscient de cette problématique, mais parce qu’ils avaient peur d’ouvrir une boîte de Pandore qu’ils ne pouvaient pas fermer. Des progrès ont été réalisés au regard d’autres types de préjudice pour le patient, mais cela ne va probablement pas être une solution magique en ce qui concerne les erreurs de diagnostic, car ils sont plus complexes et diversifiés que d’autres problèmes de sécurité des patients. Nous allons avoir besoin de beaucoup plus de gens en concentrant leurs efforts sur cette question si nous allons réussir à y faire face.

Ils ont également constaté que la plupart des réclamations pour erreur de diagnostic étaient reliées aux patients externes de soins hospitaliers (68,8 pour cent contre 31,2 pour cent), et les erreurs de diagnostic des patients hospitalisés étaient plus susceptibles d’être mortelles (48,4 pour cent contre 36,9 pour cent). La majorité des erreurs de diagnostic ont été des diagnostics ratés (misdiagnosis), plutôt que des retards ou de mauvais diagnostics. Ceci suggère que l’impact sur la santé publique de ces types d’erreurs est probablement beaucoup plus grave qu’on ne le croyait auparavant parce que les estimations antérieures sont basées sur les données d’autopsie, de sorte qu’ils ne comptent que le décès et non pas le handicap. Le bilan humain de diagnostics erronés est probablement beaucoup plus grand que l’étude ne le montre. Une estimation suggère que lorsque les patients consultent un médecin pour un nouveau problème, le taux d’erreur de diagnostic moyen peut être aussi élevé que 15 pour cent.

Ainsi, aux États-Unis, c’est donc une preuve de plus que les erreurs diagnostic pourrait facilement être le plus gros problème de sécurité et de fautes médicales pour les patients. Il y a beaucoup plus de préjudices causés les erreurs diagnostic que nous pouvons l’imaginer. Les erreurs de diagnostic (misdiagnosis) s’avèrent plus fréquentes, coûteuses et nocives, que les erreurs de traitements. L’erreur de diagnostic peut être définie comme un diagnostic qui est raté, erroné ou retardé, tel que détecté par certains tests ou constatations définitives ultérieurs. S’ensuit un préjudice découlant des méfaits du retard ou de l’échec du traitement de(s) condition(s) présentent alors que le diagnostic de travail (working diagnosis) s’avère erroné ou inconnu, ou découlant du traitement prévu pour une condition qui n’est réellement pas présente.

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Ainsi, les personnes atteintes de maladie mentale sont parmi les groupes de patients les plus stigmatisés dans le cadre des soins de santé (Putnam, 2008), et seraient plus susceptibles d’entretenir une mauvaise santé physique. De plus, au moins 14 études ont montré que les patients ayant une maladie mentale grave reçoivent de moins bons soins médicaux que les gens dit « normaux ». Selon une étude, l’espérance de vie d’une personne souffrant d’une maladie mentale grave est réduite de 25 ans.

Tout d’abord, nous devons déterminer ce que l’on entend par le terme « stigmatisation ». Le stigma est un stéréotype négatif. Corrigan (2005 ; Corrigan et al., 2004; Corrigan & Watson, 2002) classifie en trois types : « la stigmatisation publique», « l’auto-stigmatisation » et “l’évitement de l’étiquette”.

La stigmatisation publique (public stigma) est conceptualisée comme un processus par étapes : la pensée stéréotypée résultant de l’ignorance. Le public en générale infère la maladie mentale à partir d’indices explicites : les symptômes psychiatriques, les déficits en habiletés sociales, l’apparence physique et les étiquettes diagnostiques communs (Corrigan, 2000; Penn & Martin, 1998). Ces indices stigmatisante entraine souvent des stéréotypes (Corrigan, 2007; Krueger, 1996; Lauber & Rossler, 2007). Les stéréotypes les plus Répandues sur les personnes atteintes de maladie mentale sont la violence (personnes atteintes de maladie mentale sont dangereux), l’incompétence (ils sont incapables de vivre de façon autonome ou de produite un réel travail), et le blâme (en raison de la faiblesse de caractère ou de leur prorpre turpitude, ils sont responsables de l’apparition et la continuation de leur troubles) (Corrigan et al., 2000; Link et al., 1999). ; l’attitude négative, qui conduit à porter un préjudice ; et le comportement négatif, qui conduit à la discrimination. La stigmatisation publique relève du phénomène de grands groupes sociaux adhèrent aux stéréotypes négatifs, à propos, et subséquement agir contre, un groupe stigmatisé: dans ce cas-ci, les personnes atteintes de maladie mentale.

Or, la connaissance d’une série de stéréotypes n’implique pas un accord avec celle-ci (Devine, 1989; Jussim et al., 1995). Par conséquent, les résultats de la stigmatisation publique sont plus dommageables que lorsque les personnes qui ont des préjugés approuvent les stéréotypes négatifs et élicite des réactions émotionnelles négatives en résultante (” J’ai peur d’eux ») (Corrigan et al., 2009; Devine, 1995). Contrairement aux stéréotypes, qui sont des croyances, les préjugés impliquent un élément d’évaluation (généralement négative) (Allport, 1954; Eagly & Chaiken, 1993). Le préjugé est une réponse cognitive et affective qui mène à la discrimination, une réaction comportementale (Crocker et al., 1998). Le comportement discriminatoire constitue une action négative contre l’exo-groupe, qui peut se manifester par de l’évitement, le refus de s’associer aux membres de l’exo-groupe, ou par la perte d’opportunités ou des traitements susceptibles de promouvoir les objectifs d’une personne. La stigmatisation publique cause du tort aux gens qui souffrent de maladie mentale, et ce, à plusieurs égards. Les stéréotype, les préjugés et la discrimination peuvent voler aux gens étiquetés malades mentaux des importantes opportunités de la vie qui sont essentiels à la réalisation de leurs objectifs de vie. Il appert que certains employeurs évitent les travailleurs souffrant de maladie mentale en ne les embauchant tout simplement pas. Les locateurs “protége” leurs locataires de personnes atteintes de maladie mentale en refusant de leur en louer.

L’auto-stigmatisation (self-stigma) se produit lorsque certains ou tous les membres d’un groupes stigmatisés (ex: patients souffrants de troubles de santé mentale) intériorisent les attitudes [négatives] à leur égard, ce qui conduit à la perte de l’estime de soi et l’auto-efficacité, aisi qu’à des croyances et des comportements auto-destructeurs, notamment l’isolement, l’évitement des traitements et la divulgation d’informations qui peuvent avoir non seulement de graves répercussions sur leur vie personnelle, mais aussi sur leur statut d’emploi et les opportunités future. Avant l’apparition de la maladie mentale, la plupart des gens sont déjà conscients du stigmate endosser culturellement associé à la maladie mentale. Après avoir reçu un diagnostic, les croyances associées au stigmate sont activés, ce qui affecte l’estime de soi et la construction identitaire. Vivre au sein d’une culture imprégnée d’images stigmatisantes, les personnes atteintes de maladie mentale peuvent accepter ces notions et ainsi subir une diminution de l’estime de soi (Corrigan et al., 1999; Rosenberg, 1965), de l’auto-efficacité (Bandura, 1989), et la confiance en leur avenir (Corrigan, 1998; Holmes & River, 1998). La recherche montre que les personnes atteintes de maladie mentale intériorisent souvent les idées stigmatisantes largement adhérés au sein de la société et croient qu’ils sont moins appréciés en raison de leur trouble psychiatrique (Link, 1987; Link & Phelan, 2001). L’auto-préjudice conduit à des réactions émotionnelles négatives, proéminament, une faible estime de soi et une faible auto-efficacité (Link et al., 2001; Markowitz, 1998). Une faible auto-efficacité et faible estime de soi se sont révélés être associés à un défaut de poursuite d’un emploi ou des opportunités de vie autonome auquel les personnes atteintes de maladie mentale pourraient autrement réussir (Link, 1982, 1987). L’impact négatif de L’auto-stigmatisation sur l’estime de soi et l’auto-efficacité peuvent entraîner un effet d’impuissance apprise chez les personnes atteintes de maladie mentale (Corrigan et al., 2009).

L’évitement des étiquettes (label avoidance) est un troisième exemple de stigmatisation : les gens ne recherchent pas, ou participent à, des services de santé mentale, afin d’éviter l’impact flagrant d’une étiquette stigmatisante.

Rappelons que la stigmatisation diffère de la discrimination. La discrimination est un traitement injuste en raison de l’identité d’une personne, ce qui inclut la race, l’ascendance, le lieu d’origine, la couleur, l’origine ethnique, la citoyenneté, la croyance, le sexe, l’orientation sexuelle, l’identité sexuelle, l’expression sexuelle, l’âge, l’état matrimonial, l’état familial ou un handicap, y compris les troubles mentaux. Les actes de discrimination peuvent être ouvertes ou prendre la forme d’une discrimination systémique (secrète, caché).

La stigmatisation envers les personnes atteintes de maladie mentale par les fournisseurs en soins de santé se traduit par des disparités en terme d’accès, de traitement et de résultat (Birch, Lavender, & Cupitt, 2005; De Hert et al., 2011; Phelan & Basow, 2007). Les personnes atteintes de maladie mentale ont une incidence plus élevée de maladies chroniques et une espérance de vie plus courte que la population générale, mais leurs problèmes de santé sont souvent ignorés, car il sont déconsidéré et décridibilisé.

En 2007, une étude4 menée par le Royal College of Psychiatrists au Royaume-Uni a conclu que “une fois que l’équipe médicale est au courant qu’un patient a un problème psychiatrique, ils leur donnent des soins de moins bonne qualité”. Le rapport poursuit en expliquant que « les médecins n’aiment pas traiter avec des patients souffrant de troubles psychiatriques. Ils les considèrent comme différents et ils passent moins de temps avec eux. Ils ne proposent pas à ces patients la même intensité d’enquête, a contrario de ceux qui n’ont pas de trouble psychiatrique. C’est un traitement préjudiciable et inequitable.

De nombreuses personnes atteintes de maladie mentale rapporte donc souvent devoir subir les attitudes négatives du personnel de la santé mentale face à leurs pronostics diagnostic, liés en partie au « biais du médecin » (‘physician bias’). Le ‘diagnostic overshadowing’ semble être un phénomène courante dans les services de soins de santés, ce qui implique une mauvaise attribution des signes et symptômes de maladie physique à des troubles mentaux concomitants, conduisant ainsi à sous-diagnostic et a de mauvais traitements des conditions physiques5.

Vous pensiez qu’à mesure que les personnes deviennent de plus en plus éduquer aux complexes facteurs biologiques, sociaux et psychologiques qui vont composer la maladie mentale, ces personnes développerait en conséquence plus de compréhension et moins stigmatisant. Tant les professionnels de soins de santé et de la santé mentale contribuent régulièrement à renforcer les préjugés et la discrimination qui existe pour chez les personnes atteintes de maladie mentale.

À l’ère des soins centrés sur le patient, certains soutiennent que les médecins devraient s’abstenir de conseiller les patients ou de recommander un plan de traitement et devraient plutôt simplement rester neutre et présenter toutes les options et laisser exclusivement aux patients la décision finale. Nous et les autres pensent que dans une forte relation médecin-patient, les médecins doivent utiliser leurs connaissances médicales et l’expérience pour faire des recommandations afin d’aider les patients à faire des choix plus éclairés concernant leur traitement. Les patients peuvent être les ultimes décideurs quant au choix du traitement à initier, mais ils ont également besoin d’une expertise et des conseils du médecin pour faire les meilleurs choix.

En examinant plus de 25 ans de réclamation de paiements pour faute professionnelle aux États-Unis, les chercheurs du Johns Hopkins ont découvert que se sont les erreurs de diagnostic – et non les erreurs chirurgicales ou les surdoses de médicaments — qui représentaient la plus grande portion des réclamations d’assurances, la nuisance la plus sévère pour les patients, et le plus gros montant des pénalités réclamés. Les paiements liés au diagnostic se sont élevées à 38,8 milliards de dollars entre 1986 et 2010. C’est bien la preuves que les erreurs de diagnostic pourrait facilement être le plus gros problème de sécurité et de faute médicale pour les patients aux États-Unis. Il y a beaucoup plus de « mal » provenant des erreurs de diagnostic que nous pouvions imaginer.

Bien que la nouvelle étude a porté uniquement sur un sous-ensemble des revendications — ceux qui s’élevaient au niveau d’un paiement pour faute professionnelle —, les chercheurs estiment que le nombre de patients souffrant d’erreur de diagnostic, potentiellement évitable, causant des blessures significatives et permanentes, ou la mort, chaque année, aux États-Unis, varie entre 80 000 à 160 000. Ils ont constaté que sur les 350 706 paiements, les erreurs de diagnostic sont le principal type d’erreur (28,6 %) et ont représenté la plus grande proportion du total des paiements (35,2 %). Les erreurs de diagnostic ont entraîné la mort ou l’invalidité presque deux fois plus souvent que les autres catégories d’erreurs.

Dans l’ensemble, les erreurs de diagnostic ont été sous-estimées et sont souvent peu reconnues, car ils sont difficiles à mesurer et à en faire le suivi en raison de l’écart fréquent entre le moment où l’erreur se produit et quand il est détecté. Ce sont des problèmes fréquents qui ont joué comme les seconds violons à des erreurs médicales et chirurgicales, qui sont immédiatement plus évidentes.

Certains experts croient que l’on a souvent minimisé la portée des erreurs diagnostic non pas parce qu’ils n’étaient pas au conscient de cette problématique, mais parce qu’ils avaient peur d’ouvrir une boîte de Pandore qu’ils ne pouvaient pas fermer. Des progrès ont été réalisés au regard d’autres types de préjudice pour le patient, mais cela ne va probablement pas être une solution magique en ce qui concerne les erreurs de diagnostic, car ils sont plus complexes et diversifiés que d’autres problèmes de sécurité des patients. Nous allons avoir besoin de beaucoup plus de gens en concentrant leurs efforts sur cette question si nous allons réussir à y faire face.

Ils ont également constaté que la plupart des réclamations pour erreur de diagnostic étaient reliées aux patients externes de soins hospitaliers (68,8 pour cent contre 31,2 pour cent), et les erreurs de diagnostic des patients hospitalisés étaient plus susceptibles d’être mortelles (48,4 pour cent contre 36,9 pour cent). La majorité des erreurs de diagnostic ont été des diagnostics ratés (misdiagnosis), plutôt que des retards ou de mauvais diagnostics. Ceci suggère que l’impact sur la santé publique de ces types d’erreurs est probablement beaucoup plus grave qu’on ne le croyait auparavant parce que les estimations antérieures sont basées sur les données d’autopsie, de sorte qu’ils ne comptent que le décès et non pas le handicap. Le bilan humain de diagnostics erronés est probablement beaucoup plus grand que l’étude ne le montre. Une estimation suggère que lorsque les patients consultent un médecin pour un nouveau problème, le taux d’erreur de diagnostic moyen peut être aussi élevé que 15 pour cent.

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Des psychologues ont trouvé qu’une mauvaise nuit de sommeil aggrave les conflits relationnels

Un « bon sommeil » se définit par l’absence de somnolence pendant la période d’éveil. Qu’il soit de mauvaise qualité ou en quantité insuffisante, cela entraîne des effets à court et à long terme (dette chronique de sommeil). Les conséquences d’un manque de sommeil ou d’un sommeil de mauvaise qualité peuvent être sérieuses. Un sommeil déficient entraînerais des risques accrus, d’hypertension artérielle, d’accidents vasculaires cérébraux, de maladies du coeur, de diabète, d’obésité et de dépression. Aussi, le manque de sommeil serait la cause cachée de la majorité des « erreurs humaines » qui provoquent des accidents, selon des chercheurs de l’Université McGill. Chez les enfants, la privation de sommeil est associée à l’impulsivité, l’hyperactivité et l’inattention.

On sait d’ailleurs déjà que les problèmes relationnels peuvent nous tenir éveillés toute la nuit. Cependant, une nouvelle recherche de l’University of California à Berkeley (UC Berkeley) suggère que les nuits blanches peuvent également aggraver les conflits et la relation entre amoureux.

Les psychologues Amie Gordon et Serena Chen de UC Berkeley ont constaté que les gens sont beaucoup plus susceptibles de s’en prendre à leurs partenaires romantiques lors de tensions relationnelles, et ce, après une mauvaise nuit de sommeil.

« Les couples plus conflictuels sont moins heureux et en moins bonne santé », a déclaré Mme. Gordon, une étudiante au doctorat en psychologie et principal auteur de l’étude publiée en ligne dans la revue Social Psychological and Personality Science. « Notre recherche permet d’éclairer un facteur qui pousse les couples à s’engager dans des conflits inutiles et nuisibles en montrant que les couples font l’expérience de conflits plus fréquents et plus graves après des nuits blanches », a-t-elle ajouté.

Alors que de précédentes études indiquent qu’un sommeil pauvre aurait un impact négatif sur les relations amoureuses, ces nouveaux résultats jettent plus de lumière sur la manière dont le mauvais sommeil compromet l’habileté des couples à éviter et à gérer leur(s) conflit(s), selon les chercheurs.

« Pour la première fois, à notre connaissance, nous pouvons percevoir le processus de la manière dont la nature, le degré et la résolution des conflits sont négativement influencés par un mauvais sommeil », a déclaré Chen, professeur de psychologie à l’UC Berkeley.

Les chercheurs ont recueilli des données sur les habitudes de sommeil de plus de 100 couples qui avaient été ensemble, en moyenne, près de deux ans. Ils ont évalué les participants pour la dépression, l’anxiété et d’autres facteurs de stress afin de se concentrer uniquement sur le lien entre la qualité du sommeil des couples et les conflits relationnels.

Dans une expérience, 78 jeunes adultes en relations amoureuses ont fourni des rapports quotidiens sur une période de deux semaines sur la qualité de leur sommeil et leur stress relationnels. Dans l’ensemble, les participants ont rapporté plus de discorde avec leurs partenaires lors des jours qui suivent une nuit de mauvais sommeil.

« Même parmi les relativement bons dormeurs, une mauvaise nuit de sommeil était associée à davantage de conflits avec leur partenaire amoureux, le lendemain » a dit Chen.

Dans une deuxième expérience, 71 couples se sont présentés au laboratoire, et ont évalué la manière dont ils avaient dormi la nuit précédente, puis, tout en étant filmés, ont discuté avec leurs partenaires une source de conflit dans leur relation. Pour chaque couple, chaque partenaire a ensuite évalué ses propres réactions émotionnelles ainsi que celui de son ou sa partenaire au cours de la conversation conflictuelle, et enfin évaluer s’ils ont résolu le désaccord.

Les participants qui avaient mal dormi, et leurs partenaires, ont déclaré se sentir plus « négatif » envers l’autre tendre moitié, et ce, au cours de la discussion lors des conflits, selon les observations et de leurs rapports. Leurs compétences de résolution de conflits et la capacité d’évaluer avec précision les émotions de leurs partenaires ont également souffert après une mauvaise nuit de sommeil.

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SOURCE

Anwar, Yasmin (2013). “Sleepless nights can turn lovers into fighters”, Media Relations, July 8 2013, [http://bit.ly/157Y1KF].

Gordon, A. M., & Chen, S. (2013). “The Role of Sleep in Interpersonal Conflict Do Sleepless Nights Mean Worse Fights?”. Social Psychological and Personality Science.

Comment le rejet peut nuire à notre bien-être, ainsi qu’à notre santé psychologique et émotionnelle

La douleur, qu’elle soit causée par une blessure physique ou le rejet social, est inévitable au cours d’une vie, et le rejet semble parfois vraiment douloureux physiquement. Or, bien des rejets vécus peuvent générer des dégâts à notre bien-être psychologique ainsi qu’à notre santé psychologique et émotionnelle, qui va bien au-delà de la simple douleur émotionnelle. Commençons donc par examiner pourquoi le rejet fait si mal.

Le Ethan Kross Ph.D. et ses collègues à l’Université du Michigan ont scanné les cerveaux des participants dont les partenaires romantiques avaient récemment rompu avec eux. Les régions du cerveau associées à la douleur physique se sont activées alors que les participants visualisaient des photographies de leurs anciennes flammes (Proceedings of the National Academy of Sciences, 2011). Les effets du rejet se grefferaient sur les voies de la douleur physique dans le cerveau. Des études IRMf montrent que ce sont les mêmes régions du cerveau qui s’activent quand nous éprouvons du rejet et quand nous éprouvons de la douleur physique. C’est pourquoi le rejet fait tellement mal (neurologiquement parlant). En fait, notre cerveau réagit de manière similaire au rejet et à la douleur physique [a]. Ainsi, une certaine accumulation de preuves suggère qu’il y aurait un chevauchement de la douleur physique et de la douleur sociale, empruntant les mêmes circuits neuronaux et les processus sous-jacents [b]. Or, certaines études contredisent ce résultat [c].

L’acétaminophène (Tylenol) réduiriait la douleur émotionnelle que suscite le rejet. Pour tester l’hypothèse que le rejet « imite » la douleur physique, des scientifiques ont donné à quelques personnes de l’acétaminophène avant de leur demander de rappeler une expérience douloureuse de rejet. Les participants qui ont reçu Tylenol ont signalé des douleurs émotionnelles beaucoup moins vives que les sujets ayant reçu un placebo. Les psychologues supposent qu’il y aurait une raison spécifique pour le lien étroit entre le rejet et la douleur physique. L’acétaminophène réduit les réactions comportementales et neuronales associées à la douleur du rejet social, ce qui démontre un chevauchement important entre la douleur physique et sociale [d]. De plus, observer le rejet/l’exclusion active les régions associées à la mentalisation, et les personnes très empathiques ont activé deux régions, celui à la mentalisation, et celui associé à la douleur [e]. Le lien entre la douleur physique et sociale peut paraître surprenant, mais il serait logique biologique. En effet, au lieu de créer un tout nouveau système pour répondre aux événements socialement douloureux, l’évolution a simplement opté pour l’usage système préexistant de la douleur physique. Compte tenu du chevauchement partagé, il s’ensuit que si vous engourdissez à un type de douleur, cela devrait également engourdir la douleur d’un autre type.

Le rejet aurait servi une fonction vitale dans l’évolution humaine. En effet, à l’époque des chasseurs-cueilleurs, l’ostracisme tribal (exil; bannissement du groupe) pouvait s’avérer une véritable sentence de mort, car il y avait très peu de chance de survivre très longtemps seul sans l’aide du groupe. Les psychologues évolutionnistes supposent que le cerveau aurait développé un système d’alerte précoce pour nous informer d’une situation à risque d’ostracisme. Parce qu’il était si important d’attirer notre attention — ceux qui ont vécu le rejet de manière plus douloureuse (parce que le rejet « imite » la douleur physique dans leur cerveau) ont bénéficié d’un avantage évolutif — ils étaient plus susceptibles de corriger leur comportement et, par conséquent, plus susceptibles de ne pas être évincer de la tribu.

Les liens sociaux apportent d’immenses bénéfices pour le bien-être physique, psychologique et mental. Lorsque ces connexions (les liens sociaux) s’effondrent sous l’effet du rejet social, les gens éprouvent une détresse importante et la douleur émotionnelle. Certaines réponses au rejet peuvent être exacerbées ou affaiblies selon la manière dont les gens se représentent mentalement leurs liens avec les autres (leurs liens sociaux). Les gens qui recherchent les possibilités de rapprochement et qui craignent que leurs ouvertures soient rejetées par autrui peuvent avoir des réponses neuronales « accru » au rejet social, alors que les personnes qui ont des inquiétudes au sujet de la proximité avec les autres peuvent désactiver le système d’attachement, ce qui entraîne l’inhibition de réponses neuronales au rejet social, entrainant une réponse faible au rejet. Ainsi, certains résultats suggèrent que le style d’attachement serait impliqué dans la réaction au rejet [f].

Nous pouvons revivre et refaire l’expérience de la douleur sociale plus vivement que de la douleur physique; en d’autres termes, le seul souvenir de la douleur physique ne suscitera pas de douleur physique. Toutefois, tentez de revivre un rejet social qui a été douloureux, et vous serez inondés d’un bon nombre des mêmes sentiments que vous aviez à l’époque (et votre cerveau réagira avec autant d’intensité qu’il l’a fait à l’époque). Notre cerveau « privilégierait » les expériences de rejet parce que nous sommes des animaux sociaux et grégaires et qui aiment vivre en « tribus ».

Or, semble-t-il, nous aurions tous un fondamental besoin d’appartenir à un groupe (une « tribu »). Lorsque nous sommes rejetés, ce besoin « primal » est déstabilisé et la déconnexion du lien social que nous ressentons s’ajoute à notre douleur émotionnelle. Renouer avec ceux que nous aimons ou nous avons aimés, tendre la main aux membres de groupes auxquels nous sentons une forte affinité et qui nous apprécie et qui nous accepte pour ce que nous sommes soulagerait la douleur émotionnelle du rejet.

En 2001, le « Surgeon General of the U.S » a publié un rapport qui a déclaré que le rejet était un plus grand risque de violence chez les adolescents que les médicaments, la pauvreté ou l’appartenance à un gang. De nombreuses études ont démontré que même les rejets les plus bénins conduisent les gens s’en prendre à des spectateurs « innocentes ». Cependant, une grande partie de l’agressivité (et des agressions) comme suite au vécu du rejet est également tournée vers l’intérieur de la personne rejeté.

Le rejet nous catapulte dans une mission pour rechercher et détruire notre estime de soi. S’autoblâmer (autoculpabilisation) et attaquer son estime de soi ne fait qu’aggraver la douleur émotionnelle que nous ressentons et rend la récupération émotionnelle encore plus difficile. Les personnes ayant une faible estime de soi ont réagi plus négativement aux signes de rejet interpersonnel comparativement à ceux qui ont une forte estime de soi. Toutefois, des recherches antérieures ont montré que les différences individuelles dans le contrôle attentionnel peuvent atténuer les réactions négatives au rejet social parmi les personnes vulnérables et à faible estime de soi [g]. Or, certaines études contredisent le fait que le rejet affaiblit l’estime de soi [h].

Or, se rappeler une récente expérience de rejet et revivre l’expérience est suffisant pour que les gens obtiennent des résultats significativement plus faibles sur les tests ultérieurs de QI, tests de mémoire à court terme, et des tests de prise de décision [i,j,k,l]. En effet, lorsque nous sommes sous le choc d’un douloureux rejet, la réflexion ne s’avère clairement pas aussi simple que ça.

On le voit, en plus de la douleur psychologique et émotionnelle, on émet également l’hypothèse que la douleur suscitée par le rejet emprunte non seulement les voies de la douleur psychologique, mais également celle de la douleur physique. Le rejet social se produit essentiellement lorsqu’une personne est délibérément exclue d’une relation sociale ou de l’interaction sociale pour des raisons sociales plutôt que pratiques. Ce thème comprend à la fois le rejet interpersonnel (ou le rejet par les pairs) et le rejet sentimental. En outre, le rejet social peut se manifester lors de harcèlement, d’intimidation, de la marginalisation, de la stigmatisation, de l’étiquetage, d’être porté sur une liste noire, d’activités physiques et morales blessantes et/ou ridicules ou passives, en ignorant une personne ou en lui infligeant un type de « bizutage » silencieux. L’expérience face au rejet peut conduire à un nombre de conséquences psychologiques telles que la solitude, une faible estime de soi, une agressivité et une dépression. Cela peut également entraîner un sentiment d’insécurité et une haute sensibilité morale à de futurs rejets. Le rejet social augmente la colère, l’anxiété, la dépression, la jalousie et la tristesse. Il réduit les performances des tâches intellectuelles difficiles, et peut également contribuer à l’agression et au mauvais contrôle des impulsions (Current Directions in Psychological Science, 2011). Le rejet social incite souvent l’individu à tenter d’être conforme aux attentes (réalistes ou irréalistes) d’un groupe qui l’a précédemment rejeté dans l’objectif d’être accepté par celui-ci. Le rejet social rendrait une personne plus susceptible à la persuasion et aux suggestions et moins encline à s’affirmer et à exprimer ses limites.

De toute évidence, il y a de bonnes raisons de mieux comprendre les effets de l’exclusion. Les humains ont un besoin fondamental d’appartenance, tout comme nous avons besoin de nourriture et d’eau, nous avons aussi des besoins de relations positives et durables. Ce besoin est profondément enraciné dans notre histoire évolutive et a toutes sortes de conséquences sur les processus psychologiques modernes.

Aussi intelligents que les êtres humains soient, nous nous appuyons sur les groupes sociaux pour assurer notre survie individuelle. Nous avons donc évolué à vivre au sein de sociétés « coopératives », et pour la plupart de l’histoire humaine, nous dépendions de ces groupes pour notre vie. Comme la faim ou la soif, notre besoin d’acceptation est apparu comme un mécanisme de survie. « Un être humain solitaire n’aurait pas pu survivre pendant les six millions d’années d’évolution humaine alors que nous vivions dans la savane africaine ». Le rejet social favorise la culpabilisation et une faible estime de soi. Le rejet social rend vulnérable. Enfin, les personnes qui se sentent systématiquement exclues ont moins une bonne qualité de sommeil, et leurs systèmes immunitaires ne fonctionnent pas aussi bien que ceux ayant des liens sociaux forts.

Même de brefs épisodes de rejet, en apparence anodins, peuvent « piquer ». Dans une étude récente, Williams, Eric Wesselmann, PhD et ses collègues, du Purdue University, ont constaté que lorsque des participants croisère un inconnu qui semblait regarder « à travers eux » plutôt que de rencontrer leurs regards, ces derniers ont rapporté un lien social inférieur qu’avec les gens qui ont rencontré leur regard au passage de l’inconnu (Psychological Science, 2012). Heureusement, la plupart des gens se rétablissent presque immédiatement de ces brefs épisodes de rejet. Si un étranger ne parvient pas à vous regarder dans les yeux, vous n’êtes pas susceptible de vous y attarder très longtemps. Cependant, d’autres rejets communs — ne pas être invité à une fête, ou un refus d’une pour un deuxième rendez-vous amoureux — peuvent causer des émotions négatives persistantes.

Cela peut prendre un certain temps pour guérir d’une mauvaise rupture ou lorsque l’on a été congédié, mais la plupart des gens finissent par surmonter la douleur et les sentiments blessés du rejet. Lorsque les personnes sont chroniquement rejetées ou exclues, les conséquences peuvent être bien plus graves.

Il y a plusieurs manières de traiter les blessures psychologiques infliger par le rejet. Il est possible de traiter le rejet de la douleur émotionnelle suscitée et ainsi éviter les retombées cognitives, émotionnelles et psychologiques, relationnels qui se produisent dans son sillage. Pour le faire efficacement, nous devons aborder chacune de nos blessures psychologiques (c.-à-d. : apaiser la douleur émotionnelle, réduire la colère et l’agressivité, protéger l’estime de soi, et stabiliser le besoin d’appartenance.

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SOURCES

Winch, Guy (2013). “Ten Surprising Facts About Rejection”. Psychology Today, July 3 2013, [http://bit.ly/10zJKXA].

Weir, Kirsten (2012). “The pain of social rejection”. Monitor on Psycholog. American Psychological Association , April 2012, Vol 43, No. 4.

RÉFÉRENCES

[a] Eisenberger, N. I., Lieberman, M. D., & Williams, K. D. (2003). Does rejection hurt? An fMRI study of social exclusion. Science, 302(5643), 290-292.

[b] Eisenberger, N. I., & Lieberman, M. D. (2004). Why rejection hurts: a common neural alarm system for physical and social pain. Trends in cognitive sciences, 8(7), 294-300.

[c] Cacioppo, S., Frum, C., Asp, E., Weiss, R. M., Lewis, J. W., & Cacioppo, J. T. (2013). A Quantitative Meta-Analysis of Functional Imaging Studies of Social Rejection. Scientific Reports, 3.

[d] DeWall, C. N., MacDonald, G., Webster, G. D., Masten, C. L., Baumeister, R. F., Powell, C., … & Eisenberger, N. I. (2010). Acetaminophen reduces social pain behavioral and neural evidence. Psychological science, 21(7), 931-937.

[e] Masten, C. L., Morelli, S. A., & Eisenberger, N. I. (2011). An fMRI investigation of empathy for ‘social pain’and subsequent prosocial behavior. Neuroimage, 55(1), 381-388.

[f] DeWall, C. N., Masten, C. L., Powell, C., Combs, D., Schurtz, D. R., & Eisenberger, N. I. (2012). Do neural responses to rejection depend on attachment style? An fMRI study. Social cognitive and affective neuroscience, 7(2), 184-192.

[g] Gyurak, A., Hooker, C. I., Miyakawa, A., Verosky, S., Luerssen, A., & Ayduk, Ö. N. (2012). Individual differences in neural responses to social rejection: the joint effect of self-esteem and attentional control. Social cognitive and affective neuroscience, 7(3), 322-331.

[h] Blackhart, G. C., Nelson, B. C., Knowles, M. L., & Baumeister, R. F. (2009). Rejection elicits emotional reactions but neither causes immediate distress nor lowers self-esteem: A meta-analytic review of 192 studies on social exclusion. Personality and Social Psychology Review, 13(4), 269-309.

[i] Stillman, T. F., & Baumeister, R. F. (2013). Social Rejection Reduces Intelligent Thought and Self-Regulation. The Oxford Handbook of Social Exclusion, 132.

[j] Baumeister, R. F., Twenge, J. M., & Nuss, C. K. (2002). Effects of social exclusion on cognitive processes: anticipated aloneness reduces intelligent thought. Journal of personality and social psychology, 83(4), 817.

[k] Baumeister, R.F., Twenge, J.M., & Nuss, C. (2002). Effects of social exclusion on cognitive processes: Anticipated aloneness reduces intelligent thought. Journal of Personality and Social Psychology, 83, 817-827.

[l] Twenge, J. M., Catanese, K. R., & Baumeister, R. F. (2002). Social exclusion causes self-defeating behavior. Journal of Personality and Social Psychology, 83, 606-615.

L’usage des antidépresseurs toujours en hausse dans les pays riches

Selon l’OCDE, le taux d’augmentation des prescriptions ne correspond pas à l’augmentation globale des diagnostics, entrainant ainsi des inquiétudes chez les professionnels de la santé quant à l’utilisation excessive ou la sur-utilisation de médicaments.

L’usage d’antidépresseurs a ainsi bondi à travers le pays riche au cours de la dernière décennie, selon l’Organisation for Economic Co-operation and Development (OCDE), soulevant des inquiétudes chez les médecins selon laquelle il y aurait une sur-prescription de « pilules ».

Les chiffres montrent que dans certains pays les médecins sont en train d’écrire des ordonnances pour plus d’un adulte sur 10, avec l’Islande, l’Australie, le Canada et les autres pays nordiques européens en tête.

D’autres données, provenant des États-Unis celles-là, montrent que plus de 10 % des adultes américains utilisent le médicament contre la dépression. En Chine, le marché des antidépresseurs a augmenté d’environ 20 % pour chacune des trois dernières années, mais à partir d’une base plus faible.

Toutefois, le taux global de dépression n’a pas augmenté dans la même mesure, même si plus de gens sont diagnostiqués dans certains pays.

Dans son rapport « Health at a glace » (http://bit.ly/19KOcmN ; Panorama de la sante 2013 – http://bit.ly/LCogoJ), l’OCDE a déclaré que la hausse des niveaux de consommation pourrait s’expliquer par l’utilisation des antidépresseurs pour les cas légers de dépression. Toujours selon l’OCDE, la crise financière pourrait avoir été un facteur contribuant à la plus récente augmentation de l’usage, notamment pour l’Espagne et le Portugal, par exemple,ou les prescriptions d’antidépresseurs ont fait un bond de plus de 20 % au cours des cinq dernières années.

La plupart des psychiatres s’accordent à dire que les antidépresseurs fonctionnent mieux pour les personnes atteintes d’une maladie grave, mais ne sont pas censés être comme premier recours pour les personnes souffrant de dépression légère. Nous savons également que les antidépresseurs fonctionnent pour dépression modérée à sévère. La consultation et les thérapies par la parole, comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), sont reconnus comme tout aussi efficace sur le long terme. Mais les psychothérapies sont une « denrée » rare dans de nombreux pays. Ainsi, on pourrait supposer que l’explosion de l’usage d’antidépresseurs que l’on constate actuellement dans la plupart des pays reflète le fait que beaucoup de personnes souffrant de dépression modérée à sévère reçoivent un traitement — et que ce serait une bonne chose.

Cependant, le point négatif, c’est que beaucoup de personnes reçoivent des antidépresseurs alors qu’ils ne devraient pas en obtenir. Les médecins et les fournisseurs de soins de santé doivent être en mesure de reconnaître correctement la dépression afin que ceux qui ont réellement besoin d’antidépresseurs en reçoivent et que les cas bénins ne devraient pas se voir attribuer une prescription. Or, la plupart des experts s’entendent pour dire que les antidépresseurs sont sur-prescrits pour certaines personnes, mais sous-utilisés pour d’autres.

Les antidépresseurs sont largement sur-prescrits pour se débarrasser du chagrin et de la peine. Ces médicaments n’ont pas été conçus pour cet usage. Le chagrin et la peine font partie de la condition humaine. Mais la vraie dépression clinique, elle, répond aux antidépresseurs. Et ne pas prescrire dans ces cas relève à condamner inutilement l’individu à vivre la maladie beaucoup plus longtemps. Certains cliniciens croient que l’augmentation des prescriptions d’antidépresseur est le résultat d’une meilleure reconnaissance de la dépression, et ce, dans de nombreux pays. Or, il est toutefois beaucoup plus probable que cela relève d’un résultat de la commercialisation efficace de l’industrie pharmaceutique.

La flambée de l’utilisation des antidépresseurs relève de la pression croissante à la médicalisation du malheur (du chagrin et de la peine), qui se justifierait par le manque de ressources et de temps ainsi qu’à la faible disponibilité d’autres traitements thérapeutique entrainant ainsi les médecins à faire un sur-usage de prescriptions. Nous médicalisons les situations les plus courantes : conflit, séparation, vicissitudes de l’existence. Ils seraient prescrits trop facilement. Si vous prenez un antidépresseur et que cela ne fonctionne pas, vous ne pensez pas que c’est parce que vous pourriez ne pas être déprimé, mais que vous devez prendre un plus fort.

Dans une étude de la WHO en 2011 (Bromet, 2011), à l’échelle plantaire, les femmes étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir des périodes de dépression que les hommes. De plus, aux États-Unis et en Europe occidentale, le taux de dépression est plus élevé chez les personnes plus jeunes.

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La croissance des dépenses pharmaceutiques s’est ralentie dans de nombreux pays de l’OCDE ces dernières années. Pourtant, le Canada se hisse au troisième rang des pays où l’on consomme le plus d’antidépresseurs, selon les plus récentes statistiques de l’OCDE. Depuis le début du millénaire, parmi les 21 pays recensés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), seules l’Islande et l’Australie devancent le Canada au chapitre de la consommation de médicaments contre la dépression. On note également que la consommation d’antidépresseurs augmente tandis que le nombre de personnes atteintes de dépression reste stable.

L’augmentation de l’utilisation des antidépresseurs peut aussi être partiellement expliquée par le sentiment d’insécurité provoqué de la crise économique (Gili et al., 2012). La crise financière est considérée comme un facteur évident d’augmentation de la consommation d’antidépresseurs. Pourtant, par exemple en France – qui pointe au 13e rang mondial, loin derrière l’Islande, l’Australie et le Canada -, la crise économique persistante n’a toutefois pas d’impact sur l’accroissement de la consommation d’antidépresseurs.

Or, la consommation moyenne d’antidépresseurs dans les 23 pays membres de l’OCDE est ainsi de 56 cachets par… jour pour 1 000 habitants. Avec 86 “pilules du bonheur” –  l’Islande (106) et l’Australie (89) -, le Canada se hisse donc au troisième rang des consommateurs d’antidépresseurs. Mais l’un des bonds les plus importants a été enregistré en… Allemagne (+ 46 % entre 2007 et 2011), un pays pourtant montré en exemple pour sa bonne santé économique.

Toujours selon le rapport,  l’explosion du nombre de travailleurs pauvres, la proportion toujours plus importante de salariés cumulant plusieurs emplois pour boucler leurs fins de mois et la pression accrue sur les lieux de travail expliquent en partie cette “anormalie”. L’OCDE explique aussi la hausse de la consommation de psychotropes relève entre autre de l’accroissement de l’intensité et de la durée des traitements parmi les facteurs qui peuvent expliquer la hausse générale de la consommation d’antidépresseurs (or pourtant, une étude de l’ISQ constate que les québécois se conforme peu à leur traitement médicamenteux). En Angleterre, par exemple, la hausse de la consommation est liée à un allongement du traitement médicamenteux (Moore et al., 2009). La hausse de consommation peut aussi s’expliquer par l’extension des indications de certains antidépresseurs à des formes plus légères de dépression, à l’anxiété généralisée ou à la phobie sociale (Hollingworth et al., 2010 ; Mercier et al., 2011) ; Ces extensions ont fait l’objet de réserves quant à leur pertinence. On cite également à titre de cause possible, une plus grande prise de conscience du phénomène de la dépression, une évolution de l’acceptabilité sociale et la volonté d’obtenir un traitement lors des épisodes de dépression, jouent un rôle dans la hausse de la consommation.

Semble-t-il, les médecins n’hésitent plus en outre à prescrire des médicaments pour des patients souffrant de symptômes légers. Ces derniers, en nombre croissant, se rendent également chez les généralistes pour demander de l’aide quand leur moral retombe un peu, ce qui n’était pas forcément vrai il y a quelques années de cela [et serait également lié par l’extension des indications des médicaments].

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SOURCES

Boseley, S., Editor, H., Chalabi, M., & Rice-Oxley, M. (2013, November 20). “Antidepressant use on the rise in rich countries, OECD finds“, the Guardian. Retrieved November 25, 2013, from http://www.theguardian.com/society/2013/nov/20/antidepressant-use-rise-world-oecd

Rice-Oxley, M., & Fishwick, C. (2013, November 21). “Medicalisation of misery to blame for soaring use of antidepressants, say GPs“, the Guardian. Retrieved November 25, 2013, from http://www.theguardian.com/society/2013/nov/21/prescribing-culture-blame-rise-antidepressants

LePoint.fr (2013). “Les Français ne sont pas si accros que cela aux antidépresseurs“, 22 novembre 2013, http://bit.ly/LPqbHo

OCDE (2013), “Panorama de la santé 2013 : Les indicateurs de l’OCDE“, Éditions OCDE, http://dx.doi.org/10.1787/health_glance-2013-fr

Bromet, Evelyn, et al. “Cross-national epidemiology of DSM-IV major depressive episode.” BMC medicine 9.1 (2011): 90.