Comment l’enseignement de la gratitude, à l’école, rend les enfants plus heureux!

Avec les compressions budgétaires et l’intensification des exigences de performance sur les enseignants, et autres membres du personnel de l’école, comment les écoles peuvent-elles renforcer les connexions entre les élèves et leurs enseignants, les écoles et les communautés?

Ainsi, à l’approche de l’Action de grâces, les enfants, à l’école, sont souvent amenés au contact de, et a pensé à, la notion de gratitude. Or, la gratitude relève du lien de reconnaissance envers quelqu’un dont on est l’obligé à l’occasion d’un bienfait reçu ou d’un service rendu. Il relève également du sentiment de reconnaissance et d’affection envers quelqu’un. La reconnaissance montre comment établir des relations positives et un sentiment d’attachement avec l’école pouvant ainsi aider à transformer les jeunes, les professeurs, l’école, et le système de l’éducation.

Ainsi, peut-être qu’à cette occasion, les enfants feront un papier en forme de dinde (turkey handprint) et écriront-ils un remerciement pour chaque plume, ou une quelconque activité du genre. Bien sûr, c’est un exercice relativement agréable pour la progéniture, mais le fait de faire preuve de gratitude peut-il vraiment faire une différence pour les enfants?

Froh et Bono (2012) constatent que certaines recherches antérieures montrent clairement que c’est le cas. La pratique de la gratitude augmente les émotions positives et améliore l’optimisme des élèves, et diminue ainsi leurs émotions négatives et certains symptômes physiques, et les fait se sentir plus connecté et plus satisfait de l’école et de la vie en général. Or, la plupart de ces études ont été réalisées avec des étudiants de la classe moyenne supérieure qui fréquentent le lycée (primaire) ou le collège.

Les résultats permettent de soulever une question: est-ce que ces résultats demeurent vrais pour d’autres types d’étudiants, en particulier les enfants plus jeunes et les enfants en situations à haut risque? Deux nouvelles études montrent que la gratitude est associée à de réels effets positifs, et ce, dans la vie de ce types d’enfants — et suffisamment pour suggérer qu’elle devrait être une priorité pour les étudiants, et ce, tout au long de l’année.

Jeffrey Froh est un pionnier de la recherche de la gratitude chez les jeunes enfants. Froh et ses collègues ont donc testé un nouveau type de programme (ou curriculum) de gratitude pour les enfants du primaire (âgés de 8 à 11), le plus jeune étudié jusqu’à présent. Premièrement, les enfants ont appris les trois types d’évaluation qui nous font sentir reconnaissants : que quelqu’un a intentionnellement fait quelque chose de bénéfique pour nous; que de fournir un bénéfice comporte un cout pour eux; que le bénéfice à de la valeur pour nous.

Après une semaine de leçons quotidiennes d’une demi-heure, les étudiants ont montré une augmentation significative de la pensée de la gratitude et de l’humeur de la gratitude (grateful thinking and grateful mood) ce qui signifie que les leçons ont produit un effet significatif. Aussi, lorsque tous les enfants ont eu la chance d’écrire une note de remerciements à la ??? (PTA) après une présentation, les élèves ont écrit 80 pour cent plus de notes que les enfants qui n’ont pas reçu de leçons, montrant ainsi que leur l’accroissement de la gratitude se traduit effectivement dans des comportements de gratitudes (grateful behavior).

Dans la seconde partie de l’étude, les chercheurs ont étalonné le programme sur cinq semaines, une leçon par semaine. Les résultats des élèves ont été testés juste après la fin du programme, puis ensuite plusieurs fois, et ce jusqu’à cinq mois plus tard. Par rapport aux enfants qui n’ont pas eu les leçons de gratitude, les enfants ont montré une augmentation constante au fil du temps de la pensée de gratitudes, de la gratitude elle-même, ainsi que des émotions positives. En fait, les différences entre les deux groupes étaient la plus élevées cinq mois après la fin du programme, ce qui indique que les leçons de gratitude ont eu des effets positifs durables.

Dans l’ensemble, cette étude suggère que même les jeunes élèves peuvent apprendre à regarder le monde à travers les yeux de la gratitude et qu’ils peuvent devenir non seulement plus reconnaissants, mais également plus heureux.

Dans une autre étude récente, Mindy Ma et ses collègues ont étudié la gratitude d’un genre de population très différent que celles utilisées dans les études précédentes sur la gratitude chez les jeunes : les adolescents afro-américains (12 -14 ans) à faible revenu, des écoles urbaines sous-performantes.

Les scientifiques cherchaient savoir si, dans ce genre d’environnement à haut risque, la gratitude pourrait aider à protéger les enfants contre les contraintes auxquels ils sont confrontés, et ce, à la maison comme à l’école. Les chercheurs ont donc interrogé près de 400 élèves de trois collèges différents pour savoir s’ils se ressentaient de la gratitude en réponse aux choses que d’autres font et qui leur bénéficie (les chercheurs l’appellent la gratitude « morale-affect »; « moral-affect » gratitude) ou s’ils ont tendance à se concentrer sur les aspects positifs dans nos vies et le monde (appelés « orientation de la vie » de la gratitude; « life-orientation » gratitude).

Les chercheurs ont constaté que ceux qui étaient plus susceptibles de sentir de la gratitude pour les autres ont également montré un plus grand intérêt académique, obtenu de meilleures notes, et ont une plus grande implication parascolaire; ceux qui ont apprécié en général les aspects positifs ont obtenu des scores plus faibles sur les comportements à risque comme la toxicomanie et l’usage de drogues, ainsi que les attitudes et les activités sexuelles. Un facteur, les relations familiales positives, a été associée aux deux types de gratitude. En d’autres termes, au moins pour ce groupe d’étudiants, la gratitude morale-affect (morale-affect gratitude) semblait améliorer les conditions positives de leur vie, alors que l’orientation de la vie de la gratitude (life-orientation gratitude) semblait tampon contre certains pièges communs de haut risque.

On peut noter, cependant, que cette étude n’a pas pu déterminer si la gratitude a effectivement causé ces aboutissements positifs (ou vice versa). Mais cette étude montre une avenue prometteuse que la gratitude peut jouer un rôle essentiel dans la protection des adolescents à risque des difficultés dans leur vie, peut-être en favorisant une plus grande ouverture d’esprit et en constituant un certain renforcement de leurs ressources personnelles et de leurs habiletés et capacités d’adaptation.

D’autres études à l’avenir devraient inclure des expériences avec ce type de programmes — comme peut-être le nouveau programme de Froh pour ainsi évaluer les effets de l’enseignement de la gratitude chez les populations à risque. Ce qui pourrait nous donner à tous quelque chose de plus à célébrer le jour de l’Action de grâces!

Bien que le domaine de l’étude de la gratitude demeure encore jeune et relativement nouveau, nous sommes déjà en train d’apprendre [et de comprendre] que la gratitude fait plus que simplement produire des enfants qui se sentent bien; il améliore également l’humeur, la santé mentale, et la satisfaction de la vie, et il peut relancer un engagement plus volontariste dans la vie à un moment critique de leur développement, lorsque leur identité prend forme.

Par exemple, une étude de Froh et Bono montre que les adolescents qui avaient des niveaux élevés de gratitude lorsqu’ils entraient au secondaire avaient moins d’émotions négatives, moins de dépression et plus d’émotions positives, une meilleure satisfaction de la vie, plus de bonheur, et ce, quatre ans plus tard quand lorsqu’ils terminent leurs études secondaires. Ils ont également plus d’espoir et un sentiment de sens dans leur vie. Une autre étude, qui a fait le suivi d’étudiants pendant plus de six mois, montre que sentiment de gratitudes motive les adolescents à aider les autres (altruisme) et à utiliser leurs forces pour contribuer à la société.

Aussi, une étude de Froh et Bono sur la visite de gratitude (gratitude visit) nous avons constaté que les élèves qui ont commencé l’étude avec un bas niveau d’émotions positives ont rapporté plus de gratitudes et plus d’émotions positives immédiatement après l’étude, et plus d’émotions positives deux mois plus tard, par rapport aux étudiants qui n’ont pas reçu de visite de gratitude. La visite de gratitude (gratitude visit), dans lesquels l’élève écrit une lettre à quelqu’un qui les avait aidés, mais qu’ils n’avaient jamais bien remercier; les élèves ont fait lecture de leur lettre à cette personne qui les avaient aidés, puis plus tard, ils ont discuté de leur expérience avec d’autres pairs qui avaient également terminé une visite de gratitude.

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Sources

Froh, J., Bono, G. (2012). “How to foster gratitude in Schools”, Greater School, 19 november 2012, The Greater Good Science CenterUniversity of California, Berkeley, http://bit.ly/1kgBJTf.

Ma, M., Kibler, J. L., & Sly, K. (2013). Gratitude is associated with greater levels of protective factors and lower levels of risks in African American adolescents. Journal of adolescence, 36(5), 983-991, http://bit.ly/1kAOns6.

Froh, J. « Gratitude Lesson Plans », http://bit.ly/OotcyB.

Campbell, E. (2013). “How Teaching Gratitude In School Makes Kids Happier“, TheHuffingtonPost.com, 11 december 2013, http://huff.to/1e3Edl9.

APA (2012). “Growing Up Grateful Gives Teens Multiple Mental Health Benefits, New Research Shows”, American Psychological Association, 5 august 2012, http://bit.ly/PCzFXY, presentation “Searching for the Developmental Role of Gratitude: A 4-year Longitudinal Analysis” at Orange County Convention Center on august 5 2012.

Froh, J. J., Bono, G., & Emmons, R. (2010). Being grateful is beyond good manners: Gratitude and motivation to contribute to society among early adolescents. Motivation and Emotion, 34(2), 144-157, http://bit.ly/1spQVP2.

American Psychological Association (APA). (2012, August 6). “Growing up grateful gives teens multiple mental health benefits“, ScienceDaily, http://bit.ly/1fZ3eJx.
Froh, J. J., Kashdan, T. B., Ozimkowski, K. M., & Miller, N. (2009). Who benefits the most from a gratitude intervention in children and adolescents? Examining positive affect as a moderator. The Journal of Positive Psychology, 4(5), 408-422.

Références

Froh, J., & Bono, G. (2014). “Making Grateful Kids: The Science of Building Character”, Templeton Foundation Press.
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One thought on “Comment l’enseignement de la gratitude, à l’école, rend les enfants plus heureux!

  1. I am so happy to read this. This is the type of manual that needs to be given and not the accidental misinformation that is at the other blogs. Appreciate your sharing this greatest doc.

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