Des psychologues ont trouvé qu’une mauvaise nuit de sommeil aggrave les conflits relationnels

Un « bon sommeil » se définit par l’absence de somnolence pendant la période d’éveil. Qu’il soit de mauvaise qualité ou en quantité insuffisante, cela entraîne des effets à court et à long terme (dette chronique de sommeil). Les conséquences d’un manque de sommeil ou d’un sommeil de mauvaise qualité peuvent être sérieuses. Un sommeil déficient entraînerais des risques accrus, d’hypertension artérielle, d’accidents vasculaires cérébraux, de maladies du coeur, de diabète, d’obésité et de dépression. Aussi, le manque de sommeil serait la cause cachée de la majorité des « erreurs humaines » qui provoquent des accidents, selon des chercheurs de l’Université McGill. Chez les enfants, la privation de sommeil est associée à l’impulsivité, l’hyperactivité et l’inattention.

On sait d’ailleurs déjà que les problèmes relationnels peuvent nous tenir éveillés toute la nuit. Cependant, une nouvelle recherche de l’University of California à Berkeley (UC Berkeley) suggère que les nuits blanches peuvent également aggraver les conflits et la relation entre amoureux.

Les psychologues Amie Gordon et Serena Chen de UC Berkeley ont constaté que les gens sont beaucoup plus susceptibles de s’en prendre à leurs partenaires romantiques lors de tensions relationnelles, et ce, après une mauvaise nuit de sommeil.

« Les couples plus conflictuels sont moins heureux et en moins bonne santé », a déclaré Mme. Gordon, une étudiante au doctorat en psychologie et principal auteur de l’étude publiée en ligne dans la revue Social Psychological and Personality Science. « Notre recherche permet d’éclairer un facteur qui pousse les couples à s’engager dans des conflits inutiles et nuisibles en montrant que les couples font l’expérience de conflits plus fréquents et plus graves après des nuits blanches », a-t-elle ajouté.

Alors que de précédentes études indiquent qu’un sommeil pauvre aurait un impact négatif sur les relations amoureuses, ces nouveaux résultats jettent plus de lumière sur la manière dont le mauvais sommeil compromet l’habileté des couples à éviter et à gérer leur(s) conflit(s), selon les chercheurs.

« Pour la première fois, à notre connaissance, nous pouvons percevoir le processus de la manière dont la nature, le degré et la résolution des conflits sont négativement influencés par un mauvais sommeil », a déclaré Chen, professeur de psychologie à l’UC Berkeley.

Les chercheurs ont recueilli des données sur les habitudes de sommeil de plus de 100 couples qui avaient été ensemble, en moyenne, près de deux ans. Ils ont évalué les participants pour la dépression, l’anxiété et d’autres facteurs de stress afin de se concentrer uniquement sur le lien entre la qualité du sommeil des couples et les conflits relationnels.

Dans une expérience, 78 jeunes adultes en relations amoureuses ont fourni des rapports quotidiens sur une période de deux semaines sur la qualité de leur sommeil et leur stress relationnels. Dans l’ensemble, les participants ont rapporté plus de discorde avec leurs partenaires lors des jours qui suivent une nuit de mauvais sommeil.

« Même parmi les relativement bons dormeurs, une mauvaise nuit de sommeil était associée à davantage de conflits avec leur partenaire amoureux, le lendemain » a dit Chen.

Dans une deuxième expérience, 71 couples se sont présentés au laboratoire, et ont évalué la manière dont ils avaient dormi la nuit précédente, puis, tout en étant filmés, ont discuté avec leurs partenaires une source de conflit dans leur relation. Pour chaque couple, chaque partenaire a ensuite évalué ses propres réactions émotionnelles ainsi que celui de son ou sa partenaire au cours de la conversation conflictuelle, et enfin évaluer s’ils ont résolu le désaccord.

Les participants qui avaient mal dormi, et leurs partenaires, ont déclaré se sentir plus « négatif » envers l’autre tendre moitié, et ce, au cours de la discussion lors des conflits, selon les observations et de leurs rapports. Leurs compétences de résolution de conflits et la capacité d’évaluer avec précision les émotions de leurs partenaires ont également souffert après une mauvaise nuit de sommeil.

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SOURCE

Anwar, Yasmin (2013). “Sleepless nights can turn lovers into fighters”, Media Relations, July 8 2013, [http://bit.ly/157Y1KF].

Gordon, A. M., & Chen, S. (2013). “The Role of Sleep in Interpersonal Conflict Do Sleepless Nights Mean Worse Fights?”. Social Psychological and Personality Science.

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