Inequality for all : Le cycle de la pauvreté s’avère psychologique, non pas seulement financier

La pauvreté demeure l’un des problèmes les plus pressants auxquels le monde entier doit faire face; les mécanismes par lesquels la pauvreté se pose et se perpétue, cependant, restent encore mal compris.

Plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde vivent avec moins de 1 dollar par jour (parité de pouvoir d’achat en dollars, décembre 2013). Ce manque de moyens financiers a de lourdes conséquences : en Afrique, la personne moyenne meurt 21 ans plus tôt qu’en Europe, un tiers de la population est analphabète, et un enfant sur trois souffre d’un développement de croissance retardée. La pauvreté économique signifie vivre dans la misère, mourir précocement et élever des enfants qui font face à des perspectives similaires.

Lorsque l’on pense à ceux qui sont moins fortunés, l’on dit souvent que l’on devrait se placer dans leurs souliers.

Mais la recherche suggère que cela s’avérerait pourtant difficile, car être pauvre affectent non seulement les circonstances ainsi que l’environnement d’une personne, mais également, et plus fondamentalement, sa manière de penser et prendre des décisions. Dans un nouveau document de synthèse dans la revue Science, faisant partie d’un numéro spécial sur la « science de l’inégalité », deux chercheurs détaillent le cycle psychologique ainsi créé lorsque l’on vie dans la pauvreté rendant ainsi d’autant plus difficile de quitter cette situation qui s’avère ainsi pernicieuse.

Un nombre croissant d’études montrent aujourd’hui que la pauvreté rend les gens plus stressés. Ce stress — définie comme la réaction d’un organisme à des exigences environnementales dépassant sa capacité d’adaptation ou régulatoire — génère une « aversion au risque » chez ces personnes, ce qui les rend « myope » (perspective à court terme), dans le sens où ils sont plus susceptibles de prendre des décisions qui leur profitent sur le moment présent que sur le long terme (perspective à long terme). Cela peut donc favoriser une certaine limitation sur ce que vous êtes prêt à « investir » pour l’avenir, en termes de soins de santé, d’éducation, et ainsi de suite.

Ainsi donc, la pauvreté peut, en particulier, de réduire la volonté à prendre des risques et à renoncer au revenu courant en faveur des revenus futurs plus élevés. Cela peut se manifester par une faible volonté d’adopter de nouvelles technologies et à la faiblesse des investissements dans les résultats à long terme tels que l’éducation et la santé, qui peut ainsi diminuer les revenus futurs. Ainsi, la pauvreté peut favoriser des comportements qui rendent plus difficile à échapper à la pauvreté.

Deux mises en garde s’imposent d’emblée. Premièrement, la pauvreté se caractérise, non seulement par des revenus insuffisants, mais également par des institutions dysfonctionnelles, l’exposition à la violence et la criminalité, le manque d’accès aux soins de santé, et une foule d’autres obstacles et leurs inconvénients. Cette diversité complique un compte unique et simple de la relation entre la pauvreté et la psychologie. Cependant, une première étape utile peut être faite en mettant l’accent sur la pauvreté matérielle comme un puissant élément central et annonciateur des propriétés auxiliaires de la pauvreté, et il n’est pas question ici de suggérer que les pauvres sont à blâmer pour leur pauvreté. Bien au contraire, un environnement de pauvreté dans lequel on nait peut déclencher des processus qui renforcent la pauvreté. Sur ce point de vue, n’importe qui peut être pauvre si ce n’était pas par le fait de certaines coïncidences environnementales.

Les personnes vivant dans la pauvreté, en particulier dans les pays en développement, se sont montré, et ce répétitivement, à entretenir une aversion au risque et à être plus susceptibles d’actualiser les rendements à venir que les individus les plus riches ; les ménages plus aisés ou ceux dont les revenus annuels sont supérieurs affichent également des niveaux inférieurs à l’aversion au risque.

Haushofer et son collègue, Ernst Fehr de l’Université de Zurich, ont passé en revue une longue liste d’études qui révèlent comment cette relation entre le stress et la prise de décision affecte les pauvres. Pris ensemble, la relation crée une boucle de rétroaction qui perpétue le cycle de la pauvreté : psychologiquement, non pas seulement financièrement, les pauvres ont du mal à prendre des risques sur le long terme et ainsi investir dans leur avenir, et donc restent pauvres et plus stressés.

Pour Haushofer, ce qui est le plus surprenant, ce n’est pas la preuve en elle-même, mais combien la preuve contredit les perceptions du public au sujet de la pauvreté. Beaucoup de gens pensent et croient que les pauvres sont heureux de vivre une vie simple et sans tracas. C’est tout simplement faux, selon Haushofer. Les données ne supportent pas du tout ces affirmations. De même, les gens ont souvent le réflexe de blâmer les pauvres parce qu’ils prennent de mauvaises décisions, et ont ainsi peu d’empathie pour leurs difficultés psychologiques. En réalité, la situation de la pauvreté elle-même exerce « un énorme pouvoir » sur les décisions que ces personnes font.

Bien que les chercheurs n’ont peu ou pas de réponse, ils en appellent à ce que plus d’attention soit accordée à l’amélioration des niveaux de stress et du bien-être psychologique des pauvres en terme de stratégie visant à lutter contre la pauvreté elle-même. Si cette boucle de rétroaction entre la pauvreté, le stress et la prise de décision existe, alors la prochaine étape que nous établir est évidemment de le « casser ».

— –

sources

  1. Leber, Jessica (2014). “The Cycle Of Poverty Is Psychological, Not Just Financial”, http://www.fastcoexist.com/3030884/the-cycle-of-poverty-is-psychological-not-just-financial
  2. Haushofer, J., & Fehr, E. (2014). On the psychology of poverty. Science, 344(6186), 862-867, http://www.sciencemag.org/content/344/6186/862.full.

 

Advertisements

[DRAFT] De la plutocracie ; de la démocratie en péril et du capitalisme

LE ROLE DE L’ÉTAT : AVENIR DE LA PROTECTION SOCIALE EN CONTEXTE DE MONDIALISATION

Does the needs of the many outways the need of the few, or the one?

Condensation de la richesse et Guerre de l’emploi

Ainsi donc, peut-on laisser une entité groupale « clique de riches » dicter les politiques publiques et sociales du Québec alors que ceux-ci sont contre l’intervention de l’état me semble contradictoire et capricieux? Cette clique serait-il le témoignage de la concentration de la richesse (ou condensation de richesse), processus par lequel, dans certaines conditions, la richesse nouvellement créé a tendance à se concentrer entre les mains de personnes ou des entités déjà-riches. Ceux qui détiennent la richesse ont les moyens d’investir dans de nouvelle source de richesse ou autrement utiliser l’accumulation de la riche se comme levier, étant ainsi bénéficiaire de la nouvelle richesse.

Outre les super-riches, principalement deux groupes font la manchette : les opérateurs financiers (officier corporatifs) et les dirigeants d’entreprise[*]. En plus de leurs salaires directs, ils obtiennent toutes sortes d’avantages indirects : des primes, des actions, des options d’achat d’actions, des retraites en or. Il agit d’un phénomène de société qui touche non seulement des financiers et des dirigeants d’entreprise, mais aussi près d’un million et demi de cadres supérieurs, de professionnels, d’athlètes et d’artistes. Notons toutefois que la tranche de 1 % des Québécois les plus riches est trois fois et demie moins riche que son pendant américain. 80% des familles québécoises sont encore plus pauvres que 80% des familles américaines[*].

Or, la condensation des richesse est plus grande dans les pays anglo-saxon comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, que dans les pays européens comme la France, au Japon et même au Québec. Ainsi, 20 % des Canadiens détiennent 75 % des actifs du pays; les familles du quintile supérieur détenaient 75 % de la richesse totale des ménages en 2005, contre 73 % en 1999 et 69 % en 1984.[*]! Depuis deux décennies, seules les familles de la tranche supérieure de 10 % ont augmenté leur part de la richesse totale.

Notons également que sous le principe de la condensation de la richesse, les riches québecois risque fort de se faire absorber par les plus riches qu’eux. Et dans le contexte de la mondialisation, certe cela signifie que l’on puisse accéder à de nouveaux marchés, mais le Québec deviens-lui même accessible. S’il y a condensation de la richesse au Québec, il en sera de même sur l’échiquier mondiale.

(CO)construction d’une société

Notons que le cout de la vie est typiquement le même pour tous. Dans une économie de marché libre, les facteurs contribuant au cout de la vie s’ajustera de sorte que les plus pauvres de la société sont forcé de dépenser tout leurs revenus sur les besoins de base (nourriture, habitation, santé), alors que les riches auront un revenu exédant sufissant pour épargner et investir (voir: meritocracy). Le processus par lequel les officiers corporatifs sont payé avec des salaires, primes et bonus élevés (voir: oligarchy), la compensation totale pouvant allez jusqu’à 30000 fois le salaire le plus bas d’un employé de l’entité. Il y a donc une décconection sustentielle entre a) la performance des officiers et les compensations, et b) les compensations des officiers par rapport à ceux des travailleurs, et que les officiers sont compensé à des niveaux disproportionné parce qu’il font déjà partie d’une élite et que cela constitue une métode d’auto-perpétuation visant à maintenir une classe d’élites (voir:neofeudalism). Si l’économie de plusieurs pays sont organiser selon l’intérêt de surper-riches, ou relève de la ploutocratie – du grec ploutos : richesse ; kratos : pouvoir; consiste en un système de gouvernement où l’argent constitue la base principale du pouvoir -, il y a de forte probabilité qu’une condensation de la richesse s’ensuivra par le choix de politiques gorvernementales au détriments de la classe moyenne et inférieure. D’un point de vue social, cette concentration du pouvoir dans les mains d’une classe sociale (clique de riches) s’accompagne de fortes inégalités et d’une faible mobilité sociale.

Devons nous donc abandonner la responsabilité de la (co)construction de la société aux riches (réseaux bancaires, multinationales, officiers corporatifs, et super-riches), comme le suggère “la Droite”, dont le seul but, généralement, est d’engrenger le plus de richesses possibles à court terme?

The Top 15 Canadian companies based on profits[*]:
2010 Rank Company Ticker 5-Year Return (%) Sector Profit in ($mil)
1 Royal Bank of Canada RY 94.8 commercial banks 3,858
2 Bank of Nova Scotia BNS 58.1 commercial banks 3,547
3 The Toronto-Dominion Bank TD 78.6 commercial banks 3,120
4 Research In Motion Ltd. RIMM 127.1 communications equipment 2,731
5 EnCana Corp. ECA 50.3 oil, gas & consumable fuels 2,124
6 Canadian National Railway Co. CNI 76.2 road & rail 1,854
7 Teck Resources Ltd. TCK 116.1 metals & mining 1,831
8 Bank of Montreal BMO 39.1 commercial banks 1,787
9 BCE Inc. BCE 26.2 diversified telecommunication 1,738
10 Great-West Lifeco Inc. N/A 30.7 insurance 1,699
11 Canadian Natural Resources Ltd. CNQ 131.7 oil, gas & consumable fuels 1,580
12 Imperial Oil Ltd. IMO 34.9 oil, gas & consumable fuels 1,579
13 Enbridge Inc. ENB 86.8 oil, gas & consumable fuels 1,562
14 Rogers Communications Inc. RCI 123.8 wireless telecommunication serv. 1,478
15 Power Financial Corp. N/A 25.8 insurance 1,439

 

17 Québécois (ou famille québécoises) d’origine ou d’adoption dans le classement des 100 plus riches Canadiens[*]:
Rang QC Rang CAN Nom Fortune (M$) Variation (09-10)
1 6 Famille Saputo 4340 23,50%
2 7 Paul Desmarais Sr 4270 -0,02%
3 13 David Azrieli 3070 4,70%
4 24 Famille Bombardier 2350 11,70%
5 27 Stephen Jarislowsky 1980 6,90%
6 29 Marcel Adams 1850 4,40%
7 39 Guy Laliberté 1560 3,40%
8 40 Jean Coutu 1530 33,50%
9 42 Robert Miller 1490 5,90%
10 53 Famille Kruger 1220 10,90%
11 59 Larry Rossy 1060 5,10%
12 66 Charles Sirois 960 5,40%
13 85 Aldo Bensadoun 730 14,70%
14 86 Alain Bouchard 720 41,30%
15 89 Famille de Gaspé-B. 680 4,20%
16 93 Serge Godin 660 33,70%
17 99 Frères Péladeau 610 -9,10%

On a montré que l’écart entre les riche et les pauvres est une tendance croissante. Ainsi, au Canada, En 1998, les 100 plus riches gagnaient 105 fois plus que le Canadien moyen; aujourd’hui, c’est 189 fois[*]. Entre-temps, les revenus des Canadiens moyens ont fait du sur-place au cours des dernières années. Le revenu moyen des 100 Canadiens les plus riches s’est élevé à 8,38 millions de dollars, comparativement à 44 366 $ pour la moyenne des Canadiens, selon une étude.

Le modèle québecois!

La droite peint-elle volontairement un portrait pessimiste du Québec[*]? Selon moi, ce paysage pessimiste du Québec dépeint par la Droite s’avère relativement juste. Cependant, volontairement populistes, la stratégie ne vise pas à miner « l’estime de soi » des Québécois mais bien à capitaliser, en se présentant comme une alternative, à l’échec, ou du moins, aux lacunes et dérives, du modèle social québécois, modèle dont ont remonte la naissance aux suites de la Révolution tranquille. Clairement, la Gauche, porteur et défenseur du modèle québécois, fragmenté, est en crise et n’a pas réussi à se moderniser et s’est empêtré dans un discours identitaire et nationaliste incompatible aux réalités complexes des sociétés d’aujourd’hui. La Droite, elle, sort de l’ombre, constatant que son ennemi git, agonisant, et profite de l’occasion pour se mettre de l’avant.

Le libertarianisme s’oppose donc au modèle social québécois s’il en est un, et l’État, digne représentant de la social-démocratie, des politiques publiques et sociales, du modèle québécois, est devenu une machine subordonnée à l’économie. De fait, l’interventionnisme — doctrine selon laquelle l’État doit intervenir dans les affaires économiques — est confondu avec la nécessité d’avoir des institutions sociales et publiques, sous l’égide du gouvernement.

Ainsi, essentiellement d’ordre économique, les solutions de la Droite portent généralement sur les coûts (déficits) entraînés par les politiques publiques et sociales et les dérives systémiques. J’estime donc que la Droite, au lieu de proposer une réforme du système actuel comme devrait le faire la Gauche, utilise comme prétexte ces lacunes et dérives pour mettre de l’avant une droite salvatrice. Rien ne fait figure de (co)construction d’une société.

Quant à l’équité intergénérationnelle, ce discours semble essentiellement destiné à plaire aux jeunes qui comprendront bien assez rapidement qu’ils auront à vivre plus pauvres baby-boomers, à travailler plus que les baby-boomers, à payer pour le fiasco du modèle social des baby-boomers, et enfin à payer la retraite des baby-boomers. Et ainsi donc se pose la Droite comme’alternative à une réforme du modèle québécois.

Le Droite mise donc sur la frustration et la colère des perdants (jeunes) ainsi et de ceux qui souffrent des lacunes et dérives du modèle social québécois pour mettre de l’avant leur options, essentiellement de nature économique, sans tenir compte de la (co)construction d’une société.

« […] la génération qui est aujourd’hui dans la vingtaine s’avère encore plus attachée que ses aînés au modèle social-démocrate qui prévaut ici » (1). Les Québécois seraient-ils plus « solidaires » que « lucides »? Cependant, face à l’illusion tranquille, force est de se demander si cette fameuse génération ne vit pas dans vision politique et sociale mystifiée et idéale, très éloignée de la réalité, une erreur de perception provoquée par une apparence trompeuse, ou une interprétation fausse ou parcellaire de la réalité. Est-il question de remettre en cause le fameux « modèle québécois »? En effet, la complexification des sociétés, des économies, des communautés humaines, des relations humaines, nous amène donc dans une ère qui demande, et exige même, un changement paradigmatique. L’évolution du « modèle québécois » s’inscrit-elle dans l’exercice de la gestion de la complexité?

La citoyenneté est autrement plus exigeante sur le plan de l’exercice des responsabilités individuelles et collectives, et alors que le cynisme envahissant accentue le sentiment d’éloignement et d’impuissance, voire d’indifférence, que ressentent de nombreux citoyens à l’égard de la chose publique, le scepticisme gagne ces citoyens, floués par des mercenaires de la politique.

Rappelons que l’expression « modèle québécois » renvoie au mode particulier de gestion économique et sociale qui s’est développé au Québec depuis 1960.

Ainsi, les conceptions théoriques dominantes qui ont eu cours à cette époque et qui nous ont permis de produire un ensemble de changement dans la société québécoise sont périmées. Ces changements n’ont pas été « une fin en soi », comme bien des gens l’on crut, mais constituait bien le début d’un cheminement qui exigeait un « État de veille », et leur vigilance critique aurait été indispensable pour s’assurer, justement, que l’oeuvre ne soit pas dénaturée par l’économie de marché et la surconsommation. Pour moi, la social-démocratie n’a pas permis d’éviter les effets pervers de l’hyperconsommation sur l’évolution du tissu social. Elle n’a pas permis de maintenir cette démarche liée à l’élaboration et à la mise en oeuvre du contrat social et il s’agit donc alors de recibler nos analyses de la nation, non pas en fonction d’illusoires contrats sociaux et moraux, mais bien de manière à saisir pourquoi ses paramètres sont contestés. Ainsi donc, le monde a changé et il nous faut nous adapter aux nouvelles réalités.

Cette absence de vigilance critique, d’esprit critique, à mené à ce que l’on appelle le statu quo et la pensée unique, réfractaire aux changements : « […] la moindre évolution dans le fonctionnement de l’État, le moindre projet audacieux, le moindre appel à la responsabilité, la moindre modification dans nos confortables habitudes de vie sont accueillis par une levée de boucliers, une fin de non-recevoir, au mieux par l’indifférence. »

La gestion économique québécoise se distingue par un mode particulier de concertation qui s’y est développé à partir du milieu des années 1970 entre l’État, le monde patronal et les syndicats. Les syndicats participent donc directement aux décisions et stratégies corporatives. Ainsi, les syndicats sont particulièrement pointés du doigt : « À l’heure actuelle, le discours social québécois est dominé par des groupes de pression de toutes sortes, dont les grands syndicats, qui ont monopolisé le label “progressiste” pour mieux s’opposer aux changements qu’impose la nouvelle donne. »

Toutefois, pour plusieurs, les politiques sociales constituent une caractéristique de la gestion des affaires publiques québécoises et doivent de ce fait être comprises dans la définition du modèle québécois. La Révolution tranquille a certes été un tournant en ce qui a trait aux politiques sociales. La situation s’étant renversée radicalement en 1960 : un rattrapage accéléré s’est effectué et le Québec s’est souvent trouvé à l’avant-garde en matière de politique sociale et de redistribution des revenus.

Intervention de l’État

L’innévitable question du rôle de l’état dans la (co)construction d’une société dans un contexte de Mondialisation doit être aborder de front. Or, de par la perte d’influence des politiciens sur l’Économie, leur rôle sera désormais dévolu aux aspects sociaux***. Le façonnement de politiques publiques et sociales, processus complexe et multiforme qui implique l’interaction d’une multitudes d’individus et d’entités groupales, collaborant ou se concurrencant, pour influencer les décideurs politiques, s’enracine dans la société civile pour alimenter le gouvernemant. Ces individus et ces groupes utilisent une variété de stratégies, tactiques et d’outils pour faire avancer leurs objectifs, notamment en défendant leurs positions publiquement, en tentant d’éduquer des partisans et les opposants, en la mobilisation des alliés sur une question particulière. Il en est de même en matière de politiques sociales.

Les politiques publiques et sociales sont des stratégies conduites par les institutions et administrations publiques qui appartiennent au gouvernement avec un ensemble de moyens (humains, financiers et matériels) pour agir sur une situation structurelle ou conjoncturelle déterminée (infrastructure, santé, famille, logement, emploi, formation professionnelle, recherche, fonction publique, crise, déficit), afin d’atteindre un ensemble d’objectifs préalablement fixés (égalité, justice, santé publique, bien-être social, résorption de la crise, du déficit budgétaire).

On ne peut considéré l’État (gouvernement) sans la société civile, ni la société civile sans l’intervention de l’état dans le domaine publique. Or, la régulation économique, peut-elle être produite que par le gouvernement? L’État est-il devenu une machine déconnecté du tissu social, d’une communauté de communautés, et destiné exclusivement aux aspect économiques. Entre le “Capitalisme d’État” et la “Plutocracy“, trouverons nous un juste milieu?

Darwinisme social

Darwinisme économique

L’objectif fondamentale du grégarisme humain relève de la survie et de l’adaptation. L’aboutissement de cette socialisation donne naissance à la civilisation. De la civilisation émerge l’État. Or, les conditions humaines sont devenue telle qu’il émerge un phénomène d’individualisation. Avant, on dépendait des autres pour vivre et s’adapter, aujourd’hui, nous somme des travailleurs en compétitions pour accéder au marché de l’emploi. On reviens ainsi à la case départ, une sorte de contradiction émerge donc: on vie ensemble, individuellement. C’est donc une transformation des interactions humaines. On se pose donc la question : pourquoi vivre ensemble? Pour travailler ou pour la (co)construction d’une société.

DU CRÉDIT ET RICHESSE COLLECTIVE

On semble négliger de faire la distinction entre l’enrichissement individuel et l’enrichissement collectif. L’enrichissement individuel lié à une augmentation du nombre d’individus riches ne garantit pas nécessairement de meilleurs politiques publiques, politiques sociales, ou un meilleur environnement socioéconomique, et l’enrichissement collectif.

L’argument essentiellement fondé sur le fait que plus il y a de riches, plus la société deviendra riche, ne me semble pas nécessairement juste et fondée, de par le phénomène de la condensation de la richesse, qui représente une force allant à contre sens. Or, bien que je sois convaincu que tous les riches sont des personnes extraordinaires et qu’ils soient altruistes, pourtant il semble qu’au Québec, se sont bien les politiques publiques et sociales qui ont favorisé un environnement socio-économique favorable « à la distribution de la richesse » sous formes, entre autres, de programmes sociaux. Mais l’État ne se limite pas seulement à la production de politiques publiques et sociales.

Or c’est par le billet, entre autres, des impôts et taxes, que la richesse collective s’abreuve et par des politiques déterminés collectivement. Plus de personnes riches ne signifient pas aller à l’encontre de la concentration de la richesse.

De plus, c’est également par les salaires que la richesse se fait sentir. Or, je n’ai jamais vu une entreprise consentir des salaires plus élevés en guise de politique sociale (les politiques sociales ne peuvent pas être soumises aux lois du marché, de la profitabilité). Certes, à titre d’exemple, on parle de conciliation travail/famille, mais c’est surtout pour s’assurer que travailleurs vaques, et non pas en guise de politiques sociales ; ce n’est donc pas pour optimiser le développement de la progéniture. Ainsi donc, semble-t-il, ce ne sont pas les pauvres qui profitent des garderies, mais les personnes de la classe moyenne. Des garderies sont en partie dédiées aux entreprises, et non pas aux citoyens, ce qui constituerait un détournement de leurs destinations fondamentales.

Et c’est sans compter sur la guerre de l’emploi (angl.: Jobs War) qui s’amorce ou les pays se feront concurrance sur l’échiquier mondiale pour capturer les emplois pour leur population. Les pays qui remporteront cette bataille auront des emplois de qualité pour leur population[*]. Notons que ce sont les emplois bien rémunérés et nécessitant peu de qualification qui sont les plus délocalisés, et . Ceux qui ont perdu leurs emmplois à cause de cette délocalisation se sont souvent trouvé un nouvel emploi plus précaire et moins bien rémunéré. Simultannément, se sont les emplois ayant une composante technologique ou nécessitant des études supérieures qui ont connu une plus forte croissance salariale. Le Centre sur la productivité et la prospérité de Hautes Études Comerciales (HEC) de l’Université de Montréal publie une étude montrant que les Québecois sont moins riches car moins éduqués[*].

Or, j’ose prétendre que plus il y a de riches, moins nous le serons collectivement. Ainsi, une hausse inattendue des bénéfices par les banques étrangères à capitaux en Nouvelle-Zélande a contribué à un déficit du compte courant beaucoup peu important que prévu de 4,6 milliards de dollars dans les trois mois terminés[*]. On sait tous comment les banques continuent à faire des profits alors que l’Europe contemple un destin funeste, que des millions de personnes à travers le monde se sont appauvris, que certains pays doivent entreprendre des mesures d’austérité draconienne sans précédent. Cas intéressant, L’Islande n’a pas suivi l’orthodoxie qui guide les politiques en Europe et à l’international, ont reconnu l’importances des politiques sociales et on a laissé les banques faire faillite!!! Et il semble qu’elle s’en porte que mieux, à l’instar de l’europe[*]. L’Islande a rapidement lancé des réformes politiques, sociales, judiciaires et mis sur pied une commission parlementaire qui, dans son rapport “Vérité”, a expliqué pourquoi le système a échoué (et qui a abouti à la mise en examen du Premier ministre pendant la crise, Geir Haarde, poursuivi pour l’effondrement du système financier). Alors que le Fonds monétaire international considère que contrôler la monnaie est la pire des choses, l’Islande a choisi de la dévaluer, ce qui a été très bénéfique pour ses exportations. A contrario de la plupart des États, qui permettent aux banques de privatiser les profits et de socialiser les pertes, et qui les renflouent aux frais du contribuables tout en s’excusant de ce que leur peuple ait soi-disant vécu au dessus de ses moyens!

Or, on crie avec véhémence que les politiques sociales sont financées à crédit via la dette, mais la richesse individuelle et collective également. De plus, la richesse étant fondée sur une perspective de croissance de la consommation (hyper-consommation), qui elle-même est fondé sur le crédit ; mais peut-on croître à l’infini? Sans croissance, il n’y a pas de richesses. C’est pourquoi le crédit remplace souvent la richesse de cette croissance économique anémique ou fluctuante. Or, je crains que ce simple mécanisme soit devenu rétrograde et ne fonctionne désormais, ni peu ni prou, car nous entrons dans un Nouveau Monde, une nouvelle ère, celle de la globalisation, ou bien des choses changeront ou ont déjà changer!

De l’invention de technique financière complexe (subprimes, titrisation, etc.), ce sont ces techniques qui enrichissaient les riches qui ont entraîné la crise débuter à l’été 2007 à cause des « subprimes », ces prêts hypothécaires consentis à la classe moyenne américaine. Mais comme les prix de l’immobilier ont baissé, les banques ont paniqué, et certaines banques qui avaient eu trop recours à ce type de prêt (subprimes) se sont retrouvées dans une situation financière critique. Les banques ont repris leurs maisons, et corollairement perturbé le marché immobilier. Pour tenter de limiter les risques de ces crédits d’un nouveau genre (subprimes), les banquiers ont eu recours à la titrisation. Ils ont transformé ces emprunts en titre sur les marchés boursiers. Or, à partir du moment où celui qui doit rembourser l’emprunt pour l’achat de sa maison ne peut plus payer, le titre n’a plus aucune valeur. Ce sont ces montages financiers complexes qui expliquent la chute de la bourse, car toutes les banques se sont aperçues qu’elles possédaient des titres de subprime qui ne valaient plus rien. La panique gagne alors les marchés, car plus personne ne se sent à l’abri. À partir de là, les banques vont se méfier les unes des autres et ne plus vouloir se prêter de l’argent entre elles. Cette crise de confiance des marchés interbancaires va entraîner la faillite de certaines banques, malgré l’injection de milliards de dollars de la Réserve fédérale américaine. Entre la chute de l’immobilier, la crise des subprimes, les soubresauts de la bourse qui ont fait chuter les cours, les pertes d’actifs se sont montées à plusieurs dizaines de milliards de dollars pour certaines banques.

Dès lors, la crise financière qui était d’abord une crise bancaire va se transformer en krach boursier. Les banques ont durci les conditions de crédit pour les particuliers (les prêts immobiliers sont plus difficiles à obtenir) et pour les entreprises (les investissements vont se ralentir). Le capitalisme financier connaît donc l’une des plus graves crises depuis le krach boursier de 1929. La crise immobilière américaine s’est transformée en crise financière et bancaire, elle-même entraînant une crise financière mondiale avec des risques de décroissances, de croissance anémique, de récession, de stagflation, et de sévères mesures d’austérité. Or, le remède relève de la réglementation, cette même réglementation que rejettent les riches, appliquer par une gouvernance mondiale, s’avère un chemin de croix. Pourtant, le pilier d’une économie repose sur un système bancaire fiable. On veut faire de l’argent comme ont veulent, quand on veut et comment on veut, et renie l’interventionnisme étatique. Mais en fin de compte, ce sont les états qui ont « sauver » les banques et donc préservé le système économique, et ce, à coup de centaines de milliards. Ceux qui ont fait leur profit gardent leur profit et continuent à en faire[*], mais ceux qui ont emprunté (richesse fondée sur le crédit) perdent tout et s’appauvrissent! Pourtant, malgré le marasme économique planétaire, les marques de luxe semblent bien portantes, car l’industrie du luxe vit présentement une période d’optimisme, car elle est ressortie grandie de la récession. « La même chose s’est produite avec les maisons les plus chères aux États-Unis, soutient Jean-François Ouellet, professeur de marketing à HEC Montréal. Historiquement, tout le monde souffrait quand l’économie vaçillait. Désormais, avec un libéralisme économique accru, les plus riches sont à l’abri des soubresauts. On parle de 0,01% de la population qui peut continuer à consommer et s’enrichir, faisant exception à la règle »[*].

Notons que l’une des principale cause de sous capitalisation des régimes de retraites serait la crise financière, accultant ainsi tout autres phénomènes. On observe également une tendance lié à une augmentation des régimes cotisation déterminé[*]. Assistons-nous donc au destin funeste d’une utopies comme celle d’une retraite avec un revenu décent et suffisant. L’illusion de “liberté 55”, qui a fait rêver et vaquer des milliers de travailleurs, est maintenant devenue un cauchemard car les québecois n’ont pas, en moyenne, l’épargne nécessaire pour passer à l’acte dans le confort[*]. Aussi, 800 retraités ont vue une diminution des prestations de retraite de l’ordre de 40%. En effet, la firme torontoise, Brookfield Asset Management, a sabré dans la caisse de retraite des employés après avoir pris le contrôle de Papiers Fraser, en janvier 2009, au terme d’une restructuration financière en vertu de Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies[*].

De plus, les phénomènes du vieillissements des populations amène a un boulversement des régimes des retraites. Il semble que le nombre de retraité doublera dans les prochaines années, alors la population de travailleurs, elle, diminura. Moins de cotisants pour plus de retraité ; du coups une arithmétique déficitaire.

Innovation, Créativité et Productivité

Semble-t-il que l’efficacité de la R&D au Québec et au Canada était inférieure à celle de la moyenne des pays membres de l’OCDE. Or, il ressort que la province se classe relativement bien au niveau des dépenses en R&D lorsqu’elle est comparée à la plupart des pays membres de l’OCDE[*].

DU CRÉDIT ET DE RICHESSE INDIVIDUELLE

Quelques indignés, ici et là, osent remettre en question l’ordre économique et financière établit. Cependant, la plupart de ceux concernés sont trop occupés à travailler! Je suis convaincu que les gens riches sont des gens extraordinaires et altruistes, toutefois, ce qui est amusant, c’est que lorsqu’un employé fait une erreur, elle est sanctionnée, mais lorsque l’autorité fait une erreur, alors « l’erreur est humaine » et il n’y a rien de plus humain qu’une personne en autorité. Ainsi, qui sanctionne les banques pour leurs dérives; personne!

Le risque est donc pour qui? Pour ceux qui vivent la richesse à crédit, ou ceux qui sont riches du capital acquis? Et puisque la richesse, autant collective, qu’individuelle, est fondé, au moins en partie, sur le crédit, n’est-ce pas la une preuve que les salaires sont insuffisant pour soutenir le niveau de richesse individuelle, voire même collective?

Selon Statistique Canada, pour chaque dollar de revenu gagné, les canadiens avaient une dette de près de 1,50$. L’endettement moyen a grimpé de 266% entre 1984 et 2005. Seuls les ménages les moins fortunés vivent ce problème de surendettement. Plus ils sont endettés, plus la classe moyenne s’effritent. Il a été démontré que les plus fortunés le sont de plus en plus, et ce sont eux qui contribuent le plus à la hausse de la consommation. Toutefois, pour la classe moyenne et pauvre, la progression des revenu après inflation, a été soit stable ou à la baisse depuis 15 ans. En 1980, le niveau d’épargne était de 20%, et il est de 5% aujourd’hui. Encore là, ce sont les personnes à hauts revenus qui épargnent le plus. Le niveau de liquidité des entreprises est passé de 13% en 1990 à 32% du PIB canadien. Hélas, ces excédents de liquidités ne contribuent pas à l’augmentation des salaires de la classe moyenne[*]. Notons que les entreprises sont en meilleur “condition économique” que les états et individus, car beaucoup moins endettées.

Alors qu’on tente de nous engorger, à la face même d’un amateurisme gouvernementale, au détriment des principes de précautions les plus élémentaires, la nécessité de développer la filière des gaz de schisme, et que l’on a entendu, à Noël 2011, à l’émission « Tout le monde en parle », un plaidoyer condescendant, moralisateur et insultant pour toute personne ayant une conscience écologique ou environnementale, ou toute personne qui à comme principe fondamental le respect de la Nature, donc de vivre en équilibre avec elle, ou toute personne qui à une intelligence. Pourquoi catégoriser toute critique sous l’égide de la jalousie des riches? Peut-être que tout simplement, l’accroissement du nombre de riches n’est pas nécessairement la solution la plus pragmatique, novatrice, etc. pour développer une société.

Être travailleur autonome/travailleur indépendant n’est pas une garanti d’accès à la richesse. En effet, considéré comme une activités atypique et précaire, et présenté comme un eldorado, à l’image de “Liberté 55”, rien n’indique pourtant que les entrepreneurs de notre société soient apte a concurencé sur l’échiquier de la mondialisation. Pour preuve, nous n’en produisont pas assez et il semble que les québecois dédaigneraient même cette activités économiques. On considère l’augmentation du mombre de ce type de travailleurs par le fait que les entreprises tentes de se départir des charges sociales et donc d’abdiquer de leurs responsabilités sociales. Notons que la majeure partie des entreprises au Québec sont des PME et micro entrperises (dont les travailleurs indépendants/travailleurs autonomes).

Privatiser les profits et socialiser les pertes, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre en même temps. La pauvreté, c’est donc également entretenu par les conditions économiques; on a pour preuveles effets de la crise financière, surtout en Europe et dans d’autres pays. L’économie et la Finance doivent se subordonner à l’État, et non pas le contraire. L’économie et la Finance doit servir la société et non pas l’intérêt d’une clique de riches. Or, une entreprise ne peut faire des affaires que s’il y a un État qui favorise une stabilité sociale; et cela à un prix! L’entreprise s’enracine dans les forces vives d’une société, son capital humain, son capital social, son capital intellectuel, son capital économique, etc. Elles ne peuvent exister sans la société. Cependant, l’économie et la Finance tente de nous convaincre du contraire, que l’État ne peut exister sans eux. Mais semble-t-il que l’on n’a pas réussi à produire la preuve qu’ils étaient aptes à remplacer l’État (et donc les citoyens) en ce qui a trait aux politiques sociales. Réguler l’économie ne signifie par nécessairement être contre l’économie.

Ainsi donc, la dernière crise financière, appel à une gouvernance mondiale de l’économie, ce super-état régulateur de l’économie mondialisé. Or, régulation signifie-t-il intervention?

Inégalité des revenu

Faut-il se rappeler de la tendance à savoir que les riches deviennent toujours plus riches, que les pauvres deviennent plus pauvres et en plus grande quantité, réduisant d’autant la portion de la tarte de la richesse, et garantissent la pauvreté – car pour qu’il y ait des riches, il faut y avoir des pauvres.

Les inégalités de revenu pointent la disparité existant entre les revenus des individus « riches » et ceux des individus « pauvres ». Or au Canada, la réalité serait que les riches et les pauvres s’enrichissent, mais à un rythme différent, selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). On y lit que les inégalités de revenus entre les riches et les pauvres ne cessent de croître dans le monde; le phénomène des inégalités grandissantes n’était pas isolé au Canada; bien que plus faibles qu’ici, les inégalités augmentaient aussi en Allemagne, au Danemark et en Suède. D’embler, il faut bien distinguer la pauvreté des inégalités, la mesure des inégalités évalue plutôt les écarts dans la distribution des revenus entre les individus. La pauvreté peut s’évaluer par diverses méthodes, la mesure du panier de consommation détermine le seuil de faible revenu en regard de la valeur d’un panier de biens et services précis. D’après cette mesure, un ménage sera considéré à faible revenu si son revenu disponible est sous la valeur du panier de consommation[*]. Ainsi, l’une des causes des inégalités grandissantes prend sa source dans la mondialisation et la concurrence accrue des pays émergents.

Même si le Québec est confronté aux mêmes courants mondiaux, la belle province s’est doté d’une Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, dont l’objectif est d’amener progressivement le Québec au nombre des nations industrialisées comptant le moins de personnes pauvres, ce qui semble diminuer la pauvreté même si les écarts dans le revenu du marché (avant intervention de l’État, essentiellement des salaires) s’agrandissent tant au Québec qu’au Canada. L’évolution des revenus du marché montre un écart grandissant où en 1976, les 20 % des plus riches Canadiens gagnaient 8,8 fois plus que les 20 % des plus pauvres alors qu’en 2009, ils gagnaient 11,7 fois plus. Une mouvance similaire s’observe au Québec (8,2 fois en 1976 contre 11,3 fois en 2009). Aussi, pour mesurer les inégalités dans une société, les spécialistes se réfèrent souvent au coefficient de Gini. Au Québec, dans la catégorie « revenu disponible », il est passé de 0,363 en 1996 à 0,380 en 2008. (Zéro étant une répartition parfaite, 1 étant une inégalité totale). Au Canada, il est passé de 0,378 à 0,396[*]. Même si le Québec est de moins en moins pauvres par rapport au reste du Canada, ce dernier rattrape son voisin américain, logé au sommet des inégalités de revenu ; l’écart entre riches et pauvres s’accroît plus rapidement au Canada qu’aux États-Unis[*].

Ainsi, grâces au politiques sociales, les québecois sont moins riche, mais moins pauvre que les canadiens[*]. Une fois qu’ils ont payé leurs taxes et leurs impôts, les Canadiens sont plus riches que les Québécois, dont le fardeau fiscal est plus lourd. Ce qu’on constate, c’est que cet écart de revenus s’est accru chez les hommes les plus riches et est en voie de disparaître chez les femmes et chez les plus pauvres (au Canada).

Endettement Individuel

Depuis 2007, l’Association des comptables généraux accrédités du Canada surveille l’attitude collective à l’égard des dépenses et de l’endettement. Elle publie annuellement un rapport, et ont constaté, entre autre[*]: 1) Le rythme d’expansion de l’endettement s’est affaibli en 2010 et au premier trimestre de 2011, mais les niveaux d’endettement des ménages ont tout de même atteint un niveau record de 1,5 billion de dollars au premier trimestre de 2011 ; 2) Les familles monoparentales constituent la seule catégorie de ménages dont la dette augmente avec l’âge, et ces familles ont une dette supérieure de deux tiers à celle des couples sans enfant; 3) L’accroissement de la dette ne s’est pas accompagné d’une amélioration des revenus ou de la richesse : 40 % des répondants dont le revenu a diminué ont indiqué que leur dette avait augmenté, comparativement à 31 % dans le cas des répondants dont les revenus ont progressé. 4) La consommation plutôt que la constitution du patrimoine demeure la première cause de l’accroissement de l’endettement : 57 % des répondants endettés ont affirmé que les frais de subsistance courants sont la cause principale de cet accroissement. 5) Peu de répondants ont indiqué que leur revenu avait augmenté. Moins de la moitié (42 %) ont fait état d’une augmentation, laquelle était pour la plupart d’entre eux (86 %) très modeste;

Statistique Canada nous rappelait récemment que le taux d’endettement des ménages canadiens par rapport à leur niveau de revenu disponible a atteint la marque record de 152,98% au troisième trimestre de 2011, contre 150% au second trimestre[*]. Ainsi, les ménages canadiens sont de plus en plus endettés, en particulier ceux qui peuvent le moins se le permettre parce qu’ils approchent de la retraite ou qu’ils ont déjà des dettes[*].

L’endettement des ménages préoccupe la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Elle note que les ménages canadiens ont de plus en plus recours aux marges de crédit personnelles et qu’entre 2000 et 2010, le passif des ménages s’est accru plus rapidement que leur actif, leur valeur nette et leur revenu personnel disponible.

Aussi, l’endettement des ménages canadiens inquiète les régulateurs du Conseil de stabilité financière (FSB) à Zurich (le FSB est composé de banques centrales, ministères et régulateurs de 24 pays), canadiens qui pourraient se retrouver en difficulté en cas d’aggravation de la situation économique mondiale. Alors que les défauts de paiements sont à un niveau très bas (0,3%) au Canada, le FSB a estimé qu’«un choc macroéconomique négatif», comme une récession économique mondiale, pourrait affecter la capacité des ménages à honorer leurs crédits. Une telle situation pourrait avoir des conséquences négatives sur le marché de l’immobilier et, par effet domino, sur le système financier, à l’instar de la crise des «subprimes» américains qui a éclaté en 2007[*]. La zone euro se trouve dans une crise économique sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, en raison du surendettement de ses États membres, notamment de la Grèce.

Aussi, jamais les ménages québécois n’auront été aussi endettés, plus que les américains[*]. Le 12e rapport de l’Institut Vanier, un organisme à but non lucratif, souligne que si le taux d’endettement a beaucoup grimpé ces dernières années, le taux d’épargne s’est pour sa part dégradé. Et c’est au Québec que la hausse de l’endettement est la plus marquée en 2011[*]. Cela dit, l’endettement des Québécois est nettement moins élevé que la moyenne nationale et les Québécois sont les moins susceptibles de se trouver en défaut de payer leur carte de crédit comparativement à l’ensemble du pays. On observe généralement un taux d’endettement plus bas au Québec que dans le reste du pays.

Productivité

Notons que plus des trois quarts de la population québécoise disposent d’un pouvoir d’achat inférieur au reste du Canada et les Québécois travaillent aussi moins que dans les autres provinces[*]. Ils sont moins nombreux à travailler, y passent moins d’heures et touchent moins d’argent à l’heure que la plupart des autres Canadiens. La formation insuffisante, les retraites prises plus tôt et le chômage seraient les principaux responsables de cette situation.

Conclusion

Ainsi donc, la “Droite” suggère de substituer l’État (entité collective) par une entité groupal, « les riches » (clique – entité groupale), en matière de politiques publiques et sociales. Petite question, pourquoi y existe-t-il des désert alimentaire à Montréal, et pourquoi il y a si peu de coopératives d’alimentation??? Le modèle des coopératives, est-ce donc une forme d’entrepreneurship???

Rêve-t-on d’une société où tous sont riches? Certes et bien sure. Ainsi donc, la notion de “riches” perd tout de son sens, puisque si tous seront riches, il n’y aura aucun pauvre. Doit-on laisser le développement d’une société aux riches? Est-ce donc ça la solution?

Est-ce donc la Droite qui est responsable de la déficience de la culture entrepreuneuriale au Québec. N’ont-ils pas une responsabilité sociale, de donner une chance à chacun, de développer ses intérêt et compétences entrepreuneuriale. Dire que plus il y aura de riches, plus la société sera riche, c’est donner un aspect altruistique à quelque chose qui n’en a pas.


sources & références

1) Shields, Alexandre (2007) « Les québecois plus solidaires que lucides », Le Devoir, 11 janvier 2007, page consultée le 18 février 2010.

2) Jocelyn Maclure et Alain-G. Gagnon, Repères en mutation, Québec Amérique.

[DRAFT] Survivre à une économie post-emploi et la création de la richesse

Malgré une décennie marquée par des rendements réels négatifs sur les actions, des marchés d’actions baissiers et l’éclatement de bulles immobilières, le Wealth Report 2013[3] du Credit Suisse constate que la richesse mondiale a plus que doublé depuis 2000, atteignant un nouveau record historique de 241 billions de dollars US. La croissance économique soutenue et l’évolution démographique dans les nations émergentes sont d’importants moteurs de cette tendance. La richesse moyenne par adulte atteint également un nouveau pic: 51 600 dollars US.

Malgré les difficultés persistantes posées par l’environnement économique, les facteurs sous-jacents se sont révélés largement positifs cette année pour la richesse des ménages à l’échelle mondiale. Selon nos estimations, la richesse personnelle a progressé de 4,9% dans le monde entre mi-2012 et mi-2013 pour s’établir aujourd’hui à 241 billions de dollars US. Depuis son pic d’avant la crise en 2010, la richesse totale a battu chaque année de nouveaux records. A 51 600 dollars US, la richesse moyenne par adulte atteint également un nouveau sommet. C’est la première fois depuis 2007 qu’elle franchit le seuil des 50 000 dollars US.

Selon les estimations du rapport à mi-2013, une fois les dettes soustraites, un adulte ne doit posséder que 4000 dollars US d’actifs pour faire partie des 50% de personnes les plus riches du monde. Il doit toutefois détenir au moins 75 000 dollars US pour appartenir aux 10% de personnes les plus fortunées, et 753 000 dollars US pour compter parmi les 1% les plus riches de la planète. Dans la catégorie la plus basse, la moitié de la population mondiale possède moins de 1% de la richesse totale. Dans la plus haute, les 10% les plus riches détiennent 86% des richesses mondiales, et les 1% les plus fortunés représentent à eux seuls 46% des actifs mondiaux.

— –

Un avocat, un informaticien, un militaire, un professeur. Qu’ont ces gens en communs? Ce sont des professionnels qui ont suivi des études universitaires et qui ont de la difficulté à occuper un emploi à temps plein. Depuis 2008, ils occupent des emplois précaires — ils travaillent aux contrats annuels, ils font de la consultation, ils se débrouillent pour survivre face à des plans de carrières difficiles à mettre en oeuvre, reléguant ainsi la personne à improviser sont parcours professionnel. Ils ont pourtant dépensé des milliers de dollars en frais de scolarités pour le premier cycle et pour des études supérieures dans le but, justement, d’assurer son avenir et de ne pas subir la précarité, l’instabilité et l’incertitude. Ils s’émancipent à l’aune de leurs rêves et de leurs espoirs et tentent alors de prendre le chemin et le pari plus sûrs pour assurer leurs avenirs, seulement pour découvrir que ce pari supposément plus sûr s’avère alors en fait un cauchemar où le travail sera subordonné (sous les ordres d’une autre et dont le travail ne dépend pas beaucoup de sa propre volonté), superflu, jetable — qui peut être sacrifié.

On explique aux chômeurs diplômés que leur situation est de leur faute ou relève de leur propre turpitude. Ils auraient donc dû choisir une formation plus « pratique », comme la science ou l’ingénierie, la comptabilité ou les finances, et surtout rester à l’écart des sciences humaines, domaine considéré comme plutôt inutile et inconsistant pour la société. La réalité s’avère que dans la « reprise sans emploi » (phénomène économique dans lequel une macroéconomie connaît une croissance tout en maintenant ou en diminuant son niveau taux d’emploi — jobless recovery), presque tous les secteurs de l’économie ont été décimés. Les entreprises se sont tournées vers le travail de contingence (aussi parfois appelé le travail occasionnel — casual work —, est un néologisme qui décrit un type de relation de travail entre un employeur et l’employé — Contingent work), et les positions au bas de l’échelle (entry-level positions) et des stages non rémunérés (unpaid internships).

Or, changer de programme d’études ne changera pas une économie « brisée » (broken economy).

Aux États-Unis, 9 % des diplômés en sciences informatiques sont au chômage, et 14,7 % de ceux qui détiennent des diplômes en systèmes d’information n’ont pas de travail. Les diplômés provenant programmes STEM — sciences, technologie, ingénierie et médecine — sont confrontés à des taux de chômage sans précédent, notamment avec un taux deux fois plus élevé que les niveaux d’avant la récession. Le marché du travail pour les titulaires de diplômes de droit continu de s’effriter, avec seulement 55 % des 2 011 diplômés en droit qui occupe un emploi à temps plein. Même dans l’armée, que géant du budget national, les positions sont éliminées ou devenir contingent en raison de la séquestration

En fait, semble-t-il, ce ne sont pas les compétences ou les diploés qui sont dévalués; ce sont les personnes elles-mêmes.

Les Universitaires sont dès lors confrontés notamment à la dérision de leur choix de carrière. « Vous avez un doctorat — qu’est-ce que vous vous attendez », on leur explique lorsqu’ils notent, que 76 pour cent des professeurs travaillent sans sécurité de l’emploi, en général pour des salaires de misère.

Il est vrai que le marché du travail académique (academic job market) s’est grandement détérioré au cours des dernières décennies. Mais jusqu’en 2008, les PhDs auraient pu s’attendre à plus. Depuis 2009, la plupart des disciplines ont perdu environ 40 pour cent de leurs ????, tandis que le carnet de candidats qualifiés ne cesse de croître. La plupart des PhDs travaillent comme professeur adjoint ou dans les nouveaux secteurs de l’appauvrissement à croissance élevé, dit-on avec euphémisme : compagnons non rémunéré (non-stipendiary fello), assistant professeur spécial (special assistant professor) ou volontaire de développement opportunité (voluntary development opportunity).

Malgré les conditions de travail désastreuses de l’éducation supérieur, les jeunes continuent à s’inscrire dans les écoles d’enseignement supérieures. Les détracteurs lèvent leurs yeux et demande: Pour quelle raison un jeune devrait-il s’astreindre à des années d’études pour finalement obtenir un diplôme d’une valeur douteuse, une sorte de permis de travail? Pourquoi n’allez-vous pas chercher un emploi? Les jeunes de la vingtaine répondent en riant, qu’après avoir obtenu leur diplôme universitaire dans une économie où leurs pairs passent des années en vain à la recherche d’un emploi ne trouvant que des stages non rémunérés ou du travail de contingence à bas salaire souvent tout en vivant à la maison chez ses parents. Un programme de troisième cycle bien financé, avec une assurance maladie, semble une évasion bienvenue.

Or, il n’est pas seulement question du revenus actuels, mais bien du salaires que l’on perd alors que vous dans le programme. A qui les de la trentaires, après avoir passé leur vie adulte dans une économie en stagnation avec des salaires et les opportunités ont été sérieusement érodé, prennent les jeunes de la vingtaine de côté, et leurs explique que c’est en fait une maxime, à qui eux aussi ont été abreuvé, mais dont ils n’ont jamais pu bénéficié. Ils racontent donc aux jeunes de la vingtaines ce qu’ils savent déjà: Il est très difficile de prévoir, ce qui est déjà disparu. La société change à un rythme effréné et la formation de l’étudiant deviens obselète avant même qu’il obtienne son diplome.

Si vous avez 35 ans ou moins — et bien souvent, les personnes plus âgées également —, les conseils convenant à l’ancienne économie ne s’appliquent plus désormais. Nous vivons dans une économie post-emploi (post-employment economy), où les entreprises ont carrément décidé de ne pas payer les gens. Totefois, les bénéfices demeurent encore élevés. L’argent est toujours là. Mais pas pour vous. Vous travaillerez sans augmentation de salaire, sans avantages sociaux, ou sans sécurité d’emploi. La survie, l’état de nature, est maintenant devenue une aspiration louable.

L’éducation supérieure est simplement un symptôme d’une maladie économique plus vaste. Alors que les universités se pavanes de dotations records et dépensent des millions en somptueuses infrastructures, les administrateurs justifient les mauvais entretiens des facultés ou des conférenciers, en notant qu’ils : 1) « choisissent » de travailler pour des salaires de misère, et 2) entreprennent une spécialisation qui leur apportent une la valeur limitée sur le marché — ignorant, bien sûr, que presque personne n’a vraiment de valeurs dans ce marché, sauf ceux qui récoltent ses plus grands bénéfices.

Qu’elle est donc le débat sur le diplôme universitaire – dans lequel la « compétence » est de plus en plus redéfinie comme une contribution spécifique aux entreprises – étendant cette inniquité au niveau du premier cycle, en la définissant comme sans valeur, tant sur le terrain de l’étudiant de l’étude et de l’enseignant. Mais quand l’inutilité est déterminé par les personnes distribuant – ou retenant – la valeur monétaire, nous avons certaines raisons de vouloir réévaluer la situation.

Il est facile de dénoncer un système cassé. Il est toutefois difficile de savoir comment s’adapter à cette situation.

Ce qui doit être clair, c’est que ce n’est pas une crise de choix individuels. C’est un échec systémique — de l’enseignement supérieur et au-delà. C’est une crise de la gestion du maniement des attentes – attentes quant au type de travail « normal », le type de traitement qui doit être toléré, et le niveau raisonnable de sacrifice. Lorsque la survie est présentée comme une aspiration, le sacrifice devient une vertu. Mais un héros n’est pas une personne qui souffre. Une personne en souffrance est une personne qui souffre.

Toutefois, si vous souffrez de la bonne manière — en silence ou avec une fidélité proclamée à des organisations — alors vous êtes un travailleur acharné qui paie sa juste part d’impôts et qui contribue donc à la société. Si vous souffrez de manière à dévoiler votre souffrance, manière qui montre votre douleur, cela brise le « silence », et vous êtes dès lors un chialeux – et on vous explique que c’est par votre propre turpitude que vous en être arrivé là.

Mais aucun travailleur ne mérite de souffrir. Pour aggraver les souffrances des privations matérielles, ont les saoules de rationalisations justificatives, ce qui s’avère non seulement cruel pour l’individu, mais donne aux exploiteurs [et donc aux pervers] une licence morale à la prédation.

Les individus intériorisent ainsi l’échec de l’économie, alors même que les médias fustigent contre eux et sur ce qu’ils auraient du faire différemment. Ils expriment ainsi leur gratitude pour leurs propres iniquités : le travail non rémunéré, la dette de dévotion, et l’investissement dans un avenir qui n’arrive jamais.

Et quand il n’arrive pas, et ils se demandent pourquoi, et on leur dit qu’ils étaient assez stupides d’entretenir de telles attentes. Ils s’arrêtent donc de parler, parce que l’humiliation n’est pas une monnaie d’échange. L’humiliation est un prix qui se paie en silence — et avec silence.

Les gens peuvent toujours faire des choix. Mais les choix des travailleurs d’aujourd’hui s’avèrent de plus en plus limités. La survie n’est pas seulement une question d’argent, c’est une question de mentalité – à ne pas confondre la malchance sociale pour un mauvais caractère, et ne pas confondre les occasions perdues pour les possibilités qui n’ont jamais été vraiment là.

Vous n’êtes pas au travail. Mais vous devenez la manière dont on traite les gens.

Alors, que pouvez-vous faire ? Vous pouvez placer le plus d’efforts possible dans votre travail et faire de votre mieux. Vous pouvez organiser et promouvoir le changement collectif. Vous pouvez survivre, grappiller et prennent des chances.

Mais lorsque vous tombez, sachez que des millions tombent avec, et en même temps que, vous. Sachez que cela s’avère, dans une large mesure, en dehors de vos mains. Et quand vous voyez quelqu’un d’autre chuter, étendez vos bras et mains pour les attraper.

— –

L’engouement pour les marchés émergents est susceptible aux phénomènes de mode. Ils ont été maltraités lors des crises asiatique et russe vers la fin des années 1990, mais ont ensuite récupéré pour ainsi offrir des rendements annuels à deux chiffres lors de la première décennie du 21e siècle. Depuis 2010, cependant, ils sont revenus à un rendement inférieur de leurs rivaux des pays développés.

Les arguments en faveur d’investissement dans les marchés émergents ont toujours été essentiellement les mêmes — ces pays offrent une croissance plus rapide, en moyenne, que celui du monde riche et ont un poids plus faible au sein des indices boursiers mondiaux (global equity indices) que les produit intérieur brut (PIB ; Gross domestic product – GDP) mondial.

Or, il n’y a pas de lien automatique entre la croissance économique par personne (economic growth per person) et retours boursiers (stockmarket returns)[10,11,12,13]. Ainsi, la corrélation entre les rendements boursiers et la croissance économique par habitant depuis 1900 a été négative, mais entre les rendements boursiers et la croissance globale du PIB est en fait positif. Une population en croissance, en d’autres termes, s’avère mieux pour indices boursiers, qu’une population riche.

Cette relation s’avère, hélas, pas très utile pour les investisseurs. Supposons qu’ils fassent des prévisions de croissance économique par extrapolation à partir des données des cinq années précédentes, et mettent de l’argent dans les marchés boursiers des pays qui ont connu la croissance la plus rapide. Depuis 1972, cette approche aurait généré un rendement de 14,5 % par an en termes de dollars. Mais s’ils avaient investi dans les économies des économies à plus faible croissance, les investisseurs ont gagné un rendement de 24,6 %.

Cela peut être en partie dû à un effet de « valeur » (value effect), similaire à celle observée avec les actions individuelles. Les pays ayant de bons dossiers de croissance sont ainsi favorisés par les investisseurs qui ont en conséquence misé sur les cours des actions (share prices); les futurs rendements des actions sont donc inférieurs. Mais les pays ayant des antécédents de croissance pauvres voient leurs marchés boursiers évités; le prix de leurs actions est donc peu onéreux et offre des rendements ultérieurs plus élevés. Un autre problème s’avère que l’extrapolation de la croissance économique passée ne fonctionne désormais tout simplement pas. Il n’y aurait aucune corrélation depuis 1900 entre la croissance du PIB par personne dans un pays donné en un an et une croissance deux ans plus tard.

De plus, un marché boursier n’est pas une représentation fidèle de l’économie nationale; les entreprises qui réussissent peuvent être de propriété privée et ne figurent pas sur le marché tandis que de nombreuses grandes entreprises (comme en Chine) peuvent être la propriété de l’État. À mesure qu’ils croissent, les entreprises émettent plus d’actions; en conséquence, les actionnaires existants ne bénéficie pas de tous les avantages d’un profits plus élevés.

Sur le long terme, ces effets de dilution signifient que les investisseurs ne reçoivent pas tous les avantages de la croissance du PIB, en ce sens que les dividendes croissent plus lentement que l’économie. Entre 1900 et 2013, les dividendes réels ont légèrement diminué (0,1 % par an) au sein des 21 pays analysés, tandis que la croissance du PIB a été de 2,8 % par an. Même en Amérique, pour l’économie qui a le plus réussi lors de cette période, les dividendes réels ont augmenté de 1,6 % tandis que la croissance du PIB a été de 3,4 %.

Or, on croit pourtant qu’une connaissance préalable de la croissance du PIB serait vraiment utile. Si les investisseurs avaient eu de parfaites prévisions quant aux économies qui afficheraient les croissances les plus rapides au cours des cinq années suivantes, et avaient investi en conséquence, ils auraient pu gagner 28,8 % par an. Là encore, si le destin avait accordé aux investisseurs une parfaite prévision, il serait plus simple pour eux d’être de connaitre qu’elles sont les économies les plus performantes, et non pas les meilleures économies.

En l’absence de ces pouvoirs de prédiction, les marchés émergents affichent encore un certain attrait. Les universitaires reconstruire un univers des marchés émergents remontant à 1900 en utilisant une définition basée sur le PIB par tête; en commençant par un groupe de sept (Chine, la Finlande, le Japon, le Portugal, la Russie, l’Afrique du Sud et l’Espagne). Au cours de la période, les marchés émergents ont sous-performé, revenant de 7,4 % contre 8,3 % pour les pays développés.

À l’aide d’un modèle économique, l’on a reconstruit l’univers des marchés émergents, et ce, à partir de 1900, en utilisant le PIB par personne, et ce, pour un groupe de 7 pays (Chine, Finlande, Japon, Portugal, Russie, l’Afrique du Sud, et l’Espagne). Au cours de cette même période étendue, les marchés émergents ont sous-performé, revenant à des taux de 7,4 % contre 8,3 % pour les pays développés.

Cependant, la plus grande période de sous-performance était lors des années 1940, lorsque les actions japonaises ont perdu 98 % de leur valeur en dollars et lorsque le marché chinois avait été englouti dans la révolution. Depuis 1950, les marchés émergents affichent un retour de 12,5 % par an contre 10,8 % pour les marchés développés. Ces résultats s’avèrent corrects, en théorie: les marchés émergents sont plus risqués (dans le sens d’être plus volatile) et les investisseurs devraient exiger un rendement plus élevé.

La bonne nouvelle relève que la volatilité a diminuée au fil du temps, à la fois en termes absolus et par rapport aux marchés développés. La mauvaise nouvelle est que, au cours des cinq ans avant 2013, la corrélation entre les marchés émergents et leurs frères développés était deux fois plus forte qu’elle l’était au début des années 1990. La mondialisation a intégré le développement des marchés boursiers en développement ainsi que leurs économies.

Après le ralentissement de l’année dernière – qui n’a en rien fait qui puisse enrayer l’évolution structurelle haussière des économies émergentes, les marchés émergents repartent de l’avant. Lors d’une table ronde organisée par la Credit Suisse Research Institute lors du Forum économique mondial, les décideurs économiques du Forum économique mondial étaient d’accord sur le fait que les économies émergentes offrent un grand potentiel alors que la richesse et la consommation sont en hausse, et qu’ils ne pouvaient qu’évoluer que dans une direction à long terme: vers le haut. Oubliez ce qui s’est passé l’année dernière, constatent-ils, une perspective à plus long terme est selon eux essentielle pour qui envisage d’investir ou de faire des affaires dans les pays émergents. La part de la fortune mondiale que représentent les marchés émergents est partie pour doubler d’ici à 2018, constituant ainsi une base d’épargne et une plate-forme de consommation de belle envergure.

Les investisseurs privés et les entreprises peuvent cueillir les fruits de la fortune en forte croissance des consommateurs émergents. On souligne également que la compréhension des différents niveaux de revenus et d’âge ainsi que de la localisation des consommateurs était cruciale pour les investisseurs désireux de profiter de cette opportunité – non seulement d’un pays à l’autre, mais aussi au sein de ces marchés. Certains prévisionnistes estiment que la croissance de la classe moyenne mondiale pourrait atteindre 2 milliards de personnes entre 2010 et 2030.

Les nouveaux venus au sein d’une classe moyenne en croissance demanderont d’accéder à des biens et à des services, transformant ainsi les opportunités qui émergent et générant de la demande pour les entreprises, car on ne peut avoir de classe moyenne sans les fonctions essentielles de base telles que l’électricité, la santé et les transports. Ainsi, la pression pesant sur ces gouvernements est aujourd’hui plus forte que jamais – et entièrement liée au cycle électoral. Par conséquent, leur capacité à réaliser des investissements intelligents à long terme est quelque peu problématique.

Toutefois, on avertit qu’appliquer le modèle occidental aux pays émergents ne fonctionnait pas forcément, et que de nombreuses entreprises devaient sérieusement repenser leur modèle commercial face à la transformation du monde émergent, et obtenir une meilleure compréhension des consommateurs locaux.

— –

Mon commentaire, c’est que les étudiants, mais dans un monde mondialisé, ont non seulement besoin d’apprendre l’anglais, mais également les cultures des consommateurs des marchés émergents. Cela nécessite donc une certaine éducation, et une certaine culture, afin d’être capable de transiger dans un contexte multiculturelle et interculturelle.

Du pouvoir d’achat!

En économie, le pouvoir d’achat d’un revenu (salaire ou rente) est la capacité d’achat en termes de biens et services que permet ce revenu. Or, semble-t-il, il y a une solution pour augmenter le pouvoir d’achat : créer plus d’occasions d’affaires, dynamiser l’économie, susciter plus d’investissements privés et créer plus d’emplois payants[a]. La question de l’évolution du pouvoir d’achat est centrale dans l’analyse des changements sur le marché du travail puisqu’elle renseigne notamment sur la qualité des emplois détenus. Et en ce qui concerne les prix, c’est l’indice des prix à la consommation (IPC), calculé par Statistique Canada, qui est utilisé. «Pour l’établir, ils comparent au fil du temps le coût des 600 à 650 biens et services les plus consommés par les Canadiens (logement, transport, alimentation, etc.). L’évolution du prix de ce “panier de consommation” correspond à l’IPC.

Plus des trois quarts de la population québécoise disposent d’un pouvoir d’achat inférieur au reste du Canada. Les Québécois travaillent aussi moins que dans les autres provinces[1]. Aussi, l’inflation gruge le pouvoir d’achat des Québécois[2]. Aussi, chaque Québécois disposait de l’équivalent de 4740 $ de pouvoir d’achat de moins qu’un Ontarien en 2009[3].

Vis-à-vis des provinces les plus riches, il subsiste donc un important retard de pouvoir d’achat qui pénalise les Québécois. Par rapport à l’Ontario, cet écart a atteint, pour la moyenne des années 2007 à 2009, plus de 7000 dollars par année par personne (selon la normalisation de Statistique Canada)[4] . Aussi, le pouvoir d’achat des futurs retraités risque d’être affecté par la hausse du coût de la vie au fil des années[5].

Ainsi, même si le revenu augmente de 3 $ et que l’augmentation des prix à la consommation augmente de 7 $, le revenu est considéré comme avoir augmenté, mais le pouvoir d’achat aura diminué.

— –

Fait très intéressant, durant la dernière décennie, le pouvoir d’achat des travailleurs non syndiqués a crû de façon plus notable que celui des travailleurs syndiqués [6,7,8,11]. Cette donnée surprenante ressort de l’Annuaire québécois des statistiques du travail, qui vient d’être rendu public par l’Institut de la statistique du Québec. Habituellement, le salaire horaire des employés syndiqués est plus élevé que celui des employés non syndiqués. C’est encore le cas, puisqu’en 2013, les employés syndiqués recevaient une rémunération de 25,23 $ l’heure, comparativement à 20,75 $ pour les non syndiqués. Toutefois, quand l’Institut de la statistique a analysé la hausse de la rémunération horaire de ces deux types d’employés sur une décennie, soit de 2003 à 2013, il a remarqué que cette rémunération des syndiqués avait crû de 6,4 pour cent, alors qu’elle avait crû de 11,9 pour cent pour les non-syndiqués. Par ailleurs, durant la même décennie, le ratio de la rémunération des femmes par rapport à celle des hommes a augmenté, passant de 84,7 à 87,8 pour cent.

Au Québec [9], le seuil 1% les plus riches, selon des données de Statistique Canada (2010), est de 178 000$ avant impôt, qui englobent les revenus de travail et les gains en capital. Tous les particuliers qui gagnent plus que cette somme font partie des 1% plus riches. Or, ce seuil est significativement plus bas que la moyenne canadienne. Au Canada, le seuil des 1% plus riches est de 213 600$, soit 20% de plus qu’au Québec. Les provinces des Prairies dominent le palmarès, avec un seuil de 254 700$, tandis que les provinces atlantiques finissent en queue de peloton, à 155 200$. On peut conclure que les riches au Québec sont moins riches que la moyenne canadienne, mais on peut aussi dire qu’il y a moins de riches au Québec, toutes proportions gardées. Conséquemment, l’écart de revenus entre les deux groupes s’est fortement accru depuis le début des années 90 au Canada. Le fossé s’est toutefois moins creusé au Québec. 

On a comparé la croissance réelle des revenus du groupe de 1% à celle des autres contribuables (les 99%), mais après impôts et après transferts gouvernementaux (assurance emploi, bien-être social, etc.). Au Canada, le groupe de 1% a vu ses revenus croître de 61% entre 1992 et 2010, comparativement à 18% pour le groupe de 99%. Dit autrement, la croissance des revenus totaux du groupe de 1% a été 3,4 fois plus importante que celle du groupe de 99% au Canada. Ce rapport de croissance entre les deux groupes est encore plus fort en Ontario (4,1) et dans les Prairies (3,9). Pendant ce temps, au Québec, le groupe de 1% a vu ses revenus après impôts progresser de 54%, soit 2,4 fois plus vite que ceux des autres contribuables du Québec. En somme, la croissance des inégalités s’est accrue aussi au Québec, mais de façon moins prononcée.

Le Québec est « pauvre en riches » dans le contexte nord-américain, mais il compte beaucoup plus de riches que des pays développés comme la Suède, le Danemark, le Japon ou l’Italie. 

Enfin, si l’on tient compte du pouvoir d’achat, il fallait gagner au Québec l’équivalent de 137 000$US avant impôt pour faire partie des 1% les plus riches en 2009. Ce seuil n’est que de 84 200$US en Suède et de 114 500$US au Japon. Autrement dit, les riches du Québec sont plus riches ou encore, le Québec compte proportionnellement plus de contribuables qui font 137 000$US que dans ces pays, donc plus de riches.

Les inégalités sont beaucoup plus grandes aux États-Unis que dans les autres pays industrialisés.

Des études qui émanent de l’Université de Sherbrooke et de HEC-Montréal font le portrait d’une économie fragilisée par l’endettement public et le vieillissement de la population plus rapide au Québec qu’ailleurs. Revenus plus faibles, consommation moins grande, épargne insuffisante : la situation financière des Québécois ne semble pas s’améliorer. L’étude de la Banque Nationale affirme que le taux des défaillances (faillites personnelles et proposition aux créanciers) est en hausse au Québec, fait qui n’est constaté que dans deux autres provinces, soit l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse [10].

— –

Le Québec devra miser davantage sur l’innovation et ses exportations s’il veut combler son retard par rapport au reste du Canada et aux autres pays de l’OCDE. C’est ce qui ressort d’une étude publiée par le Centre sur la productivité et la prospérité du Québec (CPP) de HEC Montréal, sur les performances économiques du Québec. À parité de pouvoir d’achat, le produit intérieur brut (PIB) par habitant des Québécois était estimé à environ 44 400 $ en 2012. Bien en dessous de la moyenne canadienne de 52 100 $ ou de celle de l’Ontario à 49 940$. La parité de pouvoir d’achat est une méthode que les économistes utilisent pour comparer la capacité de différentes populations à se procurer des biens. Le Québec se trouve ainsi dans le peloton de queue de l’échantillon des 20 pays de l’OCDE considérés par les chercheurs du CPP. Au Canada, les Québécois ne dépassent en richesse que les provinces Maritimes, excluant Terre-Neuve. Sans surprise, les Albertains sont les plus riches au pays avec un PIB qui frôle les 80 500$ par tête [12].

Les chercheurs démontrent que l’écart entre le niveau de vie du Québec et de la moyenne du pays s’est légèrement élargi durant les trente dernières années. Ils précisent cependant, qu’en termes relatifs, le niveau de vie des Canadiens est supérieur de 17% à celui des Québécois, qui équivaut à celui de 1981. Maigre consolation, le PIB du Québec est en train de rattraper celui de l’Ontario, mais très lentement. En 1981, le niveau de vie des Ontariens dépassait celui des Québécois d’environ 17%, comparativement à 12% actuellement. Les chercheurs de HEC Montréal ont pointé les faiblesses de l’innovation et des exportations au Québec parmi les responsables de ses résultats économiques moyens.

Le gouvernement québécois doit définir une politique claire à court et long terme pour redynamiser son économie. « Le Québec doit soutenir ses champions, comme dans l’aéronautique, sans toutefois oublier les autres secteurs de l’économie. Les politiques doivent aussi favoriser l’innovation dans ces autres secteurs pour espérer voir naître à long terme de nouveaux champions », conclut Thierry Warin, professeur au département des affaires internationales de HEC Montréal et vice-président stratégie et économie internationales au CIRANO.

De plus, les autorités ne sont pas insensibles à la question de l’innovation. « De nombreux défis de société sont à nos portes, que ce soit sur le plan démographique, économique, environnemental ou identitaire. Notre capacité à les relever dépendra de notre aptitude à innover, à nous rassembler et à mettre en commun les forces vives de la recherche, quelle que soit l’institution ou l’entreprise dans laquelle elle se réalise », annonçait la première ministre, Pauline Marois, en octobre 2013.

— –

Ainsi, au Québec, le revenu disponible moyen par habitant, c’est-à-dire l’argent net qui vous reste dans vos poches, augmente. Même qu’il croît en moyenne de 1,1 % par année et a grimpé de 4,3 % entre 2007 et 2011, selon les plus récentes données de l’Institut de la statistique (ISQ). Mais la bonne nouvelle s’arrête là, puisqu’à l’échelle du pays, ce revenu moyen fait piètre figure: il arrive en avant-dernière position des 10 provinces.  La classe moyenne se porterait bien et serait même plus riche qu’avant. Au Québec, la classe moyenne s’en sort bien, vit mieux que la classe moyenne américaine grâce aux politiques fiscales, à la redistribution de la richesse et à la protection des salaires des emplois syndiqués. Or, la classe moyenne, gagne suffisamment pour bien vivre, mais pas assez pour combler tous ses désirs. C’est ce décalage qui cause une frustration.  Résultat: elle s’endette pour se satisfaire. Cependant, d’autres croiten plutôt que la classe moyenne s’appauvrit et que si elle s’endette, ce n’est pas pour consommer à outrance, mais pour maintenir son niveau de vie [13].

— –

Sources

[1] http://bit.ly/Nhfsl9

[2] http://bit.ly/NIZBKA

[3] http://bit.ly/NIZWwY

[4] http://bit.ly/NJ0jr8

[5] http://bit.ly/NJ0xyE

[6] http://bit.ly/QpONsa

[7] http://bit.ly/1i7q6pX

[8] http://huff.to/1eSluJE

[9] http://bit.ly/1fa1lLt

[10] http://bit.ly/1joyrfi

[11] http://bit.ly/1lsBu8m

[12] http://bit.ly/1lr716f

[13] http://bit.ly/1gMqydZ

Références

[a] Duhamel, P. (2013). “La crise du pouvoir d’achat”, 4 Avril 2013, L’Actualité, http://bit.ly/1lsxKDR

 

De la richesse | Wealth

world.health.2013change.global.wealth.pyramid.over.60.years   probs.movementswealth.pyramid.strate.over.30.years world.wealth.distributionglobal.wealth.pyramid

World wealth 2013

world.health.2013