La maltraitance lors de l’enfance s’avère associée à des anomalies de la substance grise cérébrales : l’abus pourrait donc conduire à des dommages permanents au cerveau

Une étude internationale a analysé l’association entre la maltraitance infantile et le volume de matière grise cérébrale qui s’avère responsable du traitement de l’information dans le cerveau. Les résultats ont révélé un important déficit dans diverses régions du cerveau qui se développe tardivement, et ce, comme suite à l’abus lors de l’enfance.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la maltraitance des enfants est définie comme toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ou affectifs, de sévices sexuels, d’abandon ou de négligence, ou d’exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, et ce, dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir.

Jusqu’à présent, les résultats d’études de neuro-imagerie structurelles qui ont été menées se sont avérés contradictoires. Une nouvelle étude, publiée dans l’American Journal of Psychiatry et menée par des experts du Collège Royale de Londres et le FIDMAG, Sisters Hospitallers Foundation for Research and Teaching, a fourni de nouvelles conclusions à cet effet.

La maltraitance infantile agit comme un sévère facteur de stress qui produit une cascade de changements physiologiques et neurobiologiques qui conduisent à supporter des modifications dans les structures du cerveau.

Afin de comprendre les anomalies les plus robustes du volume de la matière grise, l’équipe de recherche, qui inclue l’Université nationale de Singapour, a effectué une méta-analyse des études morphométrique fondée sur le voxel (EMV)[a] de la maltraitance des enfants.

L’EMV est une technique d’analyse de la neuro-imagerie qui permet l’étude des différences focales de l’anatomie du cerveau comparant la résonance magnétique cérébrale de deux groupes de personnes.

L’étude comporte douze groupes différents de données constitués d’un total de 331 personnes (56 enfants ou adolescents et 275 adultes) ayant des antécédents de maltraitance infantile, et plus de 362 personnes qui n’ont pas été exposés à la maltraitance (56 enfants ou adolescents et 306 adultes).

Afin d’examiner les régions cérébrales comportant plus ou moins de volumes de matière grise chez les personnes maltraitées, une méthode de neuro-imagerie méta-analytique en trois dimensions a été utilisée nommée « signed differential mapping » (SDM), développée expressément par Joaquim Radua, chercheur au FIDMAG.

Anomalies qui ne sont pas liés aux médicaments

Par rapport à des sujets témoins, les personnes exposées à la maltraitance infantile présentaient significativement de plus petits volumes de matière grise: orbitofrontal/gyrus temporal supérieur droit s’étendant à l’amygdale, l’insula, et para-hippocampique et gyrus temporal moyen et dans le gyrus frontal inférieur gauche et post-central.

Les déficits orbitofrontal-temporelle-limbique droit et les régions frontal inférieur demeurent lors d’une analyse d’un sous-groupe de participants non traités par la médication, ce qui indique que ces anomalies ne sont pas liées aux médicaments, mais à de mauvais traitements.

D’autre part, l’on a pas trouvé d’anomalies dans le gyrus post-centrale gauche que chez les personnes âgées maltraitées. Ces résultats montrent que les anomalies les plus constantes de la matière grise chez les personnes exposées à la maltraitance infantile se trouvent dans cortex préfrontal ventro-latérale et les régions limbiques-temporelle.

Ces régions se développent relativement tardivement, c’est à dire après la maltraitance et le dysfonctionnement pourrait expliquer le déficit cognitif et affectif des personnes ayant des antécédents d’abus lors de l’enfance.

Ces résultats montrent les graves conséquences environnementales adverses des sévices lors de l’enfance sur le développement du cerveau.

Les chercheurs espèrent que les résultats de cette étude aideront à réduire les risques environnementaux lors de l’enfance et à développer des traitements pour stabiliser ces altérations morphologiques.

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sources

  1. http://www.eurekalert.org/pub_releases/2014-06/f-sf-cma061814.php

  2. Lim, L., Radua, J., & Rubia, K. (2014). Gray Matter Abnormalities in Childhood Maltreatment: A Voxel-Wise Meta-Analysis. American Journal of Psychiatry, http://ajp.psychiatryonline.org/Article.aspx?ArticleID=1866348.

références

  1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Voxel

  2. http://en.wikipedia.org/wiki/Brain_morphometry

  3. http://www.fidmag.com/fidmag/index.php

notes

  1. Brain morphometry is a subfield of both morphometry and the brain sciences, concerned with the measurement of brain structures and changes thereof during development, aging, learning, disease and evolution. Since autopsy-like dissection is generally impossible on living brains, brain morphometry starts with noninvasive neuroimaging data, typically obtained from magnetic resonance imaging (or MRI for short.

Comment l’enseignement de la gratitude, à l’école, rend les enfants plus heureux!

Avec les compressions budgétaires et l’intensification des exigences de performance sur les enseignants, et autres membres du personnel de l’école, comment les écoles peuvent-elles renforcer les connexions entre les élèves et leurs enseignants, les écoles et les communautés?

Ainsi, à l’approche de l’Action de grâces, les enfants, à l’école, sont souvent amenés au contact de, et a pensé à, la notion de gratitude. Or, la gratitude relève du lien de reconnaissance envers quelqu’un dont on est l’obligé à l’occasion d’un bienfait reçu ou d’un service rendu. Il relève également du sentiment de reconnaissance et d’affection envers quelqu’un. La reconnaissance montre comment établir des relations positives et un sentiment d’attachement avec l’école pouvant ainsi aider à transformer les jeunes, les professeurs, l’école, et le système de l’éducation.

Ainsi, peut-être qu’à cette occasion, les enfants feront un papier en forme de dinde (turkey handprint) et écriront-ils un remerciement pour chaque plume, ou une quelconque activité du genre. Bien sûr, c’est un exercice relativement agréable pour la progéniture, mais le fait de faire preuve de gratitude peut-il vraiment faire une différence pour les enfants?

Froh et Bono (2012) constatent que certaines recherches antérieures montrent clairement que c’est le cas. La pratique de la gratitude augmente les émotions positives et améliore l’optimisme des élèves, et diminue ainsi leurs émotions négatives et certains symptômes physiques, et les fait se sentir plus connecté et plus satisfait de l’école et de la vie en général. Or, la plupart de ces études ont été réalisées avec des étudiants de la classe moyenne supérieure qui fréquentent le lycée (primaire) ou le collège.

Les résultats permettent de soulever une question: est-ce que ces résultats demeurent vrais pour d’autres types d’étudiants, en particulier les enfants plus jeunes et les enfants en situations à haut risque? Deux nouvelles études montrent que la gratitude est associée à de réels effets positifs, et ce, dans la vie de ce types d’enfants — et suffisamment pour suggérer qu’elle devrait être une priorité pour les étudiants, et ce, tout au long de l’année.

Jeffrey Froh est un pionnier de la recherche de la gratitude chez les jeunes enfants. Froh et ses collègues ont donc testé un nouveau type de programme (ou curriculum) de gratitude pour les enfants du primaire (âgés de 8 à 11), le plus jeune étudié jusqu’à présent. Premièrement, les enfants ont appris les trois types d’évaluation qui nous font sentir reconnaissants : que quelqu’un a intentionnellement fait quelque chose de bénéfique pour nous; que de fournir un bénéfice comporte un cout pour eux; que le bénéfice à de la valeur pour nous.

Après une semaine de leçons quotidiennes d’une demi-heure, les étudiants ont montré une augmentation significative de la pensée de la gratitude et de l’humeur de la gratitude (grateful thinking and grateful mood) ce qui signifie que les leçons ont produit un effet significatif. Aussi, lorsque tous les enfants ont eu la chance d’écrire une note de remerciements à la ??? (PTA) après une présentation, les élèves ont écrit 80 pour cent plus de notes que les enfants qui n’ont pas reçu de leçons, montrant ainsi que leur l’accroissement de la gratitude se traduit effectivement dans des comportements de gratitudes (grateful behavior).

Dans la seconde partie de l’étude, les chercheurs ont étalonné le programme sur cinq semaines, une leçon par semaine. Les résultats des élèves ont été testés juste après la fin du programme, puis ensuite plusieurs fois, et ce jusqu’à cinq mois plus tard. Par rapport aux enfants qui n’ont pas eu les leçons de gratitude, les enfants ont montré une augmentation constante au fil du temps de la pensée de gratitudes, de la gratitude elle-même, ainsi que des émotions positives. En fait, les différences entre les deux groupes étaient la plus élevées cinq mois après la fin du programme, ce qui indique que les leçons de gratitude ont eu des effets positifs durables.

Dans l’ensemble, cette étude suggère que même les jeunes élèves peuvent apprendre à regarder le monde à travers les yeux de la gratitude et qu’ils peuvent devenir non seulement plus reconnaissants, mais également plus heureux.

Dans une autre étude récente, Mindy Ma et ses collègues ont étudié la gratitude d’un genre de population très différent que celles utilisées dans les études précédentes sur la gratitude chez les jeunes : les adolescents afro-américains (12 -14 ans) à faible revenu, des écoles urbaines sous-performantes.

Les scientifiques cherchaient savoir si, dans ce genre d’environnement à haut risque, la gratitude pourrait aider à protéger les enfants contre les contraintes auxquels ils sont confrontés, et ce, à la maison comme à l’école. Les chercheurs ont donc interrogé près de 400 élèves de trois collèges différents pour savoir s’ils se ressentaient de la gratitude en réponse aux choses que d’autres font et qui leur bénéficie (les chercheurs l’appellent la gratitude « morale-affect »; « moral-affect » gratitude) ou s’ils ont tendance à se concentrer sur les aspects positifs dans nos vies et le monde (appelés « orientation de la vie » de la gratitude; « life-orientation » gratitude).

Les chercheurs ont constaté que ceux qui étaient plus susceptibles de sentir de la gratitude pour les autres ont également montré un plus grand intérêt académique, obtenu de meilleures notes, et ont une plus grande implication parascolaire; ceux qui ont apprécié en général les aspects positifs ont obtenu des scores plus faibles sur les comportements à risque comme la toxicomanie et l’usage de drogues, ainsi que les attitudes et les activités sexuelles. Un facteur, les relations familiales positives, a été associée aux deux types de gratitude. En d’autres termes, au moins pour ce groupe d’étudiants, la gratitude morale-affect (morale-affect gratitude) semblait améliorer les conditions positives de leur vie, alors que l’orientation de la vie de la gratitude (life-orientation gratitude) semblait tampon contre certains pièges communs de haut risque.

On peut noter, cependant, que cette étude n’a pas pu déterminer si la gratitude a effectivement causé ces aboutissements positifs (ou vice versa). Mais cette étude montre une avenue prometteuse que la gratitude peut jouer un rôle essentiel dans la protection des adolescents à risque des difficultés dans leur vie, peut-être en favorisant une plus grande ouverture d’esprit et en constituant un certain renforcement de leurs ressources personnelles et de leurs habiletés et capacités d’adaptation.

D’autres études à l’avenir devraient inclure des expériences avec ce type de programmes — comme peut-être le nouveau programme de Froh pour ainsi évaluer les effets de l’enseignement de la gratitude chez les populations à risque. Ce qui pourrait nous donner à tous quelque chose de plus à célébrer le jour de l’Action de grâces!

Bien que le domaine de l’étude de la gratitude demeure encore jeune et relativement nouveau, nous sommes déjà en train d’apprendre [et de comprendre] que la gratitude fait plus que simplement produire des enfants qui se sentent bien; il améliore également l’humeur, la santé mentale, et la satisfaction de la vie, et il peut relancer un engagement plus volontariste dans la vie à un moment critique de leur développement, lorsque leur identité prend forme.

Par exemple, une étude de Froh et Bono montre que les adolescents qui avaient des niveaux élevés de gratitude lorsqu’ils entraient au secondaire avaient moins d’émotions négatives, moins de dépression et plus d’émotions positives, une meilleure satisfaction de la vie, plus de bonheur, et ce, quatre ans plus tard quand lorsqu’ils terminent leurs études secondaires. Ils ont également plus d’espoir et un sentiment de sens dans leur vie. Une autre étude, qui a fait le suivi d’étudiants pendant plus de six mois, montre que sentiment de gratitudes motive les adolescents à aider les autres (altruisme) et à utiliser leurs forces pour contribuer à la société.

Aussi, une étude de Froh et Bono sur la visite de gratitude (gratitude visit) nous avons constaté que les élèves qui ont commencé l’étude avec un bas niveau d’émotions positives ont rapporté plus de gratitudes et plus d’émotions positives immédiatement après l’étude, et plus d’émotions positives deux mois plus tard, par rapport aux étudiants qui n’ont pas reçu de visite de gratitude. La visite de gratitude (gratitude visit), dans lesquels l’élève écrit une lettre à quelqu’un qui les avait aidés, mais qu’ils n’avaient jamais bien remercier; les élèves ont fait lecture de leur lettre à cette personne qui les avaient aidés, puis plus tard, ils ont discuté de leur expérience avec d’autres pairs qui avaient également terminé une visite de gratitude.

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Sources

Froh, J., Bono, G. (2012). “How to foster gratitude in Schools”, Greater School, 19 november 2012, The Greater Good Science CenterUniversity of California, Berkeley, http://bit.ly/1kgBJTf.

Ma, M., Kibler, J. L., & Sly, K. (2013). Gratitude is associated with greater levels of protective factors and lower levels of risks in African American adolescents. Journal of adolescence, 36(5), 983-991, http://bit.ly/1kAOns6.

Froh, J. « Gratitude Lesson Plans », http://bit.ly/OotcyB.

Campbell, E. (2013). “How Teaching Gratitude In School Makes Kids Happier“, TheHuffingtonPost.com, 11 december 2013, http://huff.to/1e3Edl9.

APA (2012). “Growing Up Grateful Gives Teens Multiple Mental Health Benefits, New Research Shows”, American Psychological Association, 5 august 2012, http://bit.ly/PCzFXY, presentation “Searching for the Developmental Role of Gratitude: A 4-year Longitudinal Analysis” at Orange County Convention Center on august 5 2012.

Froh, J. J., Bono, G., & Emmons, R. (2010). Being grateful is beyond good manners: Gratitude and motivation to contribute to society among early adolescents. Motivation and Emotion, 34(2), 144-157, http://bit.ly/1spQVP2.

American Psychological Association (APA). (2012, August 6). “Growing up grateful gives teens multiple mental health benefits“, ScienceDaily, http://bit.ly/1fZ3eJx.
Froh, J. J., Kashdan, T. B., Ozimkowski, K. M., & Miller, N. (2009). Who benefits the most from a gratitude intervention in children and adolescents? Examining positive affect as a moderator. The Journal of Positive Psychology, 4(5), 408-422.

Références

Froh, J., & Bono, G. (2014). “Making Grateful Kids: The Science of Building Character”, Templeton Foundation Press.

De l’interdisciplinarité et de la multidisciplinarité, et de la systémique des services de soins de santé en itinétance

La pratique avancée des infirmières praticiennes en psychiatrie/santé mentale, PAIPSM, propose une large gamme de services de soins de santé pour les adultes, les enfants, les adolescents et leurs familles dans les centres de soins primaires (primary care facility), les cliniques externes en santé mentale des hôpitaux, les services d’urgence psychiatrique des hôpitaux, la pratique privée/cabinet privé ou les centres hospitaliers, les prisons, ou en milieu de travail et enfin, les centres communautaires de santé (community health center ou CLSC), et enfin dans les soins infirmiers, et les habitations (domicile des patients, CHSLD, vieillir à la maison, assisted living facilities???).

PAIPSM peut produire des diagnostics, pratiquer la psychothérapie, et prescrire des médicaments, et ce, pour les patients qui ont des troubles psychiatriques, des troubles organiques du cerveau médicaux ou des problèmes de toxicomanie. Ils sont autorisés à fournir des services psychiatriques d’urgence, à produire des évaluations biopsychosociale, psychiatriques et psychologiques, et physiques ainsi que des plans de traitement et à faire gestion globale des soins de santé aux patients. Les modalités de traitement comprennent donc à la fois des médicaments et la gestion psychothérapeutique.

Le rôle des PAIPSM met l’accent sur la recherche, le leadership clinique, l’éducation, la consultation et la pratique clinique d’experts, se concentrant principalement sur les interventions au niveau systémique. Un PAIPSM peut pratiquer de manière autonome dans une grande variété de cadres. Ils peuvent donc servir de consultants ou d’éducateurs pour les familles, les itinérants ainsi que pour le personnel oeuvrant dans le domaine des soins de santé ou des programmes communautaires de santé mentale. Le PAIPSM porte donc une emphase sur le diagnostic psychiatrique, y compris le diagnostic différentiel des troubles médicaux comportant des symptômes psychiatriques, et le traitement pharmacologique des troubles psychiatriques.

Les soins infirmiers psychiatriques (Psychiatric Nursing) ou les soins infirmiers de santé mentale (Mental health Nursing) relève d’une la spécialité des soins infirmiers qui s’occupe essentiellement des personnes de tous âges atteintes de maladie mentale ou de détresse psychologique, comme la schizophrénie, le trouble bipolaire, la psychose, la dépression ou la démence. Les infirmières dans ce domaine reçoivent plus de formation que l’infirmière non spécialisée, notamment, en ce qui concerne les thérapies psychologiques, la construction d’une alliance thérapeutique, la gestion des comportements difficiles, et l’administration de médicaments psychiatriques. L’infirmière enregistrée en psychiatrique (IEP; Registered psychiatric nurse) est une profession distincte dans les quatre provinces le plus à l’Ouest au Canada.

Les soins infirmiers psychiatriques sont reconnus comme une profession distincte de la santé réglementée au Canada et dans d’autres pays. La profession de soins infirmiers psychiatriques dispose d’un Code national de déontologie et des normes de pratique de soins infirmiers psychiatriques. Ces dernières et d’autres Lignes directrices de pratique ou politiques afin de fournir un guide pour les IEP qu’elles soient du domaine clinique, administratif, de l’enseignement ou de la recherche.

Les IEP travaillent dans des environnements cliniques et de traitement difficultueux et dans les environnements de travail en équipe interdisciplinaire. Ils doivent faire preuve en permanence de jugement dans la prise de décisions et la résolution de problèmes afin de relever les défis cliniques et les besoins de soins de santé des patients. Ils doivent posséder d’excellentes compétences interpersonnelles et de communication afin d’être efficace en tant que thérapeutes capables de compassion et d’empathie, et dans l’exercice de tact et de diplomatie, tout en conseillant et en fournissant traitements aux patients. Leur formation universitaire et professionnelle fournit les connaissances et les compétences requises pour ces types de responsabilités.

Les IEP oeuvrent sont sur les lignes de front en travaillant en partenariat en tant que membres clés d’une équipe interdisciplinaire de professionnels de soins de santé ; psychiatres, psychologues, infirmières, ergothérapeutes, travailleurs sociaux, pharmaciens, gestionnaires, organismes communautaires, professionnels de l’application des lois et prestataires de services sociaux. Ils travaillent comme personnel infirmier, gestionnaire, conseillers, spécialistes cliniques, chefs d’équipe, superviseurs, directeurs, directeurs adjoints, professeurs, chercheurs, gestionnaires de cas et consultants dans des centaines de collectivités partout au Canada.

Les IEP en itinérance peuvent ainsi travailler indépendamment ou dans le cadre d’équipe(s) de soins de santé multidisciplinaire [et interdisciplinaire] notamment des psychiatres, médecins, psychologues, travailleurs sociaux, infirmiers. Les IEP sont responsables de l’évaluation, la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des soins aux personnes en situation d’itinérance chronique vivant une ou plusieurs conditions psychiatrique et comorbide. Ils fournissent des données probantes, centrées sur une approche globale du fonctionnement humain, ainsi que sur les besoins spécifiques de la personne, les soins infirmiers sont axés sur le rétablissement des patients et leurs fournisseurs de services de soins de santé mentale.

De l’erreur diagnostique, du stigmate et de la santée mentale !

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) désigne les conditions abusives endurées par les personnes atteintes de troubles mentaux comme une urgence cachée des droits de l’homme. L’OMS signale que partout dans le monde, les gens souffrant de troubles mentaux et psychosociaux sont soumis à un large éventail de violations des droits de l’homme, à la stigmatisation et à la discrimination. En 2011, l’OMS appelait les gouvernements à augmenter les services aux personnes souffrant de troubles mentaux, neurologiques et de l’abus de substance.Le projet « QualityRights » vise essentiellement à améliorer la qualité et les conditions des droits de l’homme dans les établissements de santé mentale et de services sociaux ainsi que l’autonomisation des organisations qui défendent les droits des personnes en situation de handicap mental et psychosocial.

En examinant1 plus de 25 ans de réclamation de paiements pour faute professionnelle aux États-Unis, les chercheurs du  Johns Hopkins ont découvert que se sont les erreurs de diagnostic – et non les erreurs chirurgicales ou les surdoses de médicaments — qui représenteraient la plus grande portion des réclamations d’assurances, la nuisance la plus sévère pour les patients, et le plus gros montant des pénalités réclamés. Les patients qui ont été erronément diagnostiqués (misdiagnosing patients) ou les erreurs de diagnostique (misdiagnosis) est l’une des erreurs les plus coûteuses et dangereuses effectués par des médecins aux États-Unis. Les erreurs entraînent l’échec à traiter adéquatement la condition pathologique ou psychopathologique du patient.

Les paiements liés au diagnostic se sont élevés à 38,8 milliards de dollars entre 1986 et 2010. C’est bien la preuve que les erreurs de diagnostic pourraient facilement être le plus gros problème de sécurité et de faute médicale pour les patients aux États-Unis. Il y a beaucoup plus de « mal » provenant des erreurs de diagnostic que nous pouvions imaginer.

Bien que la nouvelle étude a porté uniquement sur un sous-ensemble des revendications — ceux qui s’élevaient au niveau d’un paiement pour faute professionnelle —, les chercheurs estiment que le nombre de patients souffrant d’erreur de diagnostic, potentiellement évitable, causant des blessures significatives et permanentes, ou la mort, chaque année, aux États-Unis, varie entre 80 000 à 160 000. Ils ont constaté que sur les 350 706 paiements, les erreurs de diagnostic sont le principal type d’erreur (28,6 %) et ont représenté la plus grande proportion du total des paiements (35,2 %). Les erreurs de diagnostic ont entraîné la mort ou l’invalidité presque deux fois plus souvent que les autres catégories d’erreurs.

Dans l’ensemble, les erreurs de diagnostic ont été sous-estimées et sont souvent peu reconnues, car ils sont difficiles à mesurer et à en faire le suivi en raison de l’écart fréquent entre le moment où l’erreur se produit et quand il est détecté. Ce sont des problèmes fréquents qui ont joué comme les seconds violons à des erreurs médicales et chirurgicales, qui sont immédiatement plus évidentes.

Certains experts croient que l’on a souvent minimisé la portée des erreurs diagnostic2 non pas parce qu’ils n’étaient pas au conscient de cette problématique, mais parce qu’ils avaient peur d’ouvrir une boîte de Pandore qu’ils ne pouvaient pas fermer. Des progrès ont été réalisés au regard d’autres types de préjudice pour le patient, mais cela ne va probablement pas être une solution magique en ce qui concerne les erreurs de diagnostic, car ils sont plus complexes et diversifiés que d’autres problèmes de sécurité des patients. Nous allons avoir besoin de beaucoup plus de gens en concentrant leurs efforts sur cette question si nous allons réussir à y faire face.

Ils ont également constaté que la plupart des réclamations pour erreur de diagnostic étaient reliées aux patients externes de soins hospitaliers (68,8 pour cent contre 31,2 pour cent), et les erreurs de diagnostic des patients hospitalisés étaient plus susceptibles d’être mortelles (48,4 pour cent contre 36,9 pour cent). La majorité des erreurs de diagnostic ont été des diagnostics ratés (misdiagnosis), plutôt que des retards ou de mauvais diagnostics. Ceci suggère que l’impact sur la santé publique de ces types d’erreurs est probablement beaucoup plus grave qu’on ne le croyait auparavant parce que les estimations antérieures sont basées sur les données d’autopsie, de sorte qu’ils ne comptent que le décès et non pas le handicap. Le bilan humain de diagnostics erronés est probablement beaucoup plus grand que l’étude ne le montre. Une estimation suggère que lorsque les patients consultent un médecin pour un nouveau problème, le taux d’erreur de diagnostic moyen peut être aussi élevé que 15 pour cent.

Ainsi, aux États-Unis, c’est donc une preuve de plus que les erreurs diagnostic pourrait facilement être le plus gros problème de sécurité et de fautes médicales pour les patients. Il y a beaucoup plus de préjudices causés les erreurs diagnostic que nous pouvons l’imaginer. Les erreurs de diagnostic (misdiagnosis) s’avèrent plus fréquentes, coûteuses et nocives, que les erreurs de traitements. L’erreur de diagnostic peut être définie comme un diagnostic qui est raté, erroné ou retardé, tel que détecté par certains tests ou constatations définitives ultérieurs. S’ensuit un préjudice découlant des méfaits du retard ou de l’échec du traitement de(s) condition(s) présentent alors que le diagnostic de travail (working diagnosis) s’avère erroné ou inconnu, ou découlant du traitement prévu pour une condition qui n’est réellement pas présente.

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Ainsi, les personnes atteintes de maladie mentale sont parmi les groupes de patients les plus stigmatisés dans le cadre des soins de santé (Putnam, 2008), et seraient plus susceptibles d’entretenir une mauvaise santé physique. De plus, au moins 14 études ont montré que les patients ayant une maladie mentale grave reçoivent de moins bons soins médicaux que les gens dit « normaux ». Selon une étude, l’espérance de vie d’une personne souffrant d’une maladie mentale grave est réduite de 25 ans.

Tout d’abord, nous devons déterminer ce que l’on entend par le terme « stigmatisation ». Le stigma est un stéréotype négatif. Corrigan (2005 ; Corrigan et al., 2004; Corrigan & Watson, 2002) classifie en trois types : « la stigmatisation publique», « l’auto-stigmatisation » et “l’évitement de l’étiquette”.

La stigmatisation publique (public stigma) est conceptualisée comme un processus par étapes : la pensée stéréotypée résultant de l’ignorance. Le public en générale infère la maladie mentale à partir d’indices explicites : les symptômes psychiatriques, les déficits en habiletés sociales, l’apparence physique et les étiquettes diagnostiques communs (Corrigan, 2000; Penn & Martin, 1998). Ces indices stigmatisante entraine souvent des stéréotypes (Corrigan, 2007; Krueger, 1996; Lauber & Rossler, 2007). Les stéréotypes les plus Répandues sur les personnes atteintes de maladie mentale sont la violence (personnes atteintes de maladie mentale sont dangereux), l’incompétence (ils sont incapables de vivre de façon autonome ou de produite un réel travail), et le blâme (en raison de la faiblesse de caractère ou de leur prorpre turpitude, ils sont responsables de l’apparition et la continuation de leur troubles) (Corrigan et al., 2000; Link et al., 1999). ; l’attitude négative, qui conduit à porter un préjudice ; et le comportement négatif, qui conduit à la discrimination. La stigmatisation publique relève du phénomène de grands groupes sociaux adhèrent aux stéréotypes négatifs, à propos, et subséquement agir contre, un groupe stigmatisé: dans ce cas-ci, les personnes atteintes de maladie mentale.

Or, la connaissance d’une série de stéréotypes n’implique pas un accord avec celle-ci (Devine, 1989; Jussim et al., 1995). Par conséquent, les résultats de la stigmatisation publique sont plus dommageables que lorsque les personnes qui ont des préjugés approuvent les stéréotypes négatifs et élicite des réactions émotionnelles négatives en résultante (” J’ai peur d’eux ») (Corrigan et al., 2009; Devine, 1995). Contrairement aux stéréotypes, qui sont des croyances, les préjugés impliquent un élément d’évaluation (généralement négative) (Allport, 1954; Eagly & Chaiken, 1993). Le préjugé est une réponse cognitive et affective qui mène à la discrimination, une réaction comportementale (Crocker et al., 1998). Le comportement discriminatoire constitue une action négative contre l’exo-groupe, qui peut se manifester par de l’évitement, le refus de s’associer aux membres de l’exo-groupe, ou par la perte d’opportunités ou des traitements susceptibles de promouvoir les objectifs d’une personne. La stigmatisation publique cause du tort aux gens qui souffrent de maladie mentale, et ce, à plusieurs égards. Les stéréotype, les préjugés et la discrimination peuvent voler aux gens étiquetés malades mentaux des importantes opportunités de la vie qui sont essentiels à la réalisation de leurs objectifs de vie. Il appert que certains employeurs évitent les travailleurs souffrant de maladie mentale en ne les embauchant tout simplement pas. Les locateurs “protége” leurs locataires de personnes atteintes de maladie mentale en refusant de leur en louer.

L’auto-stigmatisation (self-stigma) se produit lorsque certains ou tous les membres d’un groupes stigmatisés (ex: patients souffrants de troubles de santé mentale) intériorisent les attitudes [négatives] à leur égard, ce qui conduit à la perte de l’estime de soi et l’auto-efficacité, aisi qu’à des croyances et des comportements auto-destructeurs, notamment l’isolement, l’évitement des traitements et la divulgation d’informations qui peuvent avoir non seulement de graves répercussions sur leur vie personnelle, mais aussi sur leur statut d’emploi et les opportunités future. Avant l’apparition de la maladie mentale, la plupart des gens sont déjà conscients du stigmate endosser culturellement associé à la maladie mentale. Après avoir reçu un diagnostic, les croyances associées au stigmate sont activés, ce qui affecte l’estime de soi et la construction identitaire. Vivre au sein d’une culture imprégnée d’images stigmatisantes, les personnes atteintes de maladie mentale peuvent accepter ces notions et ainsi subir une diminution de l’estime de soi (Corrigan et al., 1999; Rosenberg, 1965), de l’auto-efficacité (Bandura, 1989), et la confiance en leur avenir (Corrigan, 1998; Holmes & River, 1998). La recherche montre que les personnes atteintes de maladie mentale intériorisent souvent les idées stigmatisantes largement adhérés au sein de la société et croient qu’ils sont moins appréciés en raison de leur trouble psychiatrique (Link, 1987; Link & Phelan, 2001). L’auto-préjudice conduit à des réactions émotionnelles négatives, proéminament, une faible estime de soi et une faible auto-efficacité (Link et al., 2001; Markowitz, 1998). Une faible auto-efficacité et faible estime de soi se sont révélés être associés à un défaut de poursuite d’un emploi ou des opportunités de vie autonome auquel les personnes atteintes de maladie mentale pourraient autrement réussir (Link, 1982, 1987). L’impact négatif de L’auto-stigmatisation sur l’estime de soi et l’auto-efficacité peuvent entraîner un effet d’impuissance apprise chez les personnes atteintes de maladie mentale (Corrigan et al., 2009).

L’évitement des étiquettes (label avoidance) est un troisième exemple de stigmatisation : les gens ne recherchent pas, ou participent à, des services de santé mentale, afin d’éviter l’impact flagrant d’une étiquette stigmatisante.

Rappelons que la stigmatisation diffère de la discrimination. La discrimination est un traitement injuste en raison de l’identité d’une personne, ce qui inclut la race, l’ascendance, le lieu d’origine, la couleur, l’origine ethnique, la citoyenneté, la croyance, le sexe, l’orientation sexuelle, l’identité sexuelle, l’expression sexuelle, l’âge, l’état matrimonial, l’état familial ou un handicap, y compris les troubles mentaux. Les actes de discrimination peuvent être ouvertes ou prendre la forme d’une discrimination systémique (secrète, caché).

La stigmatisation envers les personnes atteintes de maladie mentale par les fournisseurs en soins de santé se traduit par des disparités en terme d’accès, de traitement et de résultat (Birch, Lavender, & Cupitt, 2005; De Hert et al., 2011; Phelan & Basow, 2007). Les personnes atteintes de maladie mentale ont une incidence plus élevée de maladies chroniques et une espérance de vie plus courte que la population générale, mais leurs problèmes de santé sont souvent ignorés, car il sont déconsidéré et décridibilisé.

En 2007, une étude4 menée par le Royal College of Psychiatrists au Royaume-Uni a conclu que “une fois que l’équipe médicale est au courant qu’un patient a un problème psychiatrique, ils leur donnent des soins de moins bonne qualité”. Le rapport poursuit en expliquant que « les médecins n’aiment pas traiter avec des patients souffrant de troubles psychiatriques. Ils les considèrent comme différents et ils passent moins de temps avec eux. Ils ne proposent pas à ces patients la même intensité d’enquête, a contrario de ceux qui n’ont pas de trouble psychiatrique. C’est un traitement préjudiciable et inequitable.

De nombreuses personnes atteintes de maladie mentale rapporte donc souvent devoir subir les attitudes négatives du personnel de la santé mentale face à leurs pronostics diagnostic, liés en partie au « biais du médecin » (‘physician bias’). Le ‘diagnostic overshadowing’ semble être un phénomène courante dans les services de soins de santés, ce qui implique une mauvaise attribution des signes et symptômes de maladie physique à des troubles mentaux concomitants, conduisant ainsi à sous-diagnostic et a de mauvais traitements des conditions physiques5.

Vous pensiez qu’à mesure que les personnes deviennent de plus en plus éduquer aux complexes facteurs biologiques, sociaux et psychologiques qui vont composer la maladie mentale, ces personnes développerait en conséquence plus de compréhension et moins stigmatisant. Tant les professionnels de soins de santé et de la santé mentale contribuent régulièrement à renforcer les préjugés et la discrimination qui existe pour chez les personnes atteintes de maladie mentale.

À l’ère des soins centrés sur le patient, certains soutiennent que les médecins devraient s’abstenir de conseiller les patients ou de recommander un plan de traitement et devraient plutôt simplement rester neutre et présenter toutes les options et laisser exclusivement aux patients la décision finale. Nous et les autres pensent que dans une forte relation médecin-patient, les médecins doivent utiliser leurs connaissances médicales et l’expérience pour faire des recommandations afin d’aider les patients à faire des choix plus éclairés concernant leur traitement. Les patients peuvent être les ultimes décideurs quant au choix du traitement à initier, mais ils ont également besoin d’une expertise et des conseils du médecin pour faire les meilleurs choix.

En examinant plus de 25 ans de réclamation de paiements pour faute professionnelle aux États-Unis, les chercheurs du Johns Hopkins ont découvert que se sont les erreurs de diagnostic – et non les erreurs chirurgicales ou les surdoses de médicaments — qui représentaient la plus grande portion des réclamations d’assurances, la nuisance la plus sévère pour les patients, et le plus gros montant des pénalités réclamés. Les paiements liés au diagnostic se sont élevées à 38,8 milliards de dollars entre 1986 et 2010. C’est bien la preuves que les erreurs de diagnostic pourrait facilement être le plus gros problème de sécurité et de faute médicale pour les patients aux États-Unis. Il y a beaucoup plus de « mal » provenant des erreurs de diagnostic que nous pouvions imaginer.

Bien que la nouvelle étude a porté uniquement sur un sous-ensemble des revendications — ceux qui s’élevaient au niveau d’un paiement pour faute professionnelle —, les chercheurs estiment que le nombre de patients souffrant d’erreur de diagnostic, potentiellement évitable, causant des blessures significatives et permanentes, ou la mort, chaque année, aux États-Unis, varie entre 80 000 à 160 000. Ils ont constaté que sur les 350 706 paiements, les erreurs de diagnostic sont le principal type d’erreur (28,6 %) et ont représenté la plus grande proportion du total des paiements (35,2 %). Les erreurs de diagnostic ont entraîné la mort ou l’invalidité presque deux fois plus souvent que les autres catégories d’erreurs.

Dans l’ensemble, les erreurs de diagnostic ont été sous-estimées et sont souvent peu reconnues, car ils sont difficiles à mesurer et à en faire le suivi en raison de l’écart fréquent entre le moment où l’erreur se produit et quand il est détecté. Ce sont des problèmes fréquents qui ont joué comme les seconds violons à des erreurs médicales et chirurgicales, qui sont immédiatement plus évidentes.

Certains experts croient que l’on a souvent minimisé la portée des erreurs diagnostic non pas parce qu’ils n’étaient pas au conscient de cette problématique, mais parce qu’ils avaient peur d’ouvrir une boîte de Pandore qu’ils ne pouvaient pas fermer. Des progrès ont été réalisés au regard d’autres types de préjudice pour le patient, mais cela ne va probablement pas être une solution magique en ce qui concerne les erreurs de diagnostic, car ils sont plus complexes et diversifiés que d’autres problèmes de sécurité des patients. Nous allons avoir besoin de beaucoup plus de gens en concentrant leurs efforts sur cette question si nous allons réussir à y faire face.

Ils ont également constaté que la plupart des réclamations pour erreur de diagnostic étaient reliées aux patients externes de soins hospitaliers (68,8 pour cent contre 31,2 pour cent), et les erreurs de diagnostic des patients hospitalisés étaient plus susceptibles d’être mortelles (48,4 pour cent contre 36,9 pour cent). La majorité des erreurs de diagnostic ont été des diagnostics ratés (misdiagnosis), plutôt que des retards ou de mauvais diagnostics. Ceci suggère que l’impact sur la santé publique de ces types d’erreurs est probablement beaucoup plus grave qu’on ne le croyait auparavant parce que les estimations antérieures sont basées sur les données d’autopsie, de sorte qu’ils ne comptent que le décès et non pas le handicap. Le bilan humain de diagnostics erronés est probablement beaucoup plus grand que l’étude ne le montre. Une estimation suggère que lorsque les patients consultent un médecin pour un nouveau problème, le taux d’erreur de diagnostic moyen peut être aussi élevé que 15 pour cent.

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L’usage des antidépresseurs toujours en hausse dans les pays riches

Selon l’OCDE, le taux d’augmentation des prescriptions ne correspond pas à l’augmentation globale des diagnostics, entrainant ainsi des inquiétudes chez les professionnels de la santé quant à l’utilisation excessive ou la sur-utilisation de médicaments.

L’usage d’antidépresseurs a ainsi bondi à travers le pays riche au cours de la dernière décennie, selon l’Organisation for Economic Co-operation and Development (OCDE), soulevant des inquiétudes chez les médecins selon laquelle il y aurait une sur-prescription de « pilules ».

Les chiffres montrent que dans certains pays les médecins sont en train d’écrire des ordonnances pour plus d’un adulte sur 10, avec l’Islande, l’Australie, le Canada et les autres pays nordiques européens en tête.

D’autres données, provenant des États-Unis celles-là, montrent que plus de 10 % des adultes américains utilisent le médicament contre la dépression. En Chine, le marché des antidépresseurs a augmenté d’environ 20 % pour chacune des trois dernières années, mais à partir d’une base plus faible.

Toutefois, le taux global de dépression n’a pas augmenté dans la même mesure, même si plus de gens sont diagnostiqués dans certains pays.

Dans son rapport « Health at a glace » (http://bit.ly/19KOcmN ; Panorama de la sante 2013 – http://bit.ly/LCogoJ), l’OCDE a déclaré que la hausse des niveaux de consommation pourrait s’expliquer par l’utilisation des antidépresseurs pour les cas légers de dépression. Toujours selon l’OCDE, la crise financière pourrait avoir été un facteur contribuant à la plus récente augmentation de l’usage, notamment pour l’Espagne et le Portugal, par exemple,ou les prescriptions d’antidépresseurs ont fait un bond de plus de 20 % au cours des cinq dernières années.

La plupart des psychiatres s’accordent à dire que les antidépresseurs fonctionnent mieux pour les personnes atteintes d’une maladie grave, mais ne sont pas censés être comme premier recours pour les personnes souffrant de dépression légère. Nous savons également que les antidépresseurs fonctionnent pour dépression modérée à sévère. La consultation et les thérapies par la parole, comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), sont reconnus comme tout aussi efficace sur le long terme. Mais les psychothérapies sont une « denrée » rare dans de nombreux pays. Ainsi, on pourrait supposer que l’explosion de l’usage d’antidépresseurs que l’on constate actuellement dans la plupart des pays reflète le fait que beaucoup de personnes souffrant de dépression modérée à sévère reçoivent un traitement — et que ce serait une bonne chose.

Cependant, le point négatif, c’est que beaucoup de personnes reçoivent des antidépresseurs alors qu’ils ne devraient pas en obtenir. Les médecins et les fournisseurs de soins de santé doivent être en mesure de reconnaître correctement la dépression afin que ceux qui ont réellement besoin d’antidépresseurs en reçoivent et que les cas bénins ne devraient pas se voir attribuer une prescription. Or, la plupart des experts s’entendent pour dire que les antidépresseurs sont sur-prescrits pour certaines personnes, mais sous-utilisés pour d’autres.

Les antidépresseurs sont largement sur-prescrits pour se débarrasser du chagrin et de la peine. Ces médicaments n’ont pas été conçus pour cet usage. Le chagrin et la peine font partie de la condition humaine. Mais la vraie dépression clinique, elle, répond aux antidépresseurs. Et ne pas prescrire dans ces cas relève à condamner inutilement l’individu à vivre la maladie beaucoup plus longtemps. Certains cliniciens croient que l’augmentation des prescriptions d’antidépresseur est le résultat d’une meilleure reconnaissance de la dépression, et ce, dans de nombreux pays. Or, il est toutefois beaucoup plus probable que cela relève d’un résultat de la commercialisation efficace de l’industrie pharmaceutique.

La flambée de l’utilisation des antidépresseurs relève de la pression croissante à la médicalisation du malheur (du chagrin et de la peine), qui se justifierait par le manque de ressources et de temps ainsi qu’à la faible disponibilité d’autres traitements thérapeutique entrainant ainsi les médecins à faire un sur-usage de prescriptions. Nous médicalisons les situations les plus courantes : conflit, séparation, vicissitudes de l’existence. Ils seraient prescrits trop facilement. Si vous prenez un antidépresseur et que cela ne fonctionne pas, vous ne pensez pas que c’est parce que vous pourriez ne pas être déprimé, mais que vous devez prendre un plus fort.

Dans une étude de la WHO en 2011 (Bromet, 2011), à l’échelle plantaire, les femmes étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir des périodes de dépression que les hommes. De plus, aux États-Unis et en Europe occidentale, le taux de dépression est plus élevé chez les personnes plus jeunes.

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La croissance des dépenses pharmaceutiques s’est ralentie dans de nombreux pays de l’OCDE ces dernières années. Pourtant, le Canada se hisse au troisième rang des pays où l’on consomme le plus d’antidépresseurs, selon les plus récentes statistiques de l’OCDE. Depuis le début du millénaire, parmi les 21 pays recensés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), seules l’Islande et l’Australie devancent le Canada au chapitre de la consommation de médicaments contre la dépression. On note également que la consommation d’antidépresseurs augmente tandis que le nombre de personnes atteintes de dépression reste stable.

L’augmentation de l’utilisation des antidépresseurs peut aussi être partiellement expliquée par le sentiment d’insécurité provoqué de la crise économique (Gili et al., 2012). La crise financière est considérée comme un facteur évident d’augmentation de la consommation d’antidépresseurs. Pourtant, par exemple en France – qui pointe au 13e rang mondial, loin derrière l’Islande, l’Australie et le Canada -, la crise économique persistante n’a toutefois pas d’impact sur l’accroissement de la consommation d’antidépresseurs.

Or, la consommation moyenne d’antidépresseurs dans les 23 pays membres de l’OCDE est ainsi de 56 cachets par… jour pour 1 000 habitants. Avec 86 “pilules du bonheur” –  l’Islande (106) et l’Australie (89) -, le Canada se hisse donc au troisième rang des consommateurs d’antidépresseurs. Mais l’un des bonds les plus importants a été enregistré en… Allemagne (+ 46 % entre 2007 et 2011), un pays pourtant montré en exemple pour sa bonne santé économique.

Toujours selon le rapport,  l’explosion du nombre de travailleurs pauvres, la proportion toujours plus importante de salariés cumulant plusieurs emplois pour boucler leurs fins de mois et la pression accrue sur les lieux de travail expliquent en partie cette “anormalie”. L’OCDE explique aussi la hausse de la consommation de psychotropes relève entre autre de l’accroissement de l’intensité et de la durée des traitements parmi les facteurs qui peuvent expliquer la hausse générale de la consommation d’antidépresseurs (or pourtant, une étude de l’ISQ constate que les québécois se conforme peu à leur traitement médicamenteux). En Angleterre, par exemple, la hausse de la consommation est liée à un allongement du traitement médicamenteux (Moore et al., 2009). La hausse de consommation peut aussi s’expliquer par l’extension des indications de certains antidépresseurs à des formes plus légères de dépression, à l’anxiété généralisée ou à la phobie sociale (Hollingworth et al., 2010 ; Mercier et al., 2011) ; Ces extensions ont fait l’objet de réserves quant à leur pertinence. On cite également à titre de cause possible, une plus grande prise de conscience du phénomène de la dépression, une évolution de l’acceptabilité sociale et la volonté d’obtenir un traitement lors des épisodes de dépression, jouent un rôle dans la hausse de la consommation.

Semble-t-il, les médecins n’hésitent plus en outre à prescrire des médicaments pour des patients souffrant de symptômes légers. Ces derniers, en nombre croissant, se rendent également chez les généralistes pour demander de l’aide quand leur moral retombe un peu, ce qui n’était pas forcément vrai il y a quelques années de cela [et serait également lié par l’extension des indications des médicaments].

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SOURCES

Boseley, S., Editor, H., Chalabi, M., & Rice-Oxley, M. (2013, November 20). “Antidepressant use on the rise in rich countries, OECD finds“, the Guardian. Retrieved November 25, 2013, from http://www.theguardian.com/society/2013/nov/20/antidepressant-use-rise-world-oecd

Rice-Oxley, M., & Fishwick, C. (2013, November 21). “Medicalisation of misery to blame for soaring use of antidepressants, say GPs“, the Guardian. Retrieved November 25, 2013, from http://www.theguardian.com/society/2013/nov/21/prescribing-culture-blame-rise-antidepressants

LePoint.fr (2013). “Les Français ne sont pas si accros que cela aux antidépresseurs“, 22 novembre 2013, http://bit.ly/LPqbHo

OCDE (2013), “Panorama de la santé 2013 : Les indicateurs de l’OCDE“, Éditions OCDE, http://dx.doi.org/10.1787/health_glance-2013-fr

Bromet, Evelyn, et al. “Cross-national epidemiology of DSM-IV major depressive episode.” BMC medicine 9.1 (2011): 90.